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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 11:27

DSCN1531Ils sont slovaques, français, sri-lankais, arméniens, anglais ou africains. Elles sont allemandes, roumaines, françaises ou américaines. Issus de tous horizons, hommes ou femmes, jeunes ou vieux, ils ont tous un point commun : l’aéroport de Roissy est devenu leur domicile. Leurs parcours sont différents. Certains se sont retrouvés là après une crise personnelle, une rupture conjugale, la perte d’un emploi, une pension de retraite insuffisante pour payer un loyer et subvenir au quotidien, des conflits familiaux, des problèmes psychiatriques, que sais-je encore… Et, comme beaucoup d’autres infortunés de notre monde moderne, les voilà un jour à la rue, sans avoir jamais imaginé que cela puisse se produire. La misère morale, affective et matérielle, ça n’arrive pas qu’aux autres. Après avoir erré dans le froid et vécu dans la plus grande indigence qui soit, ils se sont réfugiés à l’aéroport. Ils y vivent d’expédients divers et de mendicité, ramassant les surplus de bagages laissés derrière eux par les passagers, et les restes de nourriture qu’ils trouvent dans les poubelles.

 

En passant, je les salue d’un sourire, échange quelques mots d’amitié et d’encouragement avec eux, et les écoute s’ils veulent parler. Mais l’aumônerie n’a ni les moyens ni n'est équipée pour «faire du social ». Alors, nous référons ces hommes et ces femmes à l’association Emmaüs. Depuis plusieurs années, une équipe est en effet durablement implantée à l’aéroport. Un local leur a été affecté au niveau des parkings tout au bout du terminal 2, où ils animent une permanence tous les matins de 9h à 13h. S’ils le désirent, les sans-logis peuvent y prendre une douche, changer leurs vêtements, s’asseoir au chaud autour d’un café et de quelques biscuits pour discuter de tout et de rien. Cette coupure du matin leur permet de garder un contact humain basique et les empêche de s’enfermer dans une trop grande solitude.

 

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L’équipe s’occupe de diriger les malades vers le centre médical de l’aéroport ou les hôpitaux environnants, de faire des démarches administratives pour ceux qui n’ont plus de couverture sociale, ou de trouver des foyers d’hébergement pour les hommes et les femmes qui désirent vraiment sortir de la galère. Certains SDF ont une formation professionnelle que les équipiers d’Emmaüs vont essayer de faire valoir en les aidant à faire un CV et en les dirigeant vers des filières où ils pourront avoir quelque espoir de se réinsérer dans la société.

Puis c’est la maraude. L’après-midi et le soir, par deux ou trois, les équipiers d’Emmaüs arpentent l’aéroport de long en large et en travers, explorant les recoins les plus improbables, cherchant ceux qui ne sont pas venus à la permanence du matin. Ils veulent se rendre compte de visu de leur état physique, moral et mental, et leur proposer une aide si nécessaire.

 

Malgré l’aridité de leur tâche et le peu de reconnaissance qu’ils retirent de leur dévouement permanent, malgré le découragement qui pointe parfois devant les maigres résultats de leur travail, les équipiers d’Emmaüs sont toujours là. Peut-être les rencontrerez-vous lors de votre prochain voyage ? Ils sont aisément reconnaissables à leurs jaquettes « Emmaüs »…

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Anniel Hatton

 

 

 

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans Actualité aéronautique et aéroportuaire