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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 06:50

Rev Peter Holloway-copie-6C'était l'heure de rentrer à la maison. Je m'apprêtais à fermer la porte de mon bureau où je venais de revenir après avoir fait la tournée des ateliers de moteurs d'avion quand le téléphone sonna. C'était le chef du personnel d'une de nos compagnies aériennes. "Pourriez-vous venir immédiatement dans mon bureau?"

J'obtempérai. A mon arrivée, il me donna un bout de papier sur lequel était écrite l'adresse de Jerry. Et, en me le tendant, il m'expliqua que Jerry était un de leurs techniciens d'entretien d'aéronefs qui, en rentrant à la maison, avait découvert que sa femme, une institutrice, sous le coup d'une forte dépression, avait tué leurs deux enfants. Est-ce que j'étais disponible pour aller le voir immédiatement?

Bien sûr que je le l'étais. Mais je me sentais bien mal armé pour faire face à cette situation. Que pouvais-je dire? Aucun manuel ni aucun professeur de Faculté de Théologie n'avait jamais abordé une telle situation. Mais il fallait y aller.

Je me mis au volant de ma voiture pour aller chez lui. Et, plus j'approchais du but, plus je m'angoissais. Or, juste au moment où je m'arrêtais devant sa maison, me revint en mémoire un incident datant de l'époque où j'étais pasteur de paroisse. Nous avions mis sur pied, en utilisant les services d'un professionnel, un démarchage paroissial impliquant tous les membres de la communauté. Le but était d'envoyer des laïques rendre visite à chaque paroissien pour solliciter un soutien pour la paroisse. Beaucoup de ces laïques avaient montré leur appréhension à cette idée. Celui qui dirigeait les opérations leur avait alors suggéré qu'à leur arrivée devant une maison, ils frappent trois fois, en accompagnant chaque coup porté à la porte par ces mots: "Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit."

Je sus alors ce qu'il me fallait faire. Et je fis ce que le professionnel du démarchage avait suggéré. Jerry m'invita à entrer. Et après lui avoir présenté des condoléances que je savais bien peu appropriées, je me vis demander ce que, même dans mes rêves les plus fous, je n'aurais jamais pensé mentionner. "Avez-vous des photographies des enfants?" Il en sortit, et nous passâmes un temps infini à les regarder tandis qu'il revivait une quantité de souvenirs de temps plus heureux.

Cela semble bien peu de choses, et pourtant, il me dit plus tard combien il avait apprécié cette opportunité, et combien cela l'avait touché. Tous les autres avaient évité de mentionner quoi que ce soit concernant la famille, et c'était cependant la seule chose dont il avait besoin. J'avais été horrifié de ce que j'avais dit, mais maintenant je sais que c'est Dieu qui m'avait poussé dans cette direction. Et, comme d'habitude, il avait raison.

Mettez toujours votre confiance en Dieu.

 

Peter Holloway, extrait de "My Parish was an Airport",                                                                                                                intervention publiée sur le site de la IACAC: http://www.iacac.info

 

 

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans La vie des aumôneries