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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 13:49

DSCN4264.JPGDu bureau d’aumônerie du terminal 2F, j’aperçois une petite dame aux cheveux blancs qui me regarde d’un air implorant. Elle n’ose visiblement pas entrer, mais semble perdue. Accrochée à deux grosses valises assez peu maniables, elle ressemble à une naufragée au milieu de la mer de passagers qui passent et repassent autour d’elle. Voyant son désarroi, je m’approche d’elle et m’enquiert de ce qui la tracasse : « J’ai une réservation pour l’hôtel Hilton », me répond-elle dans un anglais un peu guttural… ça fait au moins une heure que je tourne en rond parce que toutes les personnes que j’interroge me donnent des informations contradictoires. Et me revoici pratiquement à mon point de départ… Pourriez-vous m’aider ? » J’enfile rapidement ma jaquette orange fluo et, à son grand soulagement, l’accompagne à bon port. Quand nous nous quittons, elle déclare, après m’avoir remerciée avec un grand sourire : « Moi aussi, je suis protestante ! »

Un jour, je reçois un coup de téléphone : « Allo, c’est Juliette ! » Je n’ai aucune idée de qui cela peut bien être. La seule Juliette que je connaisse n’a pas cette voix-là. Rapidement, ma mémoire se met au travail… mais en vain. Ma réponse doit être un peu hésitante, parce que ma correspondante précise : « Je travaille à l’aéroport, et il y a trois ans, vous êtes venue vous asseoir à ma table , au restaurant du personnel du Terminal 1… » Je fais des efforts démesurés pour rassembler mes souvenirs. Tout à coup, ma mémoire s’éclaire. C’est vrai qu’à mes débuts sur la plateforme, je ne connaissais personne. Alors, le midi, quand j’arrivais à la cafétéria, je regardais s’il n’y avait pas une femme seule à une table, et j’allais lui demander la permission de m’installer à ses côtés. J’étais plus ou moins bien reçue, suivant les personnes, mais après avoir bavardé un moment, en général le contact commençait à passer, et nous nous quittions en très bons termes.  Juliette, elle, avait semblé assez méfiante à mon égard au départ. Elle avait ensuite admis qu’elle était chrétienne elle aussi, et qu’elle était finalement contente que j’aie pris cette initiative. DSCN4261.JPGEnfin soulagée de pouvoir enfin mettre un visage sur le nom de l'être qui se trouve au bout du fil, je m’exclame : « Juliette ! Que je suis contente de vous entendre ! » Après un court silence, une exclamation de joie fuse: « Dieu soit loué, vous vous souvenez de moi… j’ai de gros problèmes de santé et j’ai besoin de vos prières…»

Anniel Hatton

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans La vie des aumôneries
9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 13:40

DSCN4259.JPGC’est le premier jour de Pierre de Mareuil, mon nouveau confrère à l’aumônerie protestante de CDG. Pour qu’il puisse commencer à se repérer dans ce gigantesque aéroport et à y prendre ses marques, le meilleur moyen c’est d’arpenter la plateforme en long en large et en travers. Et c’est ce que nous faisons pendant un bon moment, observant ce qui se passe autour de nous au fur et à mesure que nous avançons, et saluant tel ou tel salarié au hasard de nos rencontres. Alors que nous parvenons à l’espace « Arrivées » du terminal 2F, Pierre aperçoit un visage familier, un chrétien d’une autre église qu’il connaît depuis longtemps. Tous deux commencent à bavarder à bâtons rompus, jusqu’à ce que notre interlocuteur intrigué nous interroge brusquement : « Est-ce que vous êtes vraiment obligés de vous déguiser en playmobils ? » Après un éclat de rire général, je m’empresse de fournir quelques explications sur notre tenue un peu voyante, je le reconnais. Puisque nous ne portons pas de col ecclésiastique, contrairement à nos homologues catholiques, nous sommes difficilement reconnaissables, en tant qu’aumôniers protestants. Nos jaquettes orange fluo ont donc pour but de nous faire repérer dans la foule anonyme qui se presse dans les galeries et les coursives de la plateforme. Le résultat est concluant : les gens nous interpellent aisément, parfois pour s’étonner de notre présence en un tel lieu, parfois pour se moquer, mais parfois aussi pour se féliciter de ce que nous soyons là. Il faut dire qu’ils ne peuvent pas nous rater ! Le logo de la FPF (Fédération Protestante) est reproduit sur le revers du vêtement et l’inscription aumônerie protestante barre notre dos en français et en anglais.

La couleur orange étant celle des employés ADP (Aéroports de Paris), il arrive que des passagers affolés nous prennent pour des agents d’information, et se précipitent sur nous afin de nous demander où ils doivent se rendre pour enregistrer leurs bagages, pour changer de terminal ou pour prendre le bus. Nous répondons dans la mesure du possible, les aiguillant vers des personnels mieux informés que nous quand notre connaissance de l’aéroport se révèle insuffisante. DSCN4258.JPG

Le deuxième jour est aussi foisonnant en expériences de toutes sortes. Sandrine, une SDF qui vit à l’aéroport depuis huit ans, est toute heureuse de faire la connaissance du nouvel aumônier protestant, et lui fait allègrement la conversation. Nous la croisons à quatre reprises, et sa soif de contacts humains est telle qu’elle entame encore et encore de nouveaux sujets de conversation, et que nous avons du mal à « décrocher » et à la convaincre que nous avons un rendez-vous à honorer dans les bureaux de la direction.

Un peu plus tard, un homme, jeune encore, s’approche de nous et, baragouinant un anglais approximatif, nous demande comment il faut faire pour aller à Barcelone. Comme il n’a pas de bagages et qu’il semble pris de boisson. Pierre finit par lui demander s’il a un ticket. Sur ce, le jeune homme fouille laborieusement dans ses poches et finit par en extirper un ticket de métro qu’il brandit d’un air victorieux…

Anniel Hatton

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 13:08

  

Mise à jour septembre 2014

 

Paris-Charles de Gaulle :

 

photo-Pierre-de-Mareuil-copie-1

Pasteur Pierre de Mareuil

pierre.demareuil@adp.fr

tél. : 01 48 62 12 84

 

 

 

Pasteure Marie-Emilie Sébas

marie-emilie.sebas@adp.fr

tél.: 01 70 03 83 81

 

Partage biblique et prière :
Mardi 12h15 T2B - Mercredi 12h15 T1 - Jeudi 12h15 T2F

 
Cultes :

2ème et 4ème dimanche du mois, à 15h00 au T2F, à 17h au T1

 

 

 Paris-Orly

 

DSCN3239

Pasteure Anniel Hatton

anniel.hatton.aumonier@adp.fr

tél.: 01 49 75 01 52

 

Pause-prière:

Jeudi à 12h15 à la chapelle d'Orly Sud

 

cultes: 

 2ème et 4ème dimanche du mois, à 17h à la chapelle d'Orly Sud

 

Pour contacter la commission chargée de l'aumônerie aéroportuaire :

aumonerie.protestante.aeroports@gmail.com

  

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 21:44

DSCN4246.JPG

Quoi qu'il arrive, elle est toujours souriante, Maimuna Traore. Quand on arrive à la caisse d'un des restaurants du personnel, elle a toujours un petit mot aimable pour chacun, et c'est bien agréable.

 

Pourtant, en ce moment, ce ne sont pas les soucis qui lui manquent. Outre ses problèmes de santé personnels, elle ne peut s'empêcher de s'inquiéter pour sa famille. En effet, elle travaille ici, en France, mais toute sa parenté est à Bamako.

Or, chacun sait à quel point la situation est critique actuellement au Mali, et on s'imagine sans mal combien ce doit être angoissant pour elle d'être loin des siens quand la guerre fait rage. Malgré tout, elle reste affable, et rien ne transpire de ses préoccupations sur son visage accueillant.

 

Mon plateau à la main, je m'arrête souvent quelques instants à la caisse pour lui parler et lui demander des nouvelles de sa famille: "ça va, ça va bien", me répond-elle invariablement.

 

Un jour cependant, elle se fait un peu plus bavarde: "Je ne comprends pas se qui se passe au pays", me dit-elle. "Avant, on vivait ensemble sans problème, musulmans et chrétiens, et les autres religions aussi… Maintenant, on dirait que ce n'est plus possible."

 

Puis son regard se fait songeur: "Quand j'étais au lycée, j'avais des amies protestantes. On avait chacune nos fêtes, et on s'invitait mutuellement. On s'amusait bien! Elles m'invitaient à Noël, et j'allais le fêter chez elles… On était comme des sœurs!"

 

Quelques secondes de nostalgie s'écoulent, et elle reprend: "Je suis musulmane, moi, mais je respecte les autres. Je ne suis pas comme ces islamistes qui veulent nous séparer les uns des autres. Vous voyez, je ne porte pas le voile, et pourtant je suis très croyante!"

 

Son sourire s'éteint un petit instant pour reparaître aussitôt: "Je ne comprends pas ce qui se passe chez moi. Tout a changé! Et en attendant, ma mère a peur et me téléphone tous les jours…Pourquoi est-ce qu'on en est arrivé là? C'est là quelque chose que je n'arrive pas à comprendre…Mais qu'est-ce qui se passe au Mali?"

 

                                                                                  Propos recueillis par Anniel Hatton

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 21:29

DSCN4245.JPGGisèle arrive tôt à l'aéroport. Comme beaucoup de personnes qui travaillent "en décalé", elle commence souvent à 6h30. Elle en profite pour aller se recueillir quelques instants dans la chapelle du terminal 2F: "J'ai besoin de ce petit temps de silence et de prière intérieure pour tenir toute la journée", me dit-elle. "Les passagers sont souvent exigeants et parfois irritables. Il faut que je garde mon calme en tous temps, et que je leur réponde en souriant quel que soit leur comportement."

Maria, elle, habite très loin de CDG. Elle aime s'asseoir dans la chapelle à chaque pause, même si ce n'est pas pour très longtemps. "Parfois, je ne prie même pas", me dit-elle. Mais je sens la présence de Dieu dans ce lieu, et cela me fait du bien. Et puis, ça me repose." Ces coupures entre deux longs épisodes d'accueil des passagers lui permettent de se ressourcer, et parfois tout simplement de souffler un peu entre deux.

Le nom de "chapelle" est un bien grand mot pour cette salle minuscule et toute en longueur située au niveau "arrivées" du terminal 2F. Le mobilier est très succinct: six chaises et une table ovale qui sert d'autel et sur laquelle ont été déposés une Bible, quelques livres de prières et de méditations. Aux murs, une croix toute simple, deux reproductions de tableaux religieux et un petit tabernacle doré contenant le saint sacrement. A l'entrée, quelques casiers dans lesquels les aumôniers protestants et catholiques déposent des feuillets de prières ou des informations sur les cultes et les messes.

Depuis un an, cette petite chapelle est l'objet de dégradations diverses. Les livres de prière et de méditations sont déchirés, la Bible souillée, le sol couvert de liquides nauséabonds. Pendant un temps, je remplaçais la Bible régulièrement pour finir par ne plus en mettre.

Mais cette semaine, c'est la croix qui a disparu, laissant un vide béant sur le mur blanc de ce lieu de prière perturbant en profondeur les fidèles qui fréquentent régulièrement cette chapelle.

Anniel Hatton

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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 14:14

DSCN3999.JPGLes activités des aumôneries sur une plateforme aéroportuaire restent la plupart du temps presque confidentielles, laïcité oblige. Elles ne sont pas répertoriées dans les animations proposées par l'aéroport, et aucune publicité n'est faite pour prévenir passagers et membres du personnel de ce qui est prévu à leur programme. C'est ainsi que c'est une agréable surprise pour ceux qui arpentent ces lieux de passage que d'entendre tout à coup des mélodies connues à l'époque de Noël.

 

Le 15 décembre 2012, la chorale Yvelines Espoir et son ensemble instrumental sont revenus se produire au terminal 1 de l'aéroport de Roissy-CDG pour le plus grand bonheur de toutes les personnes présentes.

 

Lydia, tu es sans doute la plus jeune du groupe. Puis-je te demander ton âge?

J’ai 20 ans. Mais cette année je n'étais pas la plus jeune du groupe... Le plus jeune, c'était notre pianiste de 17 ans !

 

Que fais-tu dans la vie?

Je suis étudiante à l’université en deuxième année de licence.

 

Tu chantes et tu joues de la flûte traversière. Qu'est-ce qui t'a poussée à participer DSCN3993.JPGaux activités de cet ensemble vocal et instrumental?

Lorsque je joue de la flûte, je ne peux pas chanter en même temps. Mon désir de chanter m’a donc poussé à m’engager dans cette chorale. De plus, le fait que ce soit une chorale inter-églises m’a beaucoup plu.

 

Tous les choristes viennent effectivement de différentes églises protestantes du sud des Yvelines. Ton père est pasteur ERF. D'autres viennent de communautés évangéliques. Qu'est-ce qui vous rassemble?

C’est notre foi qui nous rassemble, ainsi que le chant bien évidemment ! Par nos voix, nous souhaitons partager la Bonne Nouvelle du salut en Jésus-Christ qui nous est commune à tous. Nous voulons briller de Sa lumière et partager l’amour qu’Il a pour chacun de nous.

 

Pourquoi le nom de cette chorale, "Yvelines Espoir"? Est-ce parce que le chef de chœur est prénommée Yveline?

C’est une question qui revient souvent, et je me la suis moi-même posée au début. Non, ce n’est pas à cause du prénom de notre chef de chœur mais pour la simple raison que nous venons tous du département des Yvelines. Le mot «Espoir» désigne l’espérance que nous souhaitons apporter aux personnes qui nous entendent : notre espérance en Jésus-Christ et l’espoir que tout le monde puisse le connaître un jour.

 

Si j'ai bien compris, quelques jours avant de venir à CDG, vous avez chanté à la Maison d'arrêt de Bois d'Arcy. Qu'as-tu ressenti en chantant ainsi devant toutes ces personnes appelées à passer les fêtes de fin d'année en captivité?

C’était une expérience très forte et très particulière, étant donné que c’était la première fois que j’entrais dans une Maison d’arrêt. J’avais une petite appréhension, mais finalement, ça a été un réel plaisir que de pouvoir partager avec eux notre foi et d' apporter un peu de chaleur dans cet endroit.

 

Comment ont réagi les détenus? As-tu perçu de l'émotion de leur part pendant votre concert?

Ce qui m’a particulièrement marquée, ce sont tous les sourires que nous avons pu voir sur le visage des détenus. Ils semblaient tellement contents! Cela nous a vraiment réjouis. Ils ont même chanté pour nous à leur tour un chant qui dit: «Nous vous annonçons la paix, la joie, l’amour en Jésus».

 

Le concert suivant avait lieu à CDG, un lieu bien différent de la maison d'arrêt. En tant que choristes, vous avez l'habitude de chanter dans des églises ou des salles où l'assistance est assise pour écouter votre prestation. A l'aéroport, vous chantez devant un public mouvant, des passagers qui passent sans s'arrêter ou font une halte de quelques minutes voire de quelques secondes. Quelle impression cela te donne-t-il de chanter dans ce mouvement perpétuel? N'est-ce pas déstabilisant?

C’est un réel exercice de concentration! Il y a sans cesse du mouvement, des annonces faites par les haut-parleurs. Mais nous devons essayer de nous en abstraire et rester les yeux fixés sur notre chef de chœur pour ne pas nous laisser déstabiliser.

Par contre, si l’aéroport est un lieu de mouvement perpétuel, il peut être aussi l'occasion de longues attentes. Un certain nombre de passagers ont donc pu prendre le temps de s’arrêter pour nous écouter pendant un certain temps et c’était très encourageant.

 

DSCN3996.JPGVos chants ont été très appréciés aussi bien par le personnel présent sur place que par les passagers... et même un SDF qui est resté là à vous écouter tout le temps du concert. Est-ce que le fait de venir chanter dans un aéroport t'apporte quelque chose en retour?

Oui, cela m'a beaucoup apporté à moi personnellement. Il faut dire que ce n’est pas une expérience que nous vivons tous les jours! Et je suis ravie d’avoir pu la vivre une nouvelle fois cette année. Avant de venir chanter sur la plateforme de Roissy, je ne savais même pas qu’il y avait une aumônerie dans les aéroports! Quelle plus belle occasion de partager la Bonne Nouvelle de Jésus que de chanter des chants de Noël ? Le temps de Noël est un temps tout particulier et nous sommes ravis d’avoir pu réaliser ce projet en ce temps de fêtes. Merci !

 

 

propos recueillis par Anniel Hatton

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 14:15

Calendrier-2013.JPGEn janvier, on distribue des calendriers à CDG... comme tout le monde, me direz-vous! Oui et non. C'est que ces calendriers sont interreligieux et émanent d'un travail commun au service communication de l'aéroport et aux quatre aumôneries, protestante, catholique, israélite et musulmane.

Je passe donc une bonne partie de mon temps de ce début d'année à faire cette distribution aux membres du personnel évoluant sur la plateforme. Je vais partout où je le peux, suivant le temps dont je dispose, m'adressant aussi bien aux employés de bureau en zone publique, qu'aux agents d'accueil des compagnies aériennes et des salons pour passagers "haut de gamme" en zone réservée, sans oublier, bien entendu, les vendeurs des diverses boutiques de duty-free.

L'accueil qui m'est réservé est parfois un peu froid, je dois le reconnaître, mais la plupart du temps, les personnes que j'ai en face de moi en profitent pour entamer une petite discussion avec ce personnage étrange qu'est un aumônier d'aéroport et dont la présence les étonne en ce lieu. Malgré mon intervention quotidienne sur la plateforme, et mes allées et venues incessantes sur les trois terminaux, beaucoup d'entre eux ne savent même pas que les aumôneries existent. Les questions fusent et j'essaie d'y répondre de mon mieux. Certains me provoquent pour mieux me tester et voir comment je vais réagir. Je prends souvent le parti de répondre par l'humour, ce qui peut être déconcertant pour certains de mes interlocuteurs tandis que d'autres y voient une façon de voir la vie qui leur plaît.

Il m'arrive de découvrir des protestants convaincus que je n'avais jamais encore rencontrés aux côtés de gens qui me disent carrément que la religion et les questions de foi ne les intéressent pas et que leur seul dieu est l'argent. Mais finalement, au bout d'un moment, les plus "coincés" se dégèlent, et finissent par parler de leur quotidien en toute franchise...

 

Alors demandez le calendrier interreligieux des aéroports de Paris, ou, si vous passez par là, venez le chercher dans les centres spirituels des trois terminaux!


Anniel Hatton

 

Aumônerie Protestante de CDG

UO CDGE

BP 81007

95931 Roissy CDG Cedex

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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 16:48

mod_article23362884_53.gifBethléem, petite agglomération sans importance de Palestine, il y a plus de 2000 ans... C'est la ville du petit berger David, ce petit berger devenu un grand roi par la suite. Mais au premier siècle de notre ère, qui se soucie outre mesure de ce lieu obscur perdu dans la campagne de Judée? Et pourtant, ce petit bourg sans importance devient, dans les textes bibliques, le lieu de convergence de personnes sans lien les unes aves les autres, et venant d'origines extrêmement variées.

Voyez Marie et Joseph, un couple venu de Galilée pour se faire recenser sur l'ordre de l'Empereur. Comme tant d'autres, ils parcourent une longue route pour revenir au berceau de leurs origines. Ce recensement est en effet l'occasion d'un déplacement de population impressionnant dans tout le pays! Marie attend un enfant, et c'est là un voyage interminable et exténuant pour une femme arrivée presqu'au terme de sa grossesse.

Et puis, voici des anges éclatants à la voix tonitruante venus du ciel pour annoncer à la cantonade la naissance de cet enfant.

D'un peu plus près, des bergers qui surveillent leurs troupeaux dans la région, qui, ayant entendu la nouvelle, viennent en curieux à Bethléem pour voir le nouveau-né.

De bien plus loin, des mages, astronomes d'Orient, suivant la course d'une étoile vagabonde, font par étapes un long voyage semé d'embûches, avec un détour désastreux par le palais royal, pour arriver enfin à leur but.

Ce voyage va leur permettre à tous de faire la connaissance d'un enfant nouveau-né pas tout à fait comme les autres, et dont la vie sera elle aussi marquée par beaucoup de voyages et de déplacements en tous genres. Ils vont tous apprendre à découvrir ce petit être qui vient de faire irruption dans un monde politiquement et socialement troublé. Tous, Marie et Joseph y compris, vont voir leur existence bouleversée par cette naissance. Après cette rencontre, plus rien ne sera jamais pareil pour eux!

Nous aussi, qui sommes en chemin sur la route de la vie, comme Marie, comme Joseph, comme les bergers, comme les mages, nous sommes appelés à rencontrer Dieu en Jésus...non pas en un petit enfant - Jésus a grandi et est devenu adulte, il a exercé un ministère difficile et pourtant ô combien fructueux- mais en celui qui est mort et ressuscité pour que nous ayons la vie.

Il ne nous est pas demandé d'aller à Bethléem : de nos jours, ce serait bien difficile. Il faudrait coln10.gifdemander des autorisations, et passer par de nombreux check points pour y accéder.

Dans un monde troublé politiquement et socialement, un monde rempli d'injustices et de souffrances, un monde où des innocents souffrent du froid et de la misère, un monde où des enfants sont abattus froidement sans raison, nous sommes tous appelés à faire un voyage intérieur vers Dieu... un cheminement spirituel que personne ne peut nous interdire, qu'aucun obstacle extérieur ne peut entraver, et par lequel nous pourrons accéder à la paix du coeur, et à une joie profonde qui ne dépend pas des circonstances.

"N'ayez pas peur, car je vous annonce la bonne nouvelle d'une grande joie pour tout le peuple", disait l'ange. "Aujourd'hui, dans la ville de David vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur."

 

Anniel Hatton

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans Spiritualité
20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 07:13

DSCN3980.JPGMercredi 12 décembre: je viens d'arriver sous douane, "côté piste" comme on dit maintenant. Après avoir passé, comme tout un chacun, le filtre de la sûreté, je me mets en quête du "salon King David" de la compagnie El Al… C'est que je suis invitée à assister à "l'allumage officiel de la Hannukah". En arrivant, je m'aperçois que je ne suis pas la seule "goy": des chrétiens convaincus se mêlent aux israélites habitués des lieux.  L'assistance est nombreuse et très diverse, et parmi les inconnus qui s'y pressent, je reconnais certains visages de gens que j'ai rencontrés ailleurs.

 

Aujourd'hui cinquième jour de célébration, cinq bougies seront allumées sur le chandelier à huit branches.  Chacun s'empresse de m'expliquer avec la plus grande gentillesse qu'il s'agit de fêter la victoire des macchabées sur les troupes du roi Antiochus. Mais me dit-on, plus que cette victoire militaire, c'est le miracle de la fiole d'huile que l'on célèbre. Un temps de guerre implique restrictions de toutes sortes et privations en tous genres.  En ce 2è siècle av.J.C., il n'y avait presque plus d'huile pour allumer les lampes des israélites. Juste un petit fond dans un flacon gardé précieusement par un grand-prêtre, tout juste assez pour une nuit. Or une intervention divine miraculeuse permit que ce petit reste suffise pour l'éclairage d'une semaine. "Nous israélites, nous croyons que Dieu peut faire les miracles les plus fous", me dit un des participants à la fête." Alors, en souvenir de cet évènement de notre Histoire, pendant toute cette semaine de célébrations, tous les plats que nous mangeons sont cuits à l'huile d'olive.

 

Après une courte allocution du directeur de la compagnie El Al, les rabbins Haim Korsia et Moshe Lewin récitent en hébreu les prières appropriées, puis appellent quelques-unes des personnes présentes à s'approcher pour allumer les cinq bougies. A ma grande surprise, je suis l'une d'entre elles ! Une femme représentant une autre confession religieuse... C'est un grand instant d'émotion pour moi que de participer à ce moment liturgique important de la foi de mes collègues aumôniers israélites.

 

Pendant l'allumage, le rabbin Haim Korsia rappelle en quelques mots que la régularité et la fidélité sont des aspects essentiels de la foi, et que Dieu a donné la lumière aux êtres humains non pas pour qu'ils la gardent égoïstement pour eux-mêmes, mais pour qu'ils la partagent avec ceux qu'ils côtoient au quotidien.

 

                                                                                                                      Anniel Hatton

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans La vie des aumôneries
12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 13:35

DSCN3952.JPG   Samedi 8 décembre, en début d'après-midi: un joyeux désordre règne au terminal 2F de l'aéroport CDG. Une bonne vingtaine de personnes, dont deux en fauteuil roulant, s'affairent devant un grand sapin orné de boules et de guirlandes écarlates.

 

   Puis, une fois que tout le monde est en place et la sono installée, des accords d'outre-manche résonnent: la chorale de St Peter's, l'église anglicane de Chantilly, égrène des Christmas Carols. Des passagers s'arrêtent quelques instants pour écouter et applaudissent, pour ensuite laisser la place à des agents d'escale qui, attirés par les mélodies entendues, viennent se rendre compte par eux-mêmes de ce qui se passe.

 

   Un tout petit enfant s'approche en chancelant sur ses jambes encore bien peu affermies et se plante tout devant, l'air émerveillé.

 

   Il fait un peu froid et les manteaux sont de rigueur, mais l'atmosphère est joyeuse et bon enfant.

 

   Et maintenant, rendez-vous samedi prochain à 14h30 au terminal 1 pour la chorale Yvelines Espoir!

 

DSCN3968.JPGAnniel Hatton

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans La vie des aumôneries