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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 12:41

PalmSunday.pngCe jour-là, il faisait beau sur la route de Jérusalem. Les fleurs des champs sentaient bon sur le bord du chemin. L’herbe commençait à repousser et à reverdir, et les feuilles des arbres se faisaient plus touffues. Jésus et ses amis avaient déjà beaucoup marché. Peut-être que les disciples avaient envie de se reposer un peu, qui sait…Mais voilà que Jésus leur demande de faire encore un effort. « Allez au village, là-bas, et ramenez-moi un âne. »

Un âne ? Mais quelle idée ! On le savait bien que Jésus était un original, mais là, tout de même…C’est que ce n’est pas très facile à diriger un âne… C’est têtu, un âne.

                S’il a envie d’avancer, tout va bien. Mais s’il n’en a pas envie, allez donc le forcer à faire un seul pas en avant… Ce n’est pas évident !

 

               Quand j’étais enfant, dans la campagne poitevine ou nous passions les « petites vacances », il y avait un vieux paysan qui s’appelait Clovis. C’était un homme attachant, souriant mais peu loquace, qui continuait à cultiver bon an mal an le seul champ qui lui restait…un petit bout de terrain tout en longueur au plein milieu du village. Et le vieux Clovis taciturne et têtu labourait son champ avec une vieille charrue attelée à un vieil âne. Cet âne antique tout pelé décidait parfois de s’arrêter en plein milieu du champ, laissant inachevé le sillon à peine commencé. Clovis essayait de le persuader, lui parlait, le cajolait, le menaçait, haussait la voix. Peine perdue ! Rien n’y faisait. Le vieil âne ne reprenait son travail que lorsqu’il l’avait décidé. Clovis se résignait à l’inévitable, et il finissait par prendre son mal en patience et par attendre, appuyé sur les mancherons de sa charrue, que son bourricot veuille bien se remettre au travail.

 

               Nous ne savons pas comment cela s’est passé le jour des Rameaux, avec les disciples de Jésus qui devaient ramener à leur maître un âne inconnu. De plus, celui qui avait été choisi était tout jeune. Il n’avait jamais encore porté de fardeau sur son dos.

              Mais voilà que, malgré leurs doutes et leurs questions, les disciples font ce qui leur est demandé, et ramènent l’animal à Jésus qui s’assied dessus.

               Et les voilà repartis pour un tour. Ce n'est pas encore l'heure du repos. A la suite de leur Maître, ils s’engagent sur la route qui monte vers Jérusalem. Et là, surprise, surprise !

               Un monde fou les attend, comme s’ils avaient été prévenus que Jésus allait passer par là. Grands et petits sont fous de joie, et agitent dans tous les sens des branches qu’ils ont coupées aux arbres du chemin. Ils voudraient tant que Jésus tourne la tête vers eux, qu’il les regarde, qu’il remarque leur présence, là, tout près. Et ils le saluent en criant : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » C’est un vrai jour de joie que ce jour de la montée de Jésus à Jérusalem.

               Et pourtant, il y a tout de même quelques râleurs qui se permettent de critiquer les évènements du jour. C'est vrai qu'ils passent presqu’inaperçus dans cette foule délirante. Mais comme toujours, quand ça se passe bien, et qu’il y a de la joie dans l’air, il faut quelques rabat-joie, jaloux et pointilleux. Peut-être qu’ils auraient bien voulu être les rois de la fête, eux ! Et puisqu’ils ne le sont pas, puisqu’ils ne peuvent pas parader sur le devant de la scène, ils critiquent tout ce monde qui se bouscule, s’agite, fait du bruit, et crie, s’égosille jusqu’à ne plus avoir de voix.

En les entendant - parce qu'il entend tout- malgré le tintamarre qui se fait autour de lui, Jésus lâche seulement une petite phrase, une toute petite phrase, seule réaction de sa part qui soit parvenue jusqu’à nous: « S’ils ne crient pas, les pierres crieront… »

 

               Alors, si nous, vous et moi, nous avions été sur le chemin qui monte vers Jérusalem en ce beau jour ensoleillé des rameaux, comment aurions-nous réagi ? Aurions-nous réagi comme les disciples, les foules en délire, les râleurs de service ? Comment nous comportons-nous dans notre vie de tous les jours ? Comment vivons-nous notre vie personnelle, au travail, en famille, et avec Dieu? Sommes-nous têtus comme un âne qui ne veut pas avancer sur la route qui mène vers Dieu, parce que, sur le bord du chemin, il y a tout de même une bonne herbe verte bien tentante ? Et l'on sait bien que c'est toujours mieux là où l'on n'est pas, n'est-ce pas? Sommes-nous de ces râleurs de service qui trouvent toujours quelque chose à redire à ce qui se passe, et critiquent tout et n’importe quoi ? Ou bien sommes-nous fidèles et obéissants comme les disciples ce jour-là, qui ont fait ce que Jésus leur demandait même s’ils n’en comprenaient pas vraiment la raison ?

              Savons-nous nous lâcher et être joyeux sans arrière-pensée comme les foules qui acclamaient Jésus, et chantaient « Hosanna » de tout leur cœur ?

              A chacun de nous de choisir quel comportement nous préférons. Mais peut-être faut-il aussi nous demander ce que Dieu attend de nous en tant que chrétiens ?

 

« Hosanna, béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! »

 

Pasteure Anniel Hatton, aumônier protestant de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans Spiritualité