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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 06:22

Seigneur, tu le connaissais, toi, le Justin.

Il est mort hier,

dans la nuit,

sans tambour ni trompettes.

 

Il était là depuis longtemps.

Arrivé de son Sri Lanka natal,

Il n'avait trouvé d'autre point de chute

Que les sièges inconfortables de l'aéroport.

 

Il errait dans les halls et les couloirs

A longueur de temps sans désemparer.

Comme nombre de ses pareils,

il dormait dans des lieux improbables,

en proie au froid l'hiver et à la chaleur l'été.

Que se passait-il dans sa tête, Seigneur?

Toi seul le sais.

 

Les travailleurs sociaux d'Emmaüs veillaient sur lui

En bons accompagnateurs de son infortune,

compagnons de route discrets mais efficaces.

 

Le médecin de l'aéroport tentait vaillamment

De remédier aux problèmes de santé

qu'un vagabondage permanent induit bien souvent.

 

Je ne peux qu'espérer

que Justin soit auprès de toi, Seigneur,

A présent que ses tourments terrestres sont terminés.

 

Je te remets, ô Dieu, tous les autres sans-logis d'ici,

Hommes et femmes en transit permanent

Qui ne partiront hélas sans doute jamais

pour des lieux plus propices.

 

Dans ta grande bonté, Seigneur,

Accompagne-les sur le chemin aride de la solitude.

Donne à ceux qui tentent de le faire

Les moyens de les aider et de les entourer,

Afin de semer sur leur errance

de petites graines d'amitié et de solidarité.

 

Anniel Hatton

 

 

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans Spiritualité