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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 07:11

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Espérer ne saurait être un engagement solitaire. Cette affirmation a quelque chose de subversif à une époque où les grandes utopies et les grands récits sociaux ont perdu leur légitimité. Aujourd’hui chacun est en effet renvoyé à son projet de vie, à son ambition individuelle, consumériste et entrepreneuriale. Insidieusement l’horizon personnel se limite, l’intérêt se rétrécit, chacun court d’abord pour ne pas être distancé.

En quelques dizaines d’années l’identité coupée de ses racines et donc fragilisée craint par-dessus tout le différent, qui a souvent le visage de l’immigré. La peur enferme dans des communautés sans perspectives. Or, c’est l’humanité tout entière qui est aujourd’hui notre partenaire ; notre terre tout entière est devenue notre jardin. L’espérance nous engage donc loin et pour longtemps. Il faut passer du fugace occasionnel au durable, et du tribal au global. Nous le pouvons !

Les croyants sont persuadés qu’il n’y a pas d’espérance sans confiance. Celui qui reçoit le Christ reçoit en même temps des frères et des soeurs à l’échelle du monde. Nous appelons donc les chrétiens à donner à leur espérance le visage du Christ des béatitudes.

Nous n’espérons pas pour les autres mais avec les autres et nous n’espérons pas seulement pour la vie ici-bas.

Sans attendre, ici et maintenant, nous lançons le pari de l’espérance et invitons tous ceux qui veulent mettre la confiance, la générosité, la simplicité et l’humilité au coeur de leur vie et de leur engagement, à signer pour l’avenir.

 

Manifeste de Protestants en Fête à signer sur  http://www.protestantsenfete2013.org/lesperance-un-pari-necessaire/

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans Le monde protestant
25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 06:22

Seigneur, tu le connaissais, toi, le Justin.

Il est mort hier,

dans la nuit,

sans tambour ni trompettes.

 

Il était là depuis longtemps.

Arrivé de son Sri Lanka natal,

Il n'avait trouvé d'autre point de chute

Que les sièges inconfortables de l'aéroport.

 

Il errait dans les halls et les couloirs

A longueur de temps sans désemparer.

Comme nombre de ses pareils,

il dormait dans des lieux improbables,

en proie au froid l'hiver et à la chaleur l'été.

Que se passait-il dans sa tête, Seigneur?

Toi seul le sais.

 

Les travailleurs sociaux d'Emmaüs veillaient sur lui

En bons accompagnateurs de son infortune,

compagnons de route discrets mais efficaces.

 

Le médecin de l'aéroport tentait vaillamment

De remédier aux problèmes de santé

qu'un vagabondage permanent induit bien souvent.

 

Je ne peux qu'espérer

que Justin soit auprès de toi, Seigneur,

A présent que ses tourments terrestres sont terminés.

 

Je te remets, ô Dieu, tous les autres sans-logis d'ici,

Hommes et femmes en transit permanent

Qui ne partiront hélas sans doute jamais

pour des lieux plus propices.

 

Dans ta grande bonté, Seigneur,

Accompagne-les sur le chemin aride de la solitude.

Donne à ceux qui tentent de le faire

Les moyens de les aider et de les entourer,

Afin de semer sur leur errance

de petites graines d'amitié et de solidarité.

 

Anniel Hatton

 

 

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans Spiritualité
24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 06:18

Oui, je le crois de toutes mes forces, l'Evangile est un message de joie!

Là où l'emprisonnement est une tristesse, la libération ne peut être que joyeuse.

Tout est libération dans l'Evangile: libération du péché par la croix, libération de la mort par la résurrection, libération de la peur de Dieu par le don de la grâce.

Quelle bonne nouvelle!

 

David MacKain, "Contrepoint", in Paroles Protestantes, n°374, p.10

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans Citations
23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 06:08

Notre Dieu, nos vies sont limitées et il est bien qu'il en soit ainsi (...)

Apprends-nous à te reconnaître, à habiter et à aimer nos limites,

afin que nous devenions des arbres plantés,

plutôt que des girouettes agitées par les vents.

 

Mais qui dit limites, dit aussi frontières, les frontières des autres et de toi,

les frontières des nations et des cultures, des classes et des races,

les frontières des dons et des manques, les frontières de la foi et de l'incroyance.

 

Notre Dieu, sans quitter nos limites, nous voudrions aussi franchir nos frontières,

pour vivre le voyage, le brassage, l'échange et la communion.

Nous voudrions aller là où ne nous porte pas notre origine,

comprendre ce que notre formation ne nous donne pas à saisir,

faire ce que nos habitudes ignorent, oublient et parfois méprisent.

Nous voudrions faire comme toi, qui es le Dieu unique d'un peuple unique

et qui es pourtant aussi le Dieu qui abat les barrières,

qui va et envoie jusqu'aux extrémités de la terre,

qui va et envoie jusqu'aux extrémités de l'existence.

Nous voudrions franchir nos frontières avec toi.

 

Donne-nous ainsi, non pas de nous dépasser prétentieusement,

mais de nous transporter aventureusement.

Donne-nous d'aller, là où nous nous raidissons,

d'aimer, là où nous nous recroquevillons,

de nous lier, là où nous nous refusons.

Donne-nous la force et la joie de franchir l'infranchissable de chacune de nos vies.

Amen

 

André Dumas, "Cent prières possibles", éditions Cana, Paris, 1982, pp.145-146

 

 

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans Spiritualité
22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 05:40

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Je suis dans le RER B, et, comme tous les jours, je m'apprête à faire toute la ligne, d'un terminus à l'autre... Au fur et à mesure que le train monte vers le Nord parisien, la population change, et de BCBG passe à un style plus populaire.

A la station Gare du Nord, alors que le wagon s'est presque complètement vidé pour se remplir à nouveau d'une foule bigarrée et multiculturelle, un homme d'une quarantaine d'années, grand, vêtu d'un costume cravate sombre impeccable, et tenant à la main une petite sacoche noire, vient s'asseoir à mes côtés. Il fait très correct et se tient droit et raide sur son siège. Pendant un moment, il ne bouge pas. Puis, il commence à s'agiter un peu, et se tourne légèrement vers moi. Du coin de l'oeil, je remarque son regard qui s'attarde sur l'ordinateur que je tiens sur mes genoux. Je suis justement en train de mettre la dernière main à la méditation que je prononcerai aux cultes de dimanche prochain à l'aéroport.

Mon voisin semble mal à l'aise et remue tellement sur son siège que je me demande quelles peuvent bien être ses intentions, quand il s'écrie tout à coup:

- Madame, vous écrivez de la philosophie? 

- Pas vraiment, c'est plutôt de la théologie...

- Ah oui?

 Son ton est incertain. Il est clair qu'il ne sait pas de quoi je parle. Maintenant qu'il a ouvert la bouche, il n'a plus l'air aussi distingué qu'il le paraissait en montant dans le wagon, et son vocabulaire semble assez limité.

Je lui explique alors succinctement que je suis aumônier à l'aéroport et ce en quoi consiste mon "métier": "Oh, moi, je ne crois pas en Dieu", affirme-t-il d'un ton péremptoire. Puis, il se tourne vers un autre passager et lui déclare: "Si vous saviez ce qu'écrit la dame à côté de moi! Elle parle de Dieu comme d'un bon berger... qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire?"

Il a l'air déstabilisé: "Vous y croyez vraiment à tout ça?" me demande-t-il. Ma réponse ne semble pas le rassurer... mais après que je lui aie raconté en quelques mots rapides l'essentiel de la parabole en question, il s'ouvre un peu. Et je découvre vite qu'il va à un entretien d'embauche, et qu'il a peur de ne pas le réussir. Quelques mots d'encouragement de ma part et le voilà parti l'air un peu rasséréné...

A mon arrivée à l'aéroport, je me rends compte que je suis un peu en retard sur l'horaire que je me suis fixé. Ma jaquette orange "aumônerie protestante" à peine enfilée, je me précipite vers le CDG-VAL. A la sortie, deux adolescents m'accostent: "Madame, vous êtes prêtre?" Un dialogue à bâtons rompus sur les questions de foi s'engage alors, conversation qui semble les intéresser vivement. Puis, comme ils n'ont pas de bagage et semblent bien peu pressés, je les interroge sur la raison de leur présence sur la plateforme: "Oh, nous, on se balade! Comme on n'avait rien à faire, on s'est dit qu'on allait aller traîner un peu à l'aéroport... Mais c'est super que vous soyez là! C'est un peu comme si Dieu était ici... " Après une courte pause: "C'est quand même bien ce que vous faites..."

De nos jours, si on offre une Bible à quelqu'un, il la refusera probablement. Mais nos contemporains sont tellement curieux qu'ils s'évangéliseront tout seuls en regardant par-dessus notre épaule dans le métro... ou, interpellés par le "costume de playmobil " orange fluo des aumôniers, ils pourront poser les questions qui leur brûlent la langue et qu'ils n'auraient jamais pensé aborder dans d'autres circonstances ou en d'autres lieux.

Voilà comment aujourd'hui on fait parfois de la "nouvelle évangélisation" à son corps défendant!

                                                                                                                                                            Anniel Hatton 

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans La vie des aumôneries
21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 04:42

Mon Dieu, on ne peut te prier que là où l'on est, par cette concentration dans l'instant,

qui fait de la prière toute autre chose qu'une évocation, une imagination et surtout une évasion,

mais cette attention même, à l'écoute de laquelle te voici tendu.

 

Je te prie, ici et maintenant, de l'aéroport de Kano, du centre de l'Afrique,

où j'attends, douze heures durant, qu'un avion me ramène aux rivages bien connus de Roissy,

l'aluminium des conduits et le filet sucré des voix d'hôtesse, de Paris,

le métro qui s'arrête en douceur et les lettres dans leur boîte habituelle.

 

Je te prie, dans le dépaysement d'ici et de maintenant,

car tu es pareillement le Dieu de Kano et celui de Roissy et de Paris.

Je te prie pour cette énorme foule qui part en pèlerinage vers la Mecque,

les hommes posés comme des piliers d'ébène dans leur toge blanche, sous leur toque brodée,

les femmes, enveloppées d'étoffes chamarrées,

où le jaune éclate sur le noir, comme l'oiseau des tropiques tranche sur le feuillage,

les enfants qui ressemblent à des oisillons ébouriffés, nichés sur les reins de leur mère

et dont le regard est si grave, dans l'enclave bleutée de leur rondeur d'encre,

que je baisse les yeux, quand ils me découvrent en silence.

Ici et maintenant, de l'aéroport de Kano, je te prie pour tous les hommes

qui n'ont ni ma couleur, ni ma foi, ni ma langue, ni mon stylo, ni mon costume (...)

 

Je te prie aussi pour les quelques visages pâles ici présents, attentifs comme moi à veiller sur leurs valises.

Ils sont désormais la minorité de la terre, même s'ils concentrent encore trois-quarts de ses bénéfices.

Ils ne vont pas à la Mecque. Ils font des affaires, avant de rejoindre leur résidence secondaire.

O Dieu, puisses-tu être leur résidence principale, toi qui es le Père de tous les hommes

et qui leur as montré, en ton fils Jésus-Christ, comment devenir frères entre eux.

                                                                                                            Amen

 

André Dumas, "Cent prières possibles", éditions Cana, Paris, 1982, pp.30-31

 

 

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans Spiritualité
20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 06:39

Parfois, Seigneur,

nous avons l'impression d'être dans le brouillard

sans pouvoir vraiment avancer.

 

Nous tâtonnons, avançons à petits pas, les bras tendus,

ne sachant pas ce que nous allons trouver sur notre chemin.

 

Et comme ces avions cloués au sol à cause des intempéries,

Il nous arrive de nous sentir bloqués par les obstacles de la vie

Sans savoir que faire.

 

Que le désespoir paraît proche alors,

Et qu'il semble bien difficile d'y résister!

 

Mais, là-bas, tout au fond de l'épreuve,

Un petit lumignon apparaît,

Quelques paroles réconfortantes de tes Ecritures saintes.

 

Et avec elles un regain d'espoir surgit,

Montrant à quel point, malgré les difficultés de l'existence,

Tu nous permets de garder la vie chevillée au corps,

Confiants en ta promesse que jamais tu ne nous abandonneras.

 

C'est pourquoi, avec le psalmiste,

nous voulons répéter encore et encore

avant même que de voir l'exaucement de nos prières:

"Tu nous a délivrés de nos angoisses". 

 

Merci Seigneur! Tu es un Dieu bon et compatissant.

Nous te louons et t'adorons de tout notre cœur…

 

                                                                                    Anniel Hatton

 

cf.Ps.107 

 

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans Spiritualité
19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 06:27

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Je te loue de me surprendre, quand je suis habitué,

de me reprendre, quand je suis égaré

et de me prendre, quand je suis perdu.

Je te loue d'être un Dieu vivant,

qui se met en quête de l'homme,

non pas un Dieu qui demeure,

mais un Dieu qui vient.

Je te loue d'être moins le but que le chemin,

moins le terme que la brèche,

moins l'horizon que la marche.

Dieu vivant, tu es vivifiant.

 

Je te loue aussi parce que dans ta marche

tu restes constant avec toi-même.

Tu es fidèle à ce que tu annonces,

tu te laisses rappeler ce que tu as promis.

On te retrouve tel qu'on t'avait connu.

On peut retourner à toi, sans que tu manques à nos revoirs.

Dieu vivant, tu ne changes pas (...)

 

Apprends-moi à voyager ma vie le coeur en alerte,

l'esprit en éveil, le corps en souplesse,

comme celui qui a encore à s'enchanter

d'être sur la terre des vivants (...)

 

Dieu vivant, tu es unique.

Aucun n'est pareil à toi.

Amen


André Dumas, "Cent prières possibles", éditions Cana, Paris, 1982, pp.9-11

 

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans Spiritualité
18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 06:23

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Seigneur,

Quand on arrive dans un aéroport,

On pense immédiatement vacances, bagages,

agents d'accueil, hôtesses de l'air, pilotes…

 

Mais on oublie souvent que, pour pouvoir s'élever dans les airs,

Un avion a besoin de carburant,

et donc d'avitailleurs pour faire en sorte

que les réservoirs soient bien alimentés.

 

On oublie aussi, Seigneur, que si le dégivreur n'appliquait pas

Un produit antigel sur les ailes de l'appareil,

Un accident serait vite arrivé.

 

On oublie de même que, sans les bagagistes

qui chargent nos valises et nos sacs,

les trient et les envoient dans la bonne direction,

nous serions bien embarrassés à l'arrivée.

 

Et pensons-nous quelquefois aux agents d'escale

Qui nous accueillent avec un sourire

pour l'enregistrement ainsi qu'à l'embarquement?

 

Tant d'autres encore veillent à notre sécurité

et à notre bien-être, personnel de sûreté,

contrôleurs aériens, policiers ou gendarmes,

agents de nettoyage, et même aumôniers...

 

 

Pour tous ces hommes et toutes ces femmes anonymes,

Et pourtant essentiels au bon déroulement de notre voyage,

Pour tous les autres que, de même,

Nous avons si facilement tendance à oublier,

nous te prions, Seigneur.

 

Anniel Hatton

 

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans Spiritualité
17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 07:25

Dimanche, la majorité de nos contemporains ne seront pas au culte ou à la messe...

Certains dormiront plus tard pour récupérer de la fatigue de la semaine. D'autres iront faire leurs courses au supermarché. D'autres encore seront au travail: infirmières, employés de nettoyage, ou agents d'escale... Sans parler des malades alités dans les hôpitaux ou des prisonniers derrière les barreaux de leur cellule.

C'est pour eux qu'en collaboration avec certaines entreprises et institutions, les églises ont institué des aumôneries, avec des ministres de différents cultes qui vont vers les gens.

L'aumônier est le témoignage que Dieu ne se désintéresse pas de ceux qui ne vont pas à l'église pour quelque raison que ce soit, et qu'il est là au sein même de leur vie pour les accompagner au jour le jour, et en toutes circonstances.

       Anniel Hatton

 

http:// www.opensourcechaplaincy.org.uk/film/

 

 

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 Anniel Hatton, aumônier protestant à l'aéroport de Roissy

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