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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 19:44

    

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Quel que soit le poste que l'on occupe sur une plateforme aéroportuaire, on est fatalement amené à renseigner quotidiennement des passagers à la dérive. Le stress généré par le voyage qu'ils vont entreprendre en empêche souvent plus d'un de bien lire, ou tout simplement de bien comprendre,  ce qui est écrit sur les panneaux indicateurs qui jalonnent à intervalles réguliers les galeries des différents terminaux. Un "Puis-je vous aider?", ou, s'ils ne sont pas francophones, un "May I help you?", accompagné de quelques indications et d'un sourire rassurant peut alors les réconforter. Et les voilà vite repartis d'un pas plus vaillant et le cœur soudain plus léger.

En revanche, on peut aussi être parfois confronté à des globe-trotters dont l'arrogance est à toute épreuve.

Alors que je me dirige vers l'espace "Arrivées" du terminal 2F, deux jeunes gens m'abordent et m'interrogent d'un ton impérieux. Ils sont manifestement anglophones et semblent s'attendre à ce que le monde entier parle couramment leur langue.

"Nous voulons aller à Paris, et il nous faut quelques renseignements."

En temps ordinaire, quand je les ai, je donne toujours les infos demandées sans rechigner. Mais comme nous sommes à quelques pas du comptoir d'information, sans me départir de mon sourire, je le leur indique.

"Oh non!" réplique la jeune femme avec fermeté. " Nous y sommes déjà allés. Ils ne savent rien, ceux-là!"

Interloquée, j'essaie d'en savoir davantage sur leurs intentions. Et je découvre avec stupeur qu'ils ont l'intention de se rendre à Paris à pied !

Après avoir jeté un coup d'œil rapide aux deux énormes valises qu'ils traînent derrière eux, j'essaie de leur expliquer avec force détails que leur projet est totalement irréalisable.

Le jeune homme brandit alors sous mes yeux un plan de métro, et me montrant la ligne bleue figurant le trajet du RER B jusqu'à la station Gare du Nord, s'exclame: "Ce n'est pas bien loin tout de même… Nous sommes de bons marcheurs. En une demi-heure, nous y serons!" 

                                                                                               Anniel Hatton

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans La vie des aumôneries
20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 14:40

terminal-fantome-1.JPGLeur carte d'embarquement et leur valise à la main, quelques passagers émergent des ascenseurs venant des parkings du terminal 2B. Leur regard effaré balaye la galerie déserte qui leur fait face. Tout est vide, désespérément vide. Personne aux guichets. Des fils électriques pendent sur les murs, là où les panneaux lumineux indiquant le nom des compagnies aériennes ont été décrochés. Les comptoirs désertés font grise mine. Une passagère aux yeux écarquillés par l'étonnement s'exclame: "On est où ici? Dans un aéroport virtuel?"

Il y a quelques jours encore, un employé solitaire se tenait encore là, assis dans une aubette mobile pour informer les passagers qui ne seraient pas au courant des derniers évènements. Maintenant, il n'y a plus personne. Les lieux de restauration sont fermés, grille baissée. Seul un moineau égaré volète dans cet immense espace désert.

Le 9 avril dernier, un impressionnant mouvement de transfert d'une douzaine de compagnies aériennes était effectué en douceur d'un terminal à l'autre de l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle. Le terminal 2 B était fermé, et le terminal 2D réouvert après avoir subi un sérieux lifting qui avait duré plusieurs mois.terminal-fantome-2.JPG

Inauguré en 1982, le terminal 2B commençait en effet à vieillir sérieusement. La direction d'Aéroports de Paris a donc décidé non seulement de le réhabiliter mais de le repenser complètement, afin de le rendre plus attrayant et plus facile d'accès.

Le centre spirituel, localisé en sous-sol de ce terminal, a quelque peu pâti de cette fermeture. Auparavant situé à côté de boutiques diverses maintenant transférées à l'étage du côté du terminal 2A, il n'a plus pour voisins immédiats que les agences de locations de voitures, les objets trouvés, et pour peu de temps encore, la Poste.

terminale-fantome-3.JPGSa fréquentation a un peu baissé, nombre de ses fidèles ayant suivi leurs employeurs sur d'autres terminaux. Mais les aumôniers continuent à le desservir régulièrement, fidèles au poste, accueillant toujours avec bonne humeur les passagers et membres du personnel qui, désireux de se ménager un temps de silence et de recueillement, réussissent à en trouver le chemin.

Anniel Hatton

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans La vie des aumôneries
8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 20:39

O Dieu,

dans des situations comme celle à laquelle nous sommes maintenant confrontés,

les mots nous manquent.

 

Et nous ne savons comment te prier.

Notre souffrance est trop grande, nos interrogations trop nombreuses…

 

Nous venons malgré tout vers toi,

Te demandant d'écouter nos paroles malhabiles,

Et de ne pas nous en vouloir si nos cœurs sont par trop chargés de colère.

 

Ecoute-nous, ô Dieu, nous t'en prions.

 

Dans ce temps de détresse, accompagne-nous.

Alors que tout semble s'écrouler, donne-nous la force de tenir bon.

Alors que le désespoir nous accable, aide-nous à nous relever.

Alors que la peine nous semble trop dure à supporter, réconforte-nous.

Alors que le doute nous remplit, montre-nous le chemin.

 

Nous venons à toi avec toutes nos questions, notre révolte,

notre sentiment d'injustice, notre solitude intérieure,

nos cris formulés ou informulés.

 

Et nous te les remettons pêle-mêle,

te demandant d'être là, tout simplement,

de les prendre sur toi,

et d'être à nos côtés au quotidien,

pour nous aider à vivre malgré tout.

 

Viens à notre aide, nous t'en prions.

 

Que ton Esprit consolateur nous accompagne pas à pas!

 

Amen

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans Spiritualité
8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 20:34

Les voyants sont au rouge dans tous les points névralgiques de l'aéroport. C'est le branlebas de combat. Des médecins, des secouristes, des gendarmes, des pompiers apparaissent de partout. Le centre médical d'urgence est rempli de personnels de toutes sortes qui se bousculent pour prendre les consignes, et gagner leur poste au plus vite...Toutes les forces vives de la plateforme sont réparties en différents lieux, et chacun sait ce qu'il a à faire...

Les secrétaires-réceptionnistes sont fébriles. Elles donnent coup de téléphone sur coup de téléphone, appelant à la rescousse un nomnre incalculable de personnes dont la présence est indispensable en temps de crise.

Les aumôniers et les psychologues sont de ce nombre. C'est ainsi que je reçois un appel urgent sur mon portable: "Un crash aérien vient de se produire... Pouvez-vous venir immédiatement?"

Heureusement, ce n'est qu'un exercice de simulation, et non pas un véritable crash aérien... C'est "pour du faux", comme disent les enfants. Pourtant, comme toutes les conditions sont réunies pour simuler l'urgence, et l'aspect dramatique de la situation, comme tout le monde, je sens le stress qui monte en moi. Je ne dois surtout pas le montrer, et rester impassible extérieurement. Evidemment, comme le médecin-chef nous a prévenus à l'avance, mon collègue et moi sommes déjà sur les lieux, ce qui ne serait pas possible en temps ordinaire... Puis un des rabbins que j'ai alertés finit lui aussi par arriver.

Quelques instants plus tard, nous sommes dans un des véhicules d'urgence du centre médical, et nous nous dirigeons vers le lieu où se trouvent ceux qui vont jouer le rôle des familles attendant des passagers de l'avion accidenté.

Tous les cas de figure sont représentés. Il y a les gens qui s'effondrent en pleurant, ceux qui crient et explosent de colère... Il y a ceux qui font le siège des moindres responsables officiels pour avoir des nouvelles précises, et ceux qui ne peuvent s'empêcher, malgré leur angoisse, de prendre photo sur photo au cas où... Il y a aussi ceux qui critiquent la façon dont la situation est gérée, et ceux qui restent dans leur coin à se ronger les ongles sans oser intervenir, et enfin ceux qui sont prostrés. On s'y croirait vraiment...

Au départ, je ne sais pas vraiment comment me comporter... Si c'était "pour de vrai", comme disent les enfants, je saurais instinctivement ce qu'il faut faire... mais dans une situation où je sais pertinemment que je suis face à des gens qui jouent un rôle, que faire? Pourtant toutes ces personnes sont vraiment convaincantes, et elles se mettent vraiment dans la peau de leurs personnages. On ne dirait pas qu'il s'agit de simples volontaires travaillant en temps ordinaire à l'aéroport, et non des acteurs chevronnés. Je décide donc de jouer le jeu moi aussi, et, après avoir fait plusieurs tentatives plus ou moins réussies auprès de différents types de personnes, je m'assieds à côté d'une jeune femme qui semble prostrée.

Puis j'ose une question banale un peu embarrassée: "Comment ça va? Vous tenez le coup?"... Aucune réponse... Bon, c'est bien parti ! Et maintenant, qu'est-ce que je fais? C'est alors que, dans ma mémoire, me reviennent des flash back de situations où je m'étais retrouvée quand j'étais aumônier des hôpitaux, et dans lesquelles la seule chose que je pouvais faire était d'être là, avec les gens en grande souffrance physique ou morale, et de me taire tout simplement... je me sentais totalement impuissante devant cette souffrance pour laquelle je ne pouvais rien faire, mais j'avais le désir de témoigner de l'amitié et de la compassion aux personnes auxquelles j'étais confontée... afin qu'elles sachent qu'elles n'étaient pas seules dans l'épreuve.

Alors, je reste là, silencieuse, près de cette personne prostrée tout en me demandant si c'est bien ce qu'il faut faire. Au bout d'un moment, elle se décide à parler, et me dit à voix basse: "Vous ne pouvez pas imaginer combien votre présence m'a fait du bien ! Si vous aviez parlé, cela m'aurait énervée parce que me revenaient à l'esprit des situations tragiques que j'ai vécues dans le passé. Et j'avais juste besoin de ne pas être seule en repensant à tout ça..."

Anniel Hatton

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans Evénements
10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 21:35

DSCN4291.JPG"Tiens! On est accueillis en musique! En quel honneur?" s'interrogent avec curiosité des passagers au sortir de leur avion. Et, malgré leur hâte de rejoindre leur lieu de destination, ils s'arrêtent quelques instants devant une vingtaine de choristes qui interprète avec entrain des negro-spirituals et des chants Gospel d'outre-atlantique.

 

Nous sommes au terminal 2B en période de préparation à Pâques. Curieusement, il y a moins de monde que les autres années à la même époque. Il faut dire que ce terminal est la partie la plus ancienne de l'aéroport, et qu'il a bien besoin d'un petit coup de jeune. La direction a donc prévu de le fermer pendant plusieurs années pour subir des travaux d'envergure de réfection et de consolidation. Certaines compagnies aériennes ont déjà plié bagage pour aller s'installer dans une autre aérogare. Une fois de plus, l'aumônerie protestante a malgré tout obtenu l'autorisation d'y faire venir une chorale avant sa fermeture dans quelques jours. DSCN4293.JPG

 

La chorale Gospel Union Ile-de-France est un ensemble musical composé de chanteurs originaires de diverses églises protestantes évangéliques de la région parisienne. C'est une habituée des lieux. Elle vient en effet sur la plateforme deux fois par an depuis plusieurs années, et est très appréciée de tous, voyageurs ou employés.

 

DSCN4321.JPGDes passagers poussant leurs chariots lourdement chargés de valises et de sacs en tous genres s'arrêtent pour profiter de l'aubaine. Leur visage stressé se détend quelque peu. Puis ils reprennent leur route, le nez en l'air, en suivant avec attention les indications des panneaux suspendus. Un membre du personnel de l'aéroport à l'allure très classe passe d'un air affairé, un calepin à la main. Il écoute quelques instants, puis se met soudain à danser au rythme de la musique en battant des mains vigoureusement. Une responsable de l'événementiel, revenue sur son lieu de travail spécialement pour cette occasion, s'étonne de ce que les chants soient en français, puis ajoute: "Finalement, c'est bien mieux! Au moins, on comprend ce qu'ils disent... "

 

Une semaine plus tard, c'est au tour du groupe Godspel de se produire au terminal 1.DSCN4327_1.JPG

 

C'est une première pour ce quatuor de jeunes que de venir chanter à CDG. Installés au niveau départ, en face du bureau d'information, ils ont pour auditeur, tout au long de leur prestation, un SDF qui, pour marquer son appréciation, va leur offrir avec insistance une pièce de vingt centimes... Une passagère américaine, tout heureuse d'entendre des chants de son pays dans un aéroport français, les complimente sur la qualité de leur anglais. Et, sans quitter leur place dans la file d'attente d'Air China, des voyageurs ravis tournent de petites vidéos qu'ils pourront sans doute faire circuler par la suite à leurs contacts des réseaux sociaux.

 

Rien de ce que fait l'aumônerie protestante à l'aéroport n'est relayé officiellement, et, souvent, le personnel de l'aéroport même s'étonne de ce qu'aucune information n'ait filtré jusqu'à eux. Pourtant, dans un pays où la laïcité est de mise et où l'on occulte souvent ce qui vient des milieux religieux, les aumôniers continuent malgré tout tranquillement leur petit bonhomme de chemin au service de ce Dieu qu'ils fêtent avec gratitude à Pâques ainsi que de tous les êtres humains qu'ils rencontrent sur leur route au quotidien.

 

Anniel Hatton

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans Evénements
3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 21:29

photo-Pierre-de-Mareuil.JPGIl y a quelques semaines, en voiture avec mes enfants, j'ai tenté de leur expliquer que j'allais bientôt être aumônier de l'Aéroport de Roissy Charles De Gaulle. S'en est suivi l'échange surréaliste suivant :

  • Mais alors tu seras plus pasteur ?

  • Si, je serai pasteur à l'aéroport.

  • Ah ? Tu vas être pasteur des avions ???

Puis ils se sont lancés dans un joyeux brouhaha qui tentait de reproduire une assemblée d'avions chantant des cantiques !

Quelques jours après, je suis arrivé à l'aéroport. Anniel, ma collègue, nous avait prévu un beau programme de rendez-vous pour les premières semaines et j'ai commencé à découvrir le ministère d'aumônier. La première chose que j'ai apprise est d'être accueilli. "Bienvenue" m'a-t-on dit un nombre incalculable de fois. De la direction aux femmes de ménage, c'est la parole que j'ai la plus entendue ces 4 dernières semaines. Vous me direz que, dans un aéroport c'est la moindre des choses ! Il est certain qu'on y a la culture de l'accueil. Mais au-delà de la dimension culturelle j'ai aussi rapidement compris que l'aumônerie avait toute sa place sur la plateforme et que le nouvel aumônier que je suis y était accueilli sincèrement et chaleureusement. C'est une chose très agréable que d'être accueilli et même quelque chose d'essentiel que de se laisser accueillir. Surtout pour nous autres pasteurs qui accueillons beaucoup. Je crois que, pour bien recevoir ceux qui viennent à nous il est important de se savoir reçus…

J'ai vite perçu que les aumôniers et en particulier les aumôniers protestants, étaient appréciés et attendus. J'ai eu l'occasion en particulier de m'en rendre compte lors d'un exercice "crash sur l'aéroport" auquel nous avons été invités (avec insistance !) par le médecin-chef de l'aéroport. Les personnes qui y ont participé étaient surprises de nous voir là et ont toutes trouvé que c'était important que nous soyons présents dans ce genre de circonstances.

Etre présent, disponible c'est certainement le cœur de la tâche de l'aumônier. Non pas pour apprendre des cantiques à des avions, bien sûr. Mais pour partager un petit bout de vie avec les personnes qu'il nous est donné de rencontrer, passagers ou salariés, et d'être auprès d'eux témoins du Dieu vivant qui nous habite.

 

Pierre de Mareuil, aumônier protestant de l'aéroport Roissy Charles De Gaulle

 

Quelques mots pour me présenter :

Pierre de Mareuil, je suis marié à Anne-Laetitia depuis bientôt 15 ans. Nous avons 5 enfants. Depuis 12 ans, je suis pasteur de la Fédération Baptiste. J'ai été pasteur au Mans pendant 3 ans puis à Compiègne pendant 8 ans. Je suis particulièrement sensible à la diversité des Eglises chrétiennes et à leur unité. Je suis aussi très attaché à un dialogue sincère et respectueux entre les religions ainsi qu'avec les différentes composantes de la société. Selon moi, toute religion, et les Eglises chrétiennes en particulier, ne doit pas se renfermer sur elle-même mais au contraire s'ouvrir au monde. Je suis particulièrement heureux de pouvoir vivre ces convictions ici à l'aéroport de Roissy Charles De Gaulle.

Parmi mes passions et hobbies la musique occupe une certaine place, Rock bien musclé et Gospel sont ce que j'aime le plus dans le domaine. Vous pouvez aussi partager avec moi mes intérêts divers et variés en venant faire un tour sur ma page Twitter : @Pierre2m où je parle aussi parfois de CDG…

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans La vie des aumôneries
23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 13:26

Samedi 23 mars à 17h: "Chorale Gospel Union Ile de France" au terminal 2B entre les portes 6 et 7

 

Samedi 30 mars à 16h: Quatuor "Godspel" au terminal 1, niveau "départs" en face du comptoir d'information

 

Cultes de Pâques: 31 mars à 15h au terminal 2B, 17h au terminal 2F et 19h15 au terminal 1

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans La vie des aumôneries
23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 13:15

DSCN1956.JPGOn n’a pas toujours la chance de pouvoir réaliser ses rêves d’enfant. Et de nombreux jeunes deviennent très vite des « déçus de la vie » quand ils se rendent compte qu’ils ne pourront pas atteindre le but qu’ils se sont fixé. Mais quelle joie si, après une longue formation, une persévérance à toute épreuve et de nombreux tests d’endurance, ils arrivent enfin au but !

Etre pilote d’aéronef est souvent l’accomplissement du rêve de toute une vie et d’une passion dévorante. Mais c’est aussi un métier qui exige une concentration à toute épreuve. Alors, quels que soient les problèmes de la vie que peut rencontrer le commandant de bord, lorsqu’il entre dans l’avion, il lui faut tout oublier pour ne plus penser qu’à ce qui l’attend, les différentes étapes du voyage à venir, le but à atteindre. Oublier ce qui est derrière, se lancer en avant, et regarder vers le but.

Avant chaque voyage, chaque pilote a sa check-list à relire et à cocher. Il s'agit d'une énumération des tâches à accomplir, des objets qui doivent absolument être mis en place avant de partir, ou des précautions qu'il est essentiel de prendre avant de quitter le plancher des vaches. Même s'ils ont des années d'expérience derrière eux, à chaque fois qu’ils se préparent à décoller, tous ceux qui ont des responsabilités à bord doivent prendre le temps de vérifier cette check-list, et de cocher chacun des éléments qui s’y trouvent au fur et à mesure de leur exécution. C'est une question de sécurité, et même parfois de vie ou de mort, non seulement pour eux, mais aussi pour tous les passagers dont ils ont la charge.

C'est bientôt Pâques.

En tant que chrétiens, est-ce que nous nous préparons spirituellement à ce moment essentiel de notre vie, et pas seulement en achetant des œufs et des lapins en chocolat pour nos enfants?

Et, après tout… pourquoi ne pas se faire une check-list? Préparer une liste avec les poids morts de passé sur lesquels tirer un trait, les priorités du présent à mettre en avant, et les projets que l’on élabore pour l'avenir en tenant compte de notre engagement de foi…

Alors, oubliant ce qui est derrière nous, nous pourrons nous lancer en avant et regarder vers le but, en vivant une vie digne du nom de chrétiens que nous portons. (cf. Philippiens 3: 12-15)

Anniel Hatton

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans Spiritualité
9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 13:49

DSCN4264.JPGDu bureau d’aumônerie du terminal 2F, j’aperçois une petite dame aux cheveux blancs qui me regarde d’un air implorant. Elle n’ose visiblement pas entrer, mais semble perdue. Accrochée à deux grosses valises assez peu maniables, elle ressemble à une naufragée au milieu de la mer de passagers qui passent et repassent autour d’elle. Voyant son désarroi, je m’approche d’elle et m’enquiert de ce qui la tracasse : « J’ai une réservation pour l’hôtel Hilton », me répond-elle dans un anglais un peu guttural… ça fait au moins une heure que je tourne en rond parce que toutes les personnes que j’interroge me donnent des informations contradictoires. Et me revoici pratiquement à mon point de départ… Pourriez-vous m’aider ? » J’enfile rapidement ma jaquette orange fluo et, à son grand soulagement, l’accompagne à bon port. Quand nous nous quittons, elle déclare, après m’avoir remerciée avec un grand sourire : « Moi aussi, je suis protestante ! »

Un jour, je reçois un coup de téléphone : « Allo, c’est Juliette ! » Je n’ai aucune idée de qui cela peut bien être. La seule Juliette que je connaisse n’a pas cette voix-là. Rapidement, ma mémoire se met au travail… mais en vain. Ma réponse doit être un peu hésitante, parce que ma correspondante précise : « Je travaille à l’aéroport, et il y a trois ans, vous êtes venue vous asseoir à ma table , au restaurant du personnel du Terminal 1… » Je fais des efforts démesurés pour rassembler mes souvenirs. Tout à coup, ma mémoire s’éclaire. C’est vrai qu’à mes débuts sur la plateforme, je ne connaissais personne. Alors, le midi, quand j’arrivais à la cafétéria, je regardais s’il n’y avait pas une femme seule à une table, et j’allais lui demander la permission de m’installer à ses côtés. J’étais plus ou moins bien reçue, suivant les personnes, mais après avoir bavardé un moment, en général le contact commençait à passer, et nous nous quittions en très bons termes.  Juliette, elle, avait semblé assez méfiante à mon égard au départ. Elle avait ensuite admis qu’elle était chrétienne elle aussi, et qu’elle était finalement contente que j’aie pris cette initiative. DSCN4261.JPGEnfin soulagée de pouvoir enfin mettre un visage sur le nom de l'être qui se trouve au bout du fil, je m’exclame : « Juliette ! Que je suis contente de vous entendre ! » Après un court silence, une exclamation de joie fuse: « Dieu soit loué, vous vous souvenez de moi… j’ai de gros problèmes de santé et j’ai besoin de vos prières…»

Anniel Hatton

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans La vie des aumôneries
9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 13:40

DSCN4259.JPGC’est le premier jour de Pierre de Mareuil, mon nouveau confrère à l’aumônerie protestante de CDG. Pour qu’il puisse commencer à se repérer dans ce gigantesque aéroport et à y prendre ses marques, le meilleur moyen c’est d’arpenter la plateforme en long en large et en travers. Et c’est ce que nous faisons pendant un bon moment, observant ce qui se passe autour de nous au fur et à mesure que nous avançons, et saluant tel ou tel salarié au hasard de nos rencontres. Alors que nous parvenons à l’espace « Arrivées » du terminal 2F, Pierre aperçoit un visage familier, un chrétien d’une autre église qu’il connaît depuis longtemps. Tous deux commencent à bavarder à bâtons rompus, jusqu’à ce que notre interlocuteur intrigué nous interroge brusquement : « Est-ce que vous êtes vraiment obligés de vous déguiser en playmobils ? » Après un éclat de rire général, je m’empresse de fournir quelques explications sur notre tenue un peu voyante, je le reconnais. Puisque nous ne portons pas de col ecclésiastique, contrairement à nos homologues catholiques, nous sommes difficilement reconnaissables, en tant qu’aumôniers protestants. Nos jaquettes orange fluo ont donc pour but de nous faire repérer dans la foule anonyme qui se presse dans les galeries et les coursives de la plateforme. Le résultat est concluant : les gens nous interpellent aisément, parfois pour s’étonner de notre présence en un tel lieu, parfois pour se moquer, mais parfois aussi pour se féliciter de ce que nous soyons là. Il faut dire qu’ils ne peuvent pas nous rater ! Le logo de la FPF (Fédération Protestante) est reproduit sur le revers du vêtement et l’inscription aumônerie protestante barre notre dos en français et en anglais.

La couleur orange étant celle des employés ADP (Aéroports de Paris), il arrive que des passagers affolés nous prennent pour des agents d’information, et se précipitent sur nous afin de nous demander où ils doivent se rendre pour enregistrer leurs bagages, pour changer de terminal ou pour prendre le bus. Nous répondons dans la mesure du possible, les aiguillant vers des personnels mieux informés que nous quand notre connaissance de l’aéroport se révèle insuffisante. DSCN4258.JPG

Le deuxième jour est aussi foisonnant en expériences de toutes sortes. Sandrine, une SDF qui vit à l’aéroport depuis huit ans, est toute heureuse de faire la connaissance du nouvel aumônier protestant, et lui fait allègrement la conversation. Nous la croisons à quatre reprises, et sa soif de contacts humains est telle qu’elle entame encore et encore de nouveaux sujets de conversation, et que nous avons du mal à « décrocher » et à la convaincre que nous avons un rendez-vous à honorer dans les bureaux de la direction.

Un peu plus tard, un homme, jeune encore, s’approche de nous et, baragouinant un anglais approximatif, nous demande comment il faut faire pour aller à Barcelone. Comme il n’a pas de bagages et qu’il semble pris de boisson. Pierre finit par lui demander s’il a un ticket. Sur ce, le jeune homme fouille laborieusement dans ses poches et finit par en extirper un ticket de métro qu’il brandit d’un air victorieux…

Anniel Hatton

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