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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 11:12

Scan.jpgIl a une façon de parler un peu brusque et saccadée et son accent est rugueux. Comme beaucoup d'écossais, il roule les « r » à ravir, et pour ceux qui ont l'anglais comme deuxième langue, c'est un peu curieux. Rien à voir avec l'accent pointu d'Oxford enseigné à l'école. Mais le sourire chaleureux qui éclaire soudain son visage anguleux le rend tout à coup très sympathique et met ses interlocuteurs immédiatement à l'aise. Et il n'hésite pas à plaisanter et à faire preuve d'un humour acéré pour détendre l'atmosphère quand il sent que ce peut être nécessaire.

 

Lewis Rose a été le maître d'oeuvre et l'organisateur en chef du dernier congrès de l'Association internationale des aumôniers d'aéroports civils (IACAC). Cette rencontre annuelle a eu lieu cette année à Aberdeen, en Ecosse, du 18 au 23 septembre 2011.

 

Lewis, quel est le but d'un tel congrès ? L'enseignement, les contacts humains, le tourisme ?

Je dirais que nous avions plusieurs objectifs en préparant ce congrès. Et je crois que nous en avons atteint plusieurs. Il me semble que, grâce aux différents intervenants, les délégués présents à cette rencontre ont pu découvrir comment un aéroport régional peut contribuer à l'économie locale et nationale par un apport à la fois économique et théologique. De plus, les exposés étaient suivis de discussions qui permettaient à chacun de s'exprimer par des questions ou des commentaires sur ce qu'il avait entendu.

Ces échanges m'ont semblé particulièrement importants en ce sens qu'ils ont pu donner l'occasion à tous ces collègues venant de différents pays et continents d'apprendre à connaître la manière dont les choses se passent ailleurs que chez eux.DSCN2517.JPG

Et puis, nous avons aussi essayé de donner aux délégués présents un petit aperçu historique et de leur faire rencontrer un certain nombre de notables du cru.

 

Vous êtes aumônier d'aéroport à Aberdeen. Que pourriez-vous nous dire brièvement à propos de cette plateforme ?

L'aéroport d'Aberdeen, qui fait partie de la BAA (British Airport Authority), se trouve au nord-est de l'Ecosse. Il dessert les industries du gaz et du pétrole offshore de la Mer du Nord, ce qui fait de lui l'héliport le plus fréquenté dans le monde. Il est aussi connecté à des plateformes aéroportuaires de premier plan comme Londres Heathrow, CDG à Paris, Schiphol à Amsterdam, et plus récemment Francfort. En tant que "hub" (plateforme de correspondance), Aberdeen dessert aussi les pays scandinaves. On vient d'ailleurs d'inaugurer le prolongement de ses pistes, ce qui lui permettra de mieux desservir ces destinations, d'explorer de nouvelles directions et d'attirer d'autres compagnies aériennes.

 

A quelle dénomination religieuse appartenez-vous ?

Je suis presbytérien, et j'exerce un ministère de diacre dans l'Eglise d'Ecosse.

 

Y a-t-il des aumôniers venant d'autres confessions dans cet aéroport ?

Non, malheureusement, mais je peux bien entendu faire appel à des responsables religieux d'autres dénominations quand c'est nécessaire.

 

Qu'est-ce qui vous a amené à devenir aumônier en milieu aéroportuaire ?

De 1999 à 2004, j'ai été responsable de l'organisation de la région nord de l'Ecosse. Puis, de 2004 à 2009, je suis devenu coordinateur national de la Mission dans l'industrie des Eglises d'Ecosse. Je devais recruter des aumôniers pour divers organismes évoluant sur différents lieux de travail. En 2006, lorsque l'aumônier de l'aéroport a pris sa retraite, j'ai décidé de m'y mettre moi-même, afin d'apprendre à mieux connaître l'aéroport et ses différentes activités.

 

Exercez-vous ce ministère d'aumônerie à plein temps ou à temps partiel ?

Je ne viens qu'un jour par semaine sur la plateforme. Mais comme je fais partie de l'équipe de gestion de crises en milieu aéroportuaire, je suis d'astreinte en permanence.

Je suis aussi président d'une association caritative appelée « Church Action on Poverty » qui emploie quinze personnes et dont le quartier général est à Manchester en Angleterre.

J'ai pris récemment ma retraite, et, comme je m'étais engagé à recevoir le congrès de la IACAC de cette année, j'ai passé la majeure partie de l'année dernière à la préparation de cet événement important.

 

Dans votre aéroport, y a-t-il une salle de prière commune à toutes les confessions ou une chapelle ?

Pas encore, mais des négociations sont en cours avec la direction, et j'ai bon espoir d'une issue positive.

 

DSCN2504.JPGQu'est-ce qui vous semble avoir le plus de sens dans votre ministère à l'aéroport d'Aberdeen ?

Pour moi, c'est d'être là avec les gens, de dialoguer avec eux, et d'écouter ce qu'ils racontent de leur vécu. C'est aussi leur apporter le soutien dont ils ont besoin dans quelque domaine que ce soit.

Je dis souvent que Jésus et ses disciples ont été les premiers aumôniers puisqu'ils accompagnaient les gens de leur époque dans leur labeur quotidien et leur travail.

L'aumônerie d'aéroport, c'est exactement ça : être là avec et pour les gens quels qu'ils soient et là où ils sont.

 

Propos recueillis par la pasteure Anniel Hatton, aumônier protestant à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans La vie des aumôneries