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21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 17:12
L'avion, bottes de 7 lieues modernes

"Le Petit Poucet" de Charles Perrault (1628-1703)

          Un journal gratuit lu dans le RER ce matin m'apprend que les bottes de sept lieues "rendues célèbres par "Le Petit Poucet" de Charles Perrault, font référence aux postillons, facteurs à cheval du Moyen Age.

           Ceux-ci distribuaient le courrier en passant par des relais de poste, éloignés les uns des autres d’approximativement sept lieues (une unité de mesure de référence à l’époque), soit 20 à 30 kilomètres. Ils avaient la particularité de porter de lourdes bottes en cuir rigide, renforcées et fixées à leurs montures, afin d’assurer un meilleur maintien et de les protéger en cas d’accident. Elles étaient indispensables pour assurer la sécurité des postillons, qui parcouraient de longues distances en permanence."[1]

           De nos jours, pour parcourir de longues distances, on a bien mieux… Et l'avion nous permet d'avancer à toute vitesse vers le but que nous nous sommes fixé. Mais nous permet-il de mieux communiquer? Ou de mieux nous éloigner les uns des autres?

            Lorsqu'on est aumônier en aéroport, on rencontre toutes sortes de cas de figure parmi les personnes qui font appel à nous. Et on est souvent loin de l'image idyllique de l'aéroport synonyme de rêve et d'évasion quand on évolue non seulement parmi les passagers, mais aussi parmi ceux qui travaillent sur la plateforme au quotidien.

              On peut ainsi voir des parents qui se sont exilés pour des questions économiques, vivent pendant des années loin de leurs enfants laissés à la garde de leurs grands-parents au bout du monde, et espèrent gagner assez d'argent pour pouvoir un jour les rejoindre… En attendant, leurs rejetons grandissent sans eux, et les retrouvailles, peu fréquentes, sont souvent mitigées, mélange de joie et de pleurs, de regrets et de fatalisme.

             Et puis, parmi les navigants, on peut se rendre compte qu'il y a pléthore de célibataires endurcis ou de divorcés. En effet, certaines relations affectives ne tiennent pas le choc face aux rythmes de vie décalés ou aux séparations trop fréquentes….

           En revanche, parfois, l'éloignement est bénéfique. A la fin d'un entretien, un couple travaillant dans l'aéronautique concluait avec un petit air résigné: "Finalement, on se dispute moins depuis qu'on vit moins ensemble… Quand l'autre est à l'autre bout du monde, il y a ce sentiment de manque… Et quand on se retrouve, on est heureux de reprendre la relation là où on l'a laissée."

             On est loin du facteur équipé de ses lourdes bottes qui voyageait jour et nuit pour faire consciencieusement son métier de distributeur de courrier... Et pourtant, l'avion reste malgré tout un moyen de communication essentiel de nos jours, et qui se démocratise de plus en plus… A Orly, peut-être davantage qu'à Roissy, on voit des passagers modestes qui font des allers et retours fréquents hors saison pour des prix ultra compétitifs afin de pouvoir rencontrer leur famille le plus souvent possible...

 

                                                                                                                  Anniel Hatton


[1] Direct matin du 21 septembre 2015

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Published by Aumônerie protestante aux aéroports