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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 10:00

peche2.gifSept disciples de Jésus reviennent bredouilles d'une longue nuit de veille passée à pêcher sur le lac de Tibériade. Alors qu’ils s’approchent du bord, ils ont l'immense surprise de découvrir Jésus ressuscité, là, sur la rive. Tout d'abord, ils ne le reconnaissent pas. Est-ce la lumière insuffisante du petit matin qui les empêche de l’identifier? Ou tout simplement qu'ils ne s'attendent pas à le voir en ce lieu? Pourtant, sans encore savoir qui il est, sur son ordre, et malgré l'inanité des efforts fournis jusqu'ici, ils reprennent le travail interrompu. Bien leur en prend puisqu'ils font soudain l'expérience inattendue d'une nouvelle pêche miraculeuse. Et c'est alors que leurs yeux s'ouvrent, et qu'ils reconnaissent leur Maître en cet homme solitaire au regard bienveillant debout sur le rivage.

Tandis qu’ils s’échinent à tirer leur lourde charge en joignant leurs forces, ils voient au loin un minuscule point de lumière vacillant dans la demi pénombre: c’est un feu de braise, autour duquel Jésus s'affaire.

Dès que les pêcheurs ont réussi à ramener à bon port le filet débordant de poissons, il les invite à un pique-nique matinal à la bonne franquette. Sur le feu, du poisson cuit déjà. Où se l'est-il procuré? Nul ne le sait. Mais peu importe. En tous cas, lorsque les disciples arrivent à ses côtés, Jésus les invite au partage: du poisson et du pain, repas simple s'il en est, au cours duquel règne la chaleur fraternelle et l'attention mutuelle. Puis, comme ils sont tout de même assez nombreux, il leur demande de participer au repas en y ajoutant une partie du produit de leur pêche.

Jean ne nous raconte pas par le menu de quoi les disciples ont parlé avec leur Maître retrouvé. Il ne reprend qu'une bribe du dialogue de Jésus avec Pierre… dialogue instauré sans doute pour renouer les fils du contact brisé par le reniement du disciple après l'arrestation de son maître. Mais même si l'auteur de ces lignes ne se répand pas en détails sur ce qui s'est passé ce matin-là à l'aube, on a le sentiment qu'y règne une communion fraternelle restaurée et une reprise de l'amitié interrompue par les évènements tragiques qui se sont déroulés si peu de temps auparavant. Le feu allumé par Jésus en est le symbole, symbole à la fois de la chaleur amicale qu'il insuffle à ces moments de retrouvailles, symbole aussi de la destruction définitive d'un passé marqué par la lâcheté et la trahison de ses proches au moment le plus douloureux de son existence. Quant aux aliments partagés ensemble, du poisson et du pain, nourriture de base pour les pêcheurs que sont les sept disciples ce jour-là, ils montrent une fois de plus à quel point Jésus peut être attentif aux besoins élémentaires de ceux qui lui font face. Et il y répond le plus simplement du monde par le don et le partage de cette nourriture frugale.

C'est ainsi que Jésus nous attend aux tournants de notre existence, lorsque les échecs s'accumulent et que l'avenir peut sembler incertain, ou que les projets que nous faisons tardent à trouver leur accomplissement. Il est là, au bord de notre vie, quand nous nous sentons usés et découragés. Il nous donne de quoi vivre et nous sustenter, juste ce qui est nécessaire. Jamais de superflu. Et dans un monde où l'individualisme et la solitude règnent bien souvent, il relève ces simples plats de base des épices du partage et de la fraternité.

Pasteure Anniel Hatton, aumônier protestant de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans Spiritualité

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