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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 07:13

DSCN3980.JPGMercredi 12 décembre: je viens d'arriver sous douane, "côté piste" comme on dit maintenant. Après avoir passé, comme tout un chacun, le filtre de la sûreté, je me mets en quête du "salon King David" de la compagnie El Al… C'est que je suis invitée à assister à "l'allumage officiel de la Hannukah". En arrivant, je m'aperçois que je ne suis pas la seule "goy": des chrétiens convaincus se mêlent aux israélites habitués des lieux.  L'assistance est nombreuse et très diverse, et parmi les inconnus qui s'y pressent, je reconnais certains visages de gens que j'ai rencontrés ailleurs.

 

Aujourd'hui cinquième jour de célébration, cinq bougies seront allumées sur le chandelier à huit branches.  Chacun s'empresse de m'expliquer avec la plus grande gentillesse qu'il s'agit de fêter la victoire des macchabées sur les troupes du roi Antiochus. Mais me dit-on, plus que cette victoire militaire, c'est le miracle de la fiole d'huile que l'on célèbre. Un temps de guerre implique restrictions de toutes sortes et privations en tous genres.  En ce 2è siècle av.J.C., il n'y avait presque plus d'huile pour allumer les lampes des israélites. Juste un petit fond dans un flacon gardé précieusement par un grand-prêtre, tout juste assez pour une nuit. Or une intervention divine miraculeuse permit que ce petit reste suffise pour l'éclairage d'une semaine. "Nous israélites, nous croyons que Dieu peut faire les miracles les plus fous", me dit un des participants à la fête." Alors, en souvenir de cet évènement de notre Histoire, pendant toute cette semaine de célébrations, tous les plats que nous mangeons sont cuits à l'huile d'olive.

 

Après une courte allocution du directeur de la compagnie El Al, les rabbins Haim Korsia et Moshe Lewin récitent en hébreu les prières appropriées, puis appellent quelques-unes des personnes présentes à s'approcher pour allumer les cinq bougies. A ma grande surprise, je suis l'une d'entre elles ! Une femme représentant une autre confession religieuse... C'est un grand instant d'émotion pour moi que de participer à ce moment liturgique important de la foi de mes collègues aumôniers israélites.

 

Pendant l'allumage, le rabbin Haim Korsia rappelle en quelques mots que la régularité et la fidélité sont des aspects essentiels de la foi, et que Dieu a donné la lumière aux êtres humains non pas pour qu'ils la gardent égoïstement pour eux-mêmes, mais pour qu'ils la partagent avec ceux qu'ils côtoient au quotidien.

 

                                                                                                                      Anniel Hatton

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 13:35

DSCN3952.JPG   Samedi 8 décembre, en début d'après-midi: un joyeux désordre règne au terminal 2F de l'aéroport CDG. Une bonne vingtaine de personnes, dont deux en fauteuil roulant, s'affairent devant un grand sapin orné de boules et de guirlandes écarlates.

 

   Puis, une fois que tout le monde est en place et la sono installée, des accords d'outre-manche résonnent: la chorale de St Peter's, l'église anglicane de Chantilly, égrène des Christmas Carols. Des passagers s'arrêtent quelques instants pour écouter et applaudissent, pour ensuite laisser la place à des agents d'escale qui, attirés par les mélodies entendues, viennent se rendre compte par eux-mêmes de ce qui se passe.

 

   Un tout petit enfant s'approche en chancelant sur ses jambes encore bien peu affermies et se plante tout devant, l'air émerveillé.

 

   Il fait un peu froid et les manteaux sont de rigueur, mais l'atmosphère est joyeuse et bon enfant.

 

   Et maintenant, rendez-vous samedi prochain à 14h30 au terminal 1 pour la chorale Yvelines Espoir!

 

DSCN3968.JPGAnniel Hatton

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans La vie des aumôneries
6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 07:58


 

- Christmas Carols avec la chorale l'église anglicane de Chantilly: samedi 8 décembre, à 15h, T2F, niveau départs.

 

- Cultes de l'avent: dimanche 9 décembre à 15h au T2B et 17h au T2F.

 

- Chorale Yvelines Espoir: samedi 15 décembre, à 14h30, au T1, niveau départs.

 

- Chorale Gospel de Montfermeil: samedi 22 décembre, à 16h, au T2D.

 

- Cultes de Noël: dimanche 23 décembre à 15h au T2B, 17h au T2F et au T1.

 

- Musique instrumentale de Noël avec un petit groupe de musiciens de l'orchestre de l'Armée du Salut: mardi 25 décembre, à 10H30, sur tout le T2, en commençant par le T2F.

 

N'hésitez pas à venir nous rencontrer à l'occasion des fêtes de Noël dans les aéroports parisiens. Les concerts sont gratuits!

 

 

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans Evénements
4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 21:25

Quel oiseau de mauvais augure, ce Jésus !

Qu'est-ce qui motive tout à coup une telle humeur, des annonces si lugubres, la prévision d'un avenir si catastrophique? Est-ce sa mort toute proche qu'il pressent et qu'il appréhende qui le rend si sombre? Est-ce le souvenir des attaques infondées, des moqueries et des méchancetés gratuites subies encore récemment qui le rend si pessimiste? Est-ce la trahison possible de ses proches, ces proches qu'il sait bien faibles au fond, et peu capables de tenir devant les pressions des opposants et contradicteurs de tous bords? Est-ce sa force d'âme et sa conviction d'être dans le droit fil de la volonté divine qui flanche tout à coup?

C'est en effet un texte étonnant (Luc 21: 25-36) qui nous est proposé pour la période de l'Avent, période au cours de laquelle nous préparons nos coeurs à la célébration de Noël. Au lieu d'une attente joyeuse remplie de préparatifs fébriles, on a la perspective peu réjouissante de dissensions familiales et de guerres meurtrières, de tsunamis et de raz de marée destructeurs, de tremblements de terre et de glissements de terrain dévastateurs, d'ouragans et de tornades balayant tout sur leur passage. Et au milieu de tous ces cataclysmes, une arrivée céleste étrange, celle d'un être puissant et glorieux, le fils de l'homme trônant sur un imposant cortège de nuages.

D'aucuns tenteront sans doute de trouver une explication plus ou moins rationnelle à ce texte apocalyptique déconcertant et apparemment si peu approprié à cette époque de l'année où nous nous apprêtons aux réjouissances tant attendues du temps de Noël.

Loin de moi d'en faire autant...

Il est vrai que l'Histoire humaine semble souvent absurde et incompréhensible, s'égarant dans les mêmes chemins sans issue, retombant sans cesse dans les mêmes ornières, et repassant par les mêmes erreurs de parcours. Et en voyant ce qui se passe dans le monde autour de nous, on a souvent l'impression de vivre et de revivre des évènements qui se répètent à l'infini sous différentes formes.

Il ne faut pas se leurrer. Quoi qu'en disent certains, nous ne pourrons jamais percer tous les mystères qui nous posent question. Et il est fort probable que nous risquons de ne pas trouver toutes les réponses aux interrogations qui agitent notre coeur.

Mais une chose est sûre, c'est qu'au milieu de toutes ces incertitudes, au milieu de toutes les turpitudes humaines, au milieu de tous les bouleversements passés, présents et à venir évoqués dans ce passage, le Seigneur est là. Et sa seule présence est comme un rai d'espérance dans un ciel d'orage. C'est l'assurance que, quoiqu'il arrive, nous ne sommes pas seuls. Il est présent. Il veille sur nous. Il nous le dit et le redit, et il veut nous encourager.

"Redressez-vous et relevez la tête !" continue Jésus au v.28.

Comme la femme courbée de la synagogue où il enseignait un jour de sabbat (Luc 13:13) , "redressez-vous et relevez la tête", la guérison est proche...

Ne nous laissons pas effrayer par tout ce que nous voyons autour de nous. Ne nous laissons pas courber par le vent des tourmentes personnelles, sociales ou politiques. Ne nous laissons pas écraser par les oppositions ou les injustices que nous subissons.

Et Jésus de compléter sa phrase: "Redressez-vous et relevez la tête, parce que votre délivrance et proche !"

Dieu agit dans le monde et dans nos vies.

Du mal il peut tirer du bien, comme dans l'histoire du Joseph de l'Ancien Testament, le fils de Jacob, vendu comme esclave par ses frères et élevé miraculeusement aux plus hautes responsabilités dans le pays d'Egypte.

Redressez-vous au milieu des difficultés de l'existence, et tenez la tête haute contre vents et marées, comme David persécuté par Saül reprenant courage malgré tout grâce aux encouragements divins.

"Redressez-vous et relevez la tête", comme Elizabeth la stérile qui apprend qu'elle va mettre au monde le précurseur du Messie et l'annonceur de la bonne nouvelle de sa venue.

"Redressez-vous et relevez la tête" parce que Noël arrive, et que, par sa venue sur terre comme un tout petit enfant, Dieu prépare notre délivrance, et qu'elle est proche.

"Redressez-vous et relevez la tête" parce qu'au fond des ténèbres où nous marchons, une grande clarté apparaît, et que, sur nous qui habitons le pays de l'ombre de la mort, une lumière resplendit. (Esaïe 9:1)

"Redressez-vous et relevez la tête" parce que, dans quelques semaines, nous pourrons ensemble célébrer l'anniversaire de la naissance de notre Sauveur et Seigneur, Jésus, le Christ, le Messie tant attendu par le peuple d'Israël.

"Redressez-vous et relevez la tête!" parce qu'avec Dieu, rien n'est jamais perdu, et qu'il y a toujours une espérance !

Oui, c'est bien là le message merveilleux de Noël...

Alors restons éveillés et prions en tout temps pour préparer nos coeurs à célébrer Noël et nous présenter debout devant Celui en qui nous croyons, le Dieu de Jésus-Christ. (v.36)

         

Anniel Hatton

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 21:07

DSCN3237.JPGIls vont embarquer… Il est 18h15 au Terminal 2B et l'avion est à l'heure. Comme à chaque fois, j'ai un petit pincement au cœur en disant adieu à une famille de Wishes4kids. Cette association britannique tente d'exaucer le vœu le plus cher d'un enfant malade en fin de vie, ou atteint d'un handicap très lourd. Les plus petits d'entre eux n'ont qu'un seul désir, c'est d'aller à Disneyland. Alors l'association leur offre le voyage de leurs rêves tous frais payés. C'est le cas de cette fillette trisomique souriante et joyeuse accompagnée par sa famille. Lundi, je les ai accueillis à l'arrivée de l'avion, et aujourd'hui mercredi, c'est le moment du retour. Afin que ce soit moins difficile pour eux de reprendre pied dans la réalité, je les ai aidés à effectuer les formalités d'enregistrement. Puis, après avoir longuement écouté les parents me raconter leur vie parsemée de joies et d'épreuves de toutes sortes, j'ai joué avec la fillette, l'aidant à coller des stickers sur un album coloré offert par l'aéroport…

Déjà deux heures d'écoulées ! Le temps passe plus vite qu'on ne croit, même quand on attend en salle d'embarquement. L'agent d'escale vient de faire son annonce: c'est l'heure. Il faut y aller. "Ma" famille se lève et se dirige vers la passerelle lorsqu'au moment de s'éloigner la jeune mère se ravise. Elle se retourne tout à coup vers moi en un élan rempli d'affection et m'embrasse. Puis elle s'éloigne. Elle a les larmes aux yeux. Alors que, toute émue, je me fraye un chemin dans la salle d'embarquement pratiquement comble, je m'aperçois que des regards ébahis suivent ma progression. C'est que j'ai un dossard "aumônerie protestante" et que la jeune femme qui vient de m'étreindre avec effusion porte un voile et est ostensiblement musulmane…

 

En tant que pasteure de l'aumônerie protestante de l'aéroport de Roissy, même si je me dois de répondre en premier lieu aux demandes des protestants, ou des chrétiens en général, je ne fais acception de personne, et je suis au service de tous ceux qui font appel à moi, quels qu'ils soient.

 DSCN3622.JPG

Hier, c'était un réfugié d'un certain âge accueilli il y a plusieurs mois par l'équipe de la Croix Rouge du Terminal 1. A l'instar de nombre de ses pareils, il revient de temps à autre voir ceux qui lui ont témoigné un peu d'amitié et de compassion à son arrivée sur le territoire français. Il est vrai que, comme ses capacités linguistiques sont limitées, nos conversations ne vont pas très loin. Mais l'important pour lui, c'est de se sentir accepté en tant que personne… Quelques minutes après l'avoir croisé et échangé quelques mots avec lui, alors que j'arpente un des nombreux tapis roulants du Terminal 2  j'entends des pas pressés derrière moi. C'est ce même homme qui vient de me rattraper et qui, avec un sourire un peu embarrassé, m'offre deux roses qu'il a sorties de son sac usé jusqu'à la corde…

 

Anniel Hatton

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 15:45

DSCN1415.JPG

Seigneur, je suis fatiguée,

lassée de me baisser, de frotter, de récurer,

de ramasser les papiers gras tombés par terre,

et qu'une main négligente a lâchés

à quelques centimètres de la poubelle…

pourtant presque vide.

 

Mon corps est usé, Seigneur,

par tous ces durs travaux

sans cesse recommencés

que personne ne remarque,

sauf s'ils ne sont pas faits.

 

Les gens passent à côté de moi,

Et c'est comme si je n'existais pas.

J'ai parfois l'impression d'être invisible,

Et que les regards me traversent sans me voir.

 

Aide-moi à me rappeler, Seigneur,

Qu'à tes yeux tout travail bien fait est précieux.

Merci de de me considérer comme importante,

Et, même si je suis tout en bas de l'échelle sociale,

De me donner le sentiment que tu m'aimes telle que je suis.

 

Amen

 

Pasteure Anniel Hatton, aumônier protestant à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle

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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 10:00

peche2.gifSept disciples de Jésus reviennent bredouilles d'une longue nuit de veille passée à pêcher sur le lac de Tibériade. Alors qu’ils s’approchent du bord, ils ont l'immense surprise de découvrir Jésus ressuscité, là, sur la rive. Tout d'abord, ils ne le reconnaissent pas. Est-ce la lumière insuffisante du petit matin qui les empêche de l’identifier? Ou tout simplement qu'ils ne s'attendent pas à le voir en ce lieu? Pourtant, sans encore savoir qui il est, sur son ordre, et malgré l'inanité des efforts fournis jusqu'ici, ils reprennent le travail interrompu. Bien leur en prend puisqu'ils font soudain l'expérience inattendue d'une nouvelle pêche miraculeuse. Et c'est alors que leurs yeux s'ouvrent, et qu'ils reconnaissent leur Maître en cet homme solitaire au regard bienveillant debout sur le rivage.

Tandis qu’ils s’échinent à tirer leur lourde charge en joignant leurs forces, ils voient au loin un minuscule point de lumière vacillant dans la demi pénombre: c’est un feu de braise, autour duquel Jésus s'affaire.

Dès que les pêcheurs ont réussi à ramener à bon port le filet débordant de poissons, il les invite à un pique-nique matinal à la bonne franquette. Sur le feu, du poisson cuit déjà. Où se l'est-il procuré? Nul ne le sait. Mais peu importe. En tous cas, lorsque les disciples arrivent à ses côtés, Jésus les invite au partage: du poisson et du pain, repas simple s'il en est, au cours duquel règne la chaleur fraternelle et l'attention mutuelle. Puis, comme ils sont tout de même assez nombreux, il leur demande de participer au repas en y ajoutant une partie du produit de leur pêche.

Jean ne nous raconte pas par le menu de quoi les disciples ont parlé avec leur Maître retrouvé. Il ne reprend qu'une bribe du dialogue de Jésus avec Pierre… dialogue instauré sans doute pour renouer les fils du contact brisé par le reniement du disciple après l'arrestation de son maître. Mais même si l'auteur de ces lignes ne se répand pas en détails sur ce qui s'est passé ce matin-là à l'aube, on a le sentiment qu'y règne une communion fraternelle restaurée et une reprise de l'amitié interrompue par les évènements tragiques qui se sont déroulés si peu de temps auparavant. Le feu allumé par Jésus en est le symbole, symbole à la fois de la chaleur amicale qu'il insuffle à ces moments de retrouvailles, symbole aussi de la destruction définitive d'un passé marqué par la lâcheté et la trahison de ses proches au moment le plus douloureux de son existence. Quant aux aliments partagés ensemble, du poisson et du pain, nourriture de base pour les pêcheurs que sont les sept disciples ce jour-là, ils montrent une fois de plus à quel point Jésus peut être attentif aux besoins élémentaires de ceux qui lui font face. Et il y répond le plus simplement du monde par le don et le partage de cette nourriture frugale.

C'est ainsi que Jésus nous attend aux tournants de notre existence, lorsque les échecs s'accumulent et que l'avenir peut sembler incertain, ou que les projets que nous faisons tardent à trouver leur accomplissement. Il est là, au bord de notre vie, quand nous nous sentons usés et découragés. Il nous donne de quoi vivre et nous sustenter, juste ce qui est nécessaire. Jamais de superflu. Et dans un monde où l'individualisme et la solitude règnent bien souvent, il relève ces simples plats de base des épices du partage et de la fraternité.

Pasteure Anniel Hatton, aumônier protestant de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 13:59

DSCN3036.JPG« Je suis en transit, et mon avion ne décolle qu’à 19h. Quel bonheur que d’entendre des chants de Pâques à l’aéroport ! » Celle qui s’exprime en ces mots est une petite dame au visage souriant qui arbore une grande croix sur un pull très coloré. Catholique, elle se réjouit de ce qui est pour elle une bonne surprise à laquelle elle ne s’attendait pas.

Nous sommes le samedi de la semaine sainte, et depuis le début de l’après-midi, le terminal 1 résonne de mélodies rythmées célébrant la joie de cette fête de Pâques qui ne constitue, pour beaucoup, que le début des vacances scolaires. DSCN3033.JPG

Composée de choristes et d’instrumentistes appartenant à différentes églises protestantes du sud des Yvelines qui se retrouvent chaque semaine pour répéter des chants très variés, la chorale Yvelines Espoir a ainsi permis aux passagers et au personnel de l’aéroport de Roissy de célébrer Pâques en musique et dans la joie.

Pasteure Anniel Hatton, aumônier protestant à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle

DSCN3029.JPGDSCN3032.JPG

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 14:12

MaryMagdaleneTomb.jpgL’énigme de la pierre déplacée

Il fait encore sombre. C'est l'heure indécise où le jour se lève et où les formes du paysage sont encore imprécises. Une femme au visage défait marche à pas pressés vers un jardin du Mont Golgotha. C'est Marie de Magdala qui se hâte ainsi, le cœur lourd, et les yeux encore remplis d'un trop plein de larmes qu'elle tente en vain de refouler. Elle se dirige vers un tombeau où, trois jours auparavant, un corps sans vie a été déposé. C'est celui de Jésus de Nazareth, cet homme bon et compatissant qu'avec une poignée de disciples, elle a suivi pendant des mois et des mois, et qui a été crucifié, supplice horrible s'il en est.

Marie n'est pas encore parvenue à son but que, de loin, elle voit que quelque chose ne va pas. Elle se frotte les yeux, incrédule. Mais que se passe-t-il? L'énorme pierre qui fermait le sépulcre a été roulée...Qui a pu faire une telle chose ? Et pourquoi ? S’agit-il d’un excès de précaution des autorités politiques et religieuses en place pour éviter une éventuelle récupération de cette exécution par leurs opposants toujours si actifs ? Quelle est la raison de cette étrange énigme ? Alors que des pensées tumultueuses agitent son esprit, Marie s'approche en tremblant, se demandant ce qu'elle va trouver en ce lieu. Le tombeau a-t-il été profané?

A peine arrivée, elle découvre que le corps, qui y avait été déposé avec toutes les précautions possibles et inimaginables, a disparu. Le tombeau est vide… désespérément vide. Le deuil de Marie de Magdala est alors redoublé avec cette disparition énigmatique.

La voilà donc confrontée avec une deuxième énigme, l’énigme du tombeau vide 

            Qui a bien pu subtiliser le corps ? Marie ne sait que faire. Dans son désarroi, elle se précipite vers les autres disciples pour les prévenir… Peut-être sauront-ils, eux, ce qui se passe. Peut-être auront-ils une idée de ce qui a bien pu se produire. Peut-être ont-ils déjà la clé de cette énigme?

            Or la déconvenue est grande pour la pauvre Marie de Magdala. Les disciples de Jésus sont tout aussi déconcertés qu'elle. Marie n'est pas plus avancée après son entretien avec eux qu'auparavant. Et la voilà repartie, le cœur alourdi par le poids de l'incompréhension et l’inquiétude. Ses pas la portent machinalement vers le jardin qu'elle avait quitté quelques instants plus tôt… Réaction somme toute on ne peut plus normale !Comme pour vérifier qu'elle n'a pas eu la berlue, quelques heures auparavant, elle s'approche du sépulcre tout en pleurant. 

Et là, voilà qu’une troisième énigme s’offre à elle : l’énigme des squatteurs de tombeau

 Marie s'aperçoit que la situation a évolué depuis son premier passage, et que l'anfractuosité creusée dans le rocher pour en faire un tombeau n'est plus vide. Deux hommes en vêtements blancs resplendissants, et ressemblant à des anges s'y trouvent, l'un à la tête de l'endroit où avait été étendu le corps, l'autre aux pieds. Que peuvent-ils bien faire là ? A quoi rime leur présence en ce lieu? De plus, non contents d’être là, les deux hommes commencent à parler. Et ils s’adressent à elle : "Pourquoi pleures-tu?" l’interrogent-ils. A peine Marie a-t-elle balbutié une réponse qu’embarrassée, elle se détourne pour cacher son visage souillé de larmes… C’est tout de même gênant pour une femme adulte que d’être vue en telle posture !

Et, quatrième énigme, elle aperçoit alors un autre homme, un inconnu lui aussi, un jardinier probablement. 

            Que de monde tout à coup dans ce jardin ! L’homme est debout derrière elle et la regarde en souriant. Puis il l'interroge. Allons bon! C'est bien le moment de répondre à des interrogatoires! C’est vrai qu’il a quelque chose de familier, cet homme, mais quand on est dans le désespoir le plus total, on ne comprend plus rien, et on est vite pris au dépourvu devant une situation inédite et imprévue. La pauvre Marie est profondément perturbée par tous ces évènements qu’elle ne comprend pas. Elle ne sait plus où donner de la tête, bafouille une réponse, cherchant à se débarrasser de celui qu'elle prend pour le jardinier du lieu.

"Marie!" s'écrie alors l'homme. Et voilà que sur ce seul mot, son propre nom, le voile qui obscurcissait l'esprit de Marie de Magdala se déchire. Elle ne sait pas comment cela a bien pu se passer, mais elle comprend soudain que c'est bien Jésus qui est là, devant elle. Il est revenu à la vie! Il est ressuscité!

Marie ne pose plus de questions. Elle ne cherche pas à savoir le pourquoi, le comment ou le but de cette quadruple énigme. Elle sait seulement une chose, c’est que Jésus est là, ressuscité, devant elle, et que c’est tout ce qui compte. Le poids qui pesait sur son cœur s'est envolé, et tout son être bat à l'unisson de la nature ensoleillée, des oiseaux qui chantent autour d'elle, et que, depuis trois jours, elle ne voyait plus ni n'entendait plus.

Tout à coup, elle revit : « Maître! », s'écrie-t-elle avec une reconnaissance éperdue devant cet inattendu de Dieu qu’elle n’aurait jamais osé espérer. « Maître! »

 "Va!" lui dit alors Jésus, "et raconte ce que tu as vu." Sans plus attendre, il fait de cette femme éplorée et fragilisée une messagère, une prédicatrice de la bonne nouvelle de sa résurrection, et l’envoie en témoin sur les chemins de la vie avec une force renouvelée et une espérance nouvelle. 

Dans nos vies souvent remplies de peine, d'incompréhension, et d’énigmes plus ou moins douloureuses que nous ne savons pas toujours résoudre, Jésus vient ainsi se manifester, et nous dire: "Pourquoi pleures-tu? Je suis là! Je suis ressuscité!  Je suis vivant pour toujours! Et je veux t'aider à vivre ton quotidien, facile ou difficile, certain ou incertain, triste ou joyeux. Je suis là avec toi, quoi qu’il arrive, et je t'accompagnerai tous les jours de ta vie."

 

Pasteure Anniel Hatton, aumônier protestant à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 13:29

DSCN2823.JPG"Tous nos vœux ! Permettez-nous de vous offrir le calendrier interreligieux de l'aéroport…"

 

Un sourire, quelques mots aimables, deux ou trois mots de présentation. Et voilà le contact établi avec les vendeurs des boutiques aéroportuaires. En début d'année, une bonne partie de notre temps se passe ainsi à des distributions systématiques de calendriers dans les bureaux ou les espaces commerciaux des plateformes parisiennes.

 

La cafétéria du terminal 1 ressemble à une ruche bourdonnante. De nombreux membres du personnel au sol s'y retrouvent quotidiennement pour partager un repas. Pour certains d'entre eux, c'est le seul moment où ils peuvent se retrouver entre eux s'ils ne travaillent pas dans le même secteur. De plus, on y est accueilli avec un sourire par le personnel de service, ce qui n'est pas négligeable. Et finalement, à force d'y venir, on se fait de nouvelles connaissances et on tisse des liens avec les uns ou les autres.

 

J'ai rendez-vous avec Lynda Abrahami, la responsable du Pôle Communication de l'aéroport. Dynamique et résolue, Lynda est une personne à l'abord très sympathique et au regard attentif. Curieuse de mieux connaître le monde autour d'elle, ouverte à tous les êtres humains qui l'entourent, c'est une voyageuse invétérée et passionnée de musique Gospel.

 

Au cours de la conversation, je découvre que c'est d'elle que vient cette idée originale de calendrier DSCN2824.JPGinterreligieux. Euréka! Depuis que je suis à l'aéroport, je n'avais pu obtenir jusqu'ici que des réponses approximatives à mes questions sur ce point…

 

Longtemps, Lynda s'était interrogée sur la raison pour laquelle, dans un pays qui tient autant à la laïcité que la France, tous les calendriers proposés par des services de l'Etat ne contenaient que les fêtes chrétiennes. Un jour l'idée lui vient d'en composer un pour son lieu de travail avec les fêtes des trois grandes religions monothéistes.

 

Elle prend alors contact avec deux des aumôniers de l'époque, une religieuse catholique, Sœur Bernadette, et le pasteur Jean-Pierre Dassonville, représentant à CDG de la Fédération Protestante. Ensemble, ils jettent les bases préliminaires de ce projet. Ils commencent par réfléchir au format le plus pratique pour tous, assez petit pour tenir dans une poche, assez grand pour ménager les yeux fatigués des plus âgés.

Puis ils se préoccupent du contenu. Que faut-il y inclure en plus des dates des diverses célébrations? C'est ainsi que seront précisés la localisation des centres spirituels et les noms des aumôniers des différents cultes. Notre trio passe ensuite à l'étape suivante: s'assurer de la collaboration amicale et régulière des collègues rabbins et imams.

 

Et c'est ainsi qu'en 2006 le premier calendrier interreligieux des aéroports de Paris voit le jour.

 

Au cours des années, des améliorations lui seront apportées. La réflexion de ses concepteurs s'élargit en effet à l'aspect pédagogique du projet. Pourquoi ne pas insérer une courte explication d'une ou deux fêtes de chaque religion pour permettre à chacun d'apprendre à connaître celui ou celle qu'il côtoie parfois au quotidien?

 

Quand j'interroge Lynda sur son but premier en ébauchant son projet initial, elle me répond en termes d'humble contribution à la paix entre les peuples, de tolérance mutuelle entre les différents cultes, et d'acceptation de l'autre dans sa différence.

 

Pasteure Anniel Hatton, aumônier protestant à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle

 

NB : ce calendrier interreligieux est disponible toute l’année dans chaque centre spirituel aéroportuaire

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