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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 09:26

 

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J'étais aumônier à Roissy-CDG depuis assez peu de temps encore quand j'ai fait la connaissance de Mark Van Boxtel. Il venait d'arriver sur la plateforme. Les mois passant, j'ai pu apprécier l'ouverture et la maturité d'esprit de ce jeune pilote souriant, et j'ai été frappée par la profondeur de sa foi.


Mark, tu es commandant de bord dans une compagnie aérienne connue et en pleine expansion. Comment en es-tu arrivé là? Est-ce une vocation que tu as réalisée?

 J'ai toujours voulu devenir pilote. C'était un rêve d'enfance.

Après le lycée, j'ai passé l'examen d'entrée à l'école de pilotage, et, à ma grande joie, j'ai réussi! Ma formation a duré environ deux ans, et s'est déroulée sans anicroche.

Mais c'est quand il m'a fallu chercher un travail que les problèmes ont commencé. Et c'est au bout de presque cinq ans d'une recherche interminable que j'ai pu obtenir ce travail dans une compagnie aérienne.

Pendant ce temps, je m'étais lancé dans la programmation informatique, et, durant mon temps libre, j'avais monté ma propre entreprise d'excursions aériennes dans de petits avions monomoteurs. J'étais sur le point de laisser tomber ma recherche de travail en tant que pilote quand une de mes candidatures a finalement abouti.

Ensuite, tout s'est passé très vite, et trois mois après, je me retrouvais dans un simulateur de vol me permettant de m'exercer à piloter un Boeing 737. 


 Quelles qualités faut-il avoir pour être un bon pilote?

Il faut énormément de qualités. Beaucoup de gens pensent tout de suite qu'il faut être bon en math ou en physique, avoir une bonne santé et de bonnes capacités motrices. Et c'est vrai que ce sont là des qualités importantes. Mais il me semble que ce qui est primordial, c'est l'autodiscipline. Quand on est pilote, il n'y a personne pour regarder par-dessus son épaule quand on est dans le ciel. Il faut avoir du professionnalisme pour se tenir à cette autodiscipline en tous temps, et ne pas relâcher sa vigilance.

Ce qui est aussi essentiel dans mon travail, c'est la communication et le leadership. On ne travaille pas seul. C'est un travail d'équipe.


 Aimes-tu ce que tu fais? Est-ce une passion pour toi?

Oh oui! Le pilotage, c'est ma passion. J'ai la chance de pouvoir être payé pour pratiquer mon hobby!

Mais en même temps, il n'y a pas que ça... Il me faut jongler avec des horaires complètement fous, supporter d'être absent de la maison à des dates importantes, et accepter de ne pas pouvoir prendre mes vacances en même temps que tout le monde.


 Tu as eu une formation scientifique poussée, je suppose. Et pourtant tu es chrétien. Beaucoup de gens dans notre monde actuel y verraient une contradiction dans les termes... Comment vis-tu cela?

En fait, non. Je n'ai pas été obligé de faire des études universitaires scientifiques avant de commencer l'école de pilotage. Mais j'étais très bon en math et en physique. Et il est évident que je possède une façon de penser logique.

Quand je regarde autour de moi, je vois tellement de choses qui étayent la preuve de la présence d'un Dieu créateur, aimant et compatissant à notre égard. Dans mon travail, je suis tous les jours témoin de la beauté de la création, notamment lorsque je passe au-dessus de chaînes de montagnes ou que je vois des orages à haute altitude.

Et en même temps, je ne peux que constater qu'il y a tant de questions auxquelles il n'y a pas de réponse et que je ne comprends pas. Et pourtant, cela ne m'empêche pas de croire en Dieu.

Pourquoi? Parce que la relation personnelle que j'ai avec lui me rend certain qu'un jour je comprendrai et que toutes mes questions trouveront une réponse.


 Est-ce que tu as vécu, au cours de ta carrière, des situations difficiles, de crise peut-être, où tu te sentais démuni devant un ou des imprévus que tu ne t'attendais pas à devoir gérer, et au cours desquelles tu as clairement ressenti la présence de Dieu qui t'aidait et te soutenait?

Je ne me suis pas encore retrouvé dans des situations d'extrême difficulté ou de dangerosité. Mais ma formation m'a appris à réagir en temps de crise avec une pensée logique et à me rabattre sur les procédures requises.


 Tu es jeune, marié avec trois jeunes enfants. Tes horaires sont assez irréguliers. Ce ne doit pas être facile tous les jours de concilier vie de famille, vie d'église et un travail aussi prenant que le tien. Comment arrives-tu à jongler avec ces divers éléments de ta vie qui sont tous essentiels?

Non, c'est vrai, ce n'est pas facile. Et c'est ce qui est le plus difficile à vivre pour moi. Comme mes horaires de travail sont très irréguliers, il m'est difficile d'avoir des activités régulières, ce qui veut dire que parfois je ne suis pas aussi efficace que je voudrais l'être. Il faut une certaine créativité pour donner une certaine régularité à une vie aux horaires irréguliers! Mon but c'est de donner la priorité à ma famille quand je suis disponible.


 J'ai lu quelque part un article écrit par un pilote chrétien qui disait que finalement, c'est Dieu qui est aux commandes de sa vie. Que penses-tu de cette affirmation? Te semble-t-elle exagérée?

Pas du tout. Je pense que l'une des leçons que j'ai apprises dans mon métier de pilote, c'est que nous sommes vraiment tout petits par rapport à ce Dieu immense.

Peut-être pensons-nous avoir le contrôle de notre vie, mais en l'espace d'une seconde tout peut basculer.  Alors, pour moi, c'est encore plus essentiel de savoir que le commandant de bord de ce vol que j'appelle "ma vie" est digne de confiance, qu'il prend soin de moi et qu'il m'emmènera à ma destination en toute sécurité.


                                                               Propos recueillis par Anniel Hatton

 

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans Actualité aéronautique et aéroportuaire