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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 08:42

 

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Il a beaucoup voyagé, à pied, en bus, en avion ou dans sa tête...

Le petit berger inconnu aux pieds nus devenu le prisonnier politique le plus célèbre du 20è siècle a fini par transiter par les aéroports du monde entier pour aller rencontrer la plupart des chefs d'état et des gouvernants de notre époque.

Il a parcouru les campagnes et les villes d'Afrique du Sud pour inciter le peuple noir asservi par une minorité blanche à relever la tête et à lutter pour sa dignité.

Il a hésité entre la violence et la non-violence, passant de l'une à l'autre, se décidant en dernier lieu pour la non-violence, afin de promouvoir une culture de réconciliation dans son pays déchiré par le racisme et la méfiance mutuelle.

Même pendant ses vingt-sept ans de bagne, il n'a pas baissé les bras. Motivé par sa foi en Dieu et la justesse de son combat politique, il voyageait dans sa tête, préparant son hypothétique libération, se cultivant intellectuellement et formant ses compagnons de détention.

Devenu une icône dans le monde entier, considéré comme le père de la nation sud-africaine, il n'a pas pu être un vrai père pour ses propres enfants. Ils ont grandi sans lui, et quand il a été libéré, il n'a pas su rétablir le contact avec eux.

Nelson Mandela, Madiba pour l'ethnie xhosa à laquelle il appartenait, a à la fois été "fauteur de troubles", rôle auquel le prédisposait son premier prénom, Rolihlahla, et réparateur de brèches, selon l'expression du prophète Esaïe (58:12).

Après quatre-vingt quinze ans d'une vie tantôt tourmentée tantôt paisible, son voyage se termine dans son village natal de Qunu, dans le sud-est de l'Afrique du Sud où il sera enterré selon sa demande.

Les hommages affluent de partout...

Mais, comme le dit Dominique Quinio[1] , "les mots qui s'entrechoquent d'un bout à l'autre de la planète ne seront que des mots ajoutant au tohu-bohu du monde, s'ils sonnent creux et meurent avec Nelson Mandela, s'ils ne s'incarnent pas, s'ils n'inspirent pas. Le plus grand hommage qui puisse lui être rendu est de reprendre le flambeau, d'avancer dans son sillage vers plus de justice et de réconciliation."


                                                                                                            Anniel Hatton

 

 



[1] "La Croix" du 7-8 décembre 2013, p.1

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans Evénements