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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 06:04

images-copie-3En septembre 2011, Françoise Larribe racontait à Jean-Luc Mouton, pour  le journal "Réforme", ce qu'elle avait vécu en tant qu'otage au Niger en compagnie de son mari Daniel. Libérée par ses geôliers pour que le cancer dont elle était atteinte puisse être traité, elle attendait la libération des autres otages avec une angoisse mêlée de confiance en ce Dieu en qui elle croyait dur comme fer.

Alors que cette libération tant attendue s'est produite cette semaine, après trois ans d'espoirs sans cesse déçus, voici quelques extraits du témoignage de cette femme qui a su garder la foi dans l'épreuve... une formidable leçon de vie et de foi:

"Nous avons vécu au désert dans une vaste région aux paysages parfois somptueux entre Niger et Mali, un espace grand comme la France. Mais le plus éprouvant peut-être était de ne rien pouvoir faire, de ne rien posséder, ni livre, ni objet. Le dépouillement complet...

Après plusieurs mois de cette situation-là, on tente même de ne plus penser à ses proches et à tous les siens, sinon, on ne s’en remet pas. Si je pensais à mes filles, je m’effondrais. À certains moments, malgré ma conviction qu’elles étaient prises en charge par ma famille, j’étais désespérée.

Dans ces moments, Daniel m’a tenu la tête hors de l’eau. Il m’a stimulée, portée, secourue, tentant toujours de mettre en lumière l’un ou l’autre élément positif de notre situation. Nous n’avons jamais été si proches qu’en ces moments-là...

Si incroyable que cela puisse paraître, nous avons eu aussi des moments de “petits bonheurs” ou de joie très simples, parfois pour des choses insignifiantes mais qui portaient notre quotidien.

Je n’avais nulle envie de pleurer sur moi-même, ni de me plaindre, pas plus de demander à Dieu de nous délivrer. La prière de demande m’est en général plutôt insupportable. J’ai toujours l’impression de ne rien avoir à réclamer à Dieu, même si, en la circonstance, je priais pour mes filles.

Mais dans ce désert, j’ai le sentiment d’avoir découvert la prière. C’était comme un moment d’apaisement. Prier, c’est être en paix avec soi-même face à cet infini et à l’inconnu. Dans le silence face à moi, devant Dieu... Prier revenait simplement à tout remettre entre les mains de Dieu, j’étais entre ses mains, voilà tout... Je pense que ces temps de réflexion et d’abandon m’ont considérablement aidée et apaisée.

Ces moments me permettaient au moins d’être en paix avec moi-même et les autres. Nous n’avions rien, aucun livre quel qu’il soit, et j’ai dû passer des heures à me chanter et me souvenir des cantiques de la Réforme. J’ai retrouvé la première strophe de Confie à Dieu ta route, dont j’aime particulièrement le texte et la musique, ces paroles m’ont longtemps accompagnée. Je suis persuadée que ma culture, mon éducation, mon bagage protestant et notre expérience du désert m’ont aidée tout au long de ces mois..."

 

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans Evénements