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24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 11:11

                                                                                  

 

Editorial

d'Antoine Nouis,

dans l'hebdomadaire

"Réforme"

du 15 mars 2017

 

 

 

 

Si nous ne parlons pas des réfugiés, qui le fera ?

          Les politiques qui défendent un enfermement sur soi instillent leur venin xénophobe, les autres se taisent par peur de l’impopularité.

            Les exilés sont considérés comme un problème alors que ce sont d’abord des frères et sœurs en humanité, des hommes, des femmes, et parfois des enfants, fragiles, victimes des désordres de notre monde.

             Dans le calendrier liturgique, le carême est un temps de conversion afin de laisser l’Évangile éclairer nos raisonnements.

            Dans le Premier Testament, l’étranger est toujours associé à la veuve et l’orphelin. Ils représentent les personnes qui n’ont pas de protections naturelles et qui doivent donc être protégées par la loi.

         Naturellement, nous sommes sensibles au sort des veuves et des orphelins, car ils sont plus proches. Même s’il nous arrive d’être avares, notre cœur est ému par la situation de ceux qui se retrouvent sans protection.

         En revanche, spontanément, nous sommes méfiants à l’égard des étrangers, plus éloignés de nous.

             En associant la veuve, l’orphelin et l’étranger, la Bible nous invite à avoir le même regard d’accueil pour le lointain que pour les fragiles de notre pays.

        La Bible rappelle à trente-six reprises la bienveillance envers l’immigré. Le commandement est conjugué tantôt sous une forme positive : « Tu aimeras l’immigré comme toi-même. » (Lv 19,34), tantôt négative : « Tu n’exploiteras pas l’immigré, tu ne l’opprimeras pas. » (Ex 22,20). À chaque fois, la raison est la même : « Car vous avez été immigrés ».

          Comme si Dieu disait : « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Si tu vis dans un pays pacifié et prospère, n’oublie pas que tu es dans un monde qui est aussi traversé par les guerres et les injustices. En d’autres temps, tu étais ce migrant en quête d’une terre d’accueil. »

         Les arguments qui veulent limiter l’accueil ont leur logique, sauf que la plus grande menace qui pèse sur notre pays est l’émergence d’une société fermée sur elle-même, inhospitalière et glaciale.

Qui sait ce que l’avenir nous réserve ?

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Published by Aumônerie protestante aux aéroports