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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 20:25

 

 

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Entendu à Roissy:


En passant devant le centre spirituel du T2F, une passagère s'exclame: "Je n'aime pas ces salles de prière... Elles me terrifient!" Puis elle ajoute: "Les gens qui ont la foi me font peur..."


Un accueillant d'Euro-Disney, avec lequel je taille une bavette pendant qu'il attend ses "clients", finit par me dire au moment où je prends congé: "Parler de foi de nos jours, c'est dangereux. Moi, je m'abstiens!"


Une femme médecin en transit s'apprête à se rendre dans un pays du Tiers-Monde où elle va pouvoir travailler à la rééducation d'handicapés moteurs très atteints. Après un moment de prière en commun, elle déclare: "La foi est essentielle pour vivre. C'est ce qui me donne la force de faire ce que je fais au quotidien."


Quant à une jeune femme qui occupe un poste d'agent d'escale dans une grande compagnie aérienne, elle avoue que, sans la foi, elle aurait bien du mal à exercer son métier correctement: "La foi, c'est ce qui m'aide à garder ma maîtrise de moi vis-à-vis des passagers les plus désagréables ", dit-elle avec la plus grande conviction. "Quand je sens que je risque de craquer, je lance une petite prière vers le haut, et je me sens mieux..."

   

                                                                                         Anniel Hatton

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 06:43

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Méditation apportée par l'aumônier catholique de l'aéroport de Paris-Orly à l'occasion de la célébration œcuménique de la semaine de l'unité, le 22 février

Textes du jour: Esaïe 57: 14-15; 1 Cor.1:4-10; Marc 9: 33-37

 


Tous unis! Ce n'est pas si simple ! Nous sommes tellement différents: par nos origines, nos sensibilités, notre histoire, nos choix, les valeurs que nous défendons.

Oui, tous unis ! Mais chacun de nous est unique !

Tous unis ! Mais nous risquerions de devenir uniformes !  Et ça ne passerait pas du tout. L'uniforme infantilise. Il ennuie.

Tous unis! Mais nous n'aimons pas les mêmes chansons, ni les mêmes prêtres, ni les mêmes pasteurs, ni les mêmes théologiens, ni les mêmes modèles de croyants.

Pourtant, l'invitation de Jésus est fondamentale: que tous soient un.

D'abord, c'est une prière. Comme si l'unité n'était pas acquise d'emblée, facilement, magnifiquement, voire même définitivement.

Et puis, il ne s'agit pas d'union sur une idée, encore moins sur un programme, un aspect des choses de la foi, ou sur un détail.

Comme vous l'avez remarqué, Jésus nous appelle à autre chose que l'uniformité ou l'union. Il nous appelle à l'unité, à la manière qui est en Dieu, Père et Fils: Que tous soient un, comme Toi, Père, tu es en moi et moi en Toi !

Nous voilà invités à vivre en croyants, dans une unité profonde et naturelle qui épouse la personnalité de chacun. Une unité en profondeur, dans le respect des différences. Une unité à la base dans la liberté des particularités. Une unité absolue, dans la recherche légitime à l'intérieur de notre vocation propre. Une unité parfaite dans la nécessité d'aller jusqu'au bout de nos intuitions personnelles.

Une unité sur le modèle d'une croix: ça tire vers le haut, mais ça ne va pas sans écartèlement, à droite et à gauche, dans tous les sens.

L'unité de la foi comporte une exigence radicale: aller tous en avant dans la fidélité à Jésus-Christ. L'unité de la foi suppose que nous fassions Eglise ensemble, à travers la multiplicité de nos parcours et de nos discours.

Souvenez-vous: "Moi en eux!" dit Jésus. C'est-à-dire qu'on ne triche pas avec  Sa personne et Son message.

"Toi en Moi", ajoute-t-il. C'est-à-dire que la foi n'est pas le produit de nos constructions humaines et de nos idées personnelles. La foi n'est pas une religion inventée par les hommes. La foi vient du secret que Dieu révèle aux douze apôtres, à l'Eglise ensuite, à Jésus, son Fils unique.

Comme vous le savez, au temps de Marc, l'Eglise était persécutée, et elle avait sans doute tendance à se refermer sur elle-même, à compter ses militants et ses forces. Ce que dénonce Jésus, c'est l'esprit de clocher qui guette tout groupe humain. Aucune communauté ne peut revendiquer le monopole de l'Esprit-Saint. Aucun disciple ne peut revendiquer le monopole des bonnes actions. L'Evangile nous pousse à l'ouverture aux autres et au monde.

L'appel est exigeant, car il nous demande d'ouvrir les yeux sur ce qui se vit autour de nous, et au-delà de nos communautés chrétiennes, pour reconnaître que l'Esprit Saint y est aussi à l'œuvre. Une fois de plus, cet Evangile nous bouscule. Les propos sont durs et étonnants. Nous devons prêter attention à ne pas dresser d'obstacles sur la route des croyants. L'avertissement est radical pour chaque personne et pour toute communauté qui se rassemble au nom du Christ. Il nous faut lire au-delà des mots et des images: l'appel à la conversion est urgent.

Il faut choisir résolument la vie avec le Christ. Alors notre vie ne sera pas fade ! Mais elle sera au contraire remplie de la joie et de la paix du Christ.

Oui, Jésus ne divise pas, mais il rassemble les croyants dans une même foi et un même amour !

 

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans La vie des aumôneries
25 décembre 2013 3 25 /12 /décembre /2013 08:28

 

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Culte de Noël à l'aéroport d'Orly

aujourd'hui, 25 décembre à 17h... 


Bienvenue à tous ceux qui passent par là,

passagers, accompagnants et/ou salariés!

 


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5 novembre 2013 2 05 /11 /novembre /2013 05:28

 

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Grand et mince, il marche d'un air décontracté dans les galeries et les coursives de l'aéroport. Un badge discret au revers de son veston le désigne comme l'aumônier protestant d'Orly. Un salarié de l'aéroport l'aperçoit, se dirige vers lui et l'attire à l'écart. Il a apparemment besoin de parler à quelqu'un. Et l'aumônier, qu'il connaît manifestement très bien, lui semble la personne la mieux placée pour écouter ses soucis.

 

Stéphane Hervé est pasteur de l'Eglise Protestante Unie et va maintenant être appelé à exercer d'autres fonctions dans ce cadre. A l'occasion de son départ, il a accepté de répondre à quelques questions sur son parcours personnel.

Stéphane, tu n'as pas toujours été aumônier sur une plateforme aéroportuaire. As-tu exercé en paroisse avant de venir à Aéroports de Paris?

Oui, après deux suffragances -remplacements- au début de mon ministère sur les paroisses de Briançon-Queyras et d'Aulnay-sous-Bois,  j'ai occupé le poste pastoral de Nanteuil-les-Meaux/Coulommiers en Seine-et-Marne. C'était une paroisse de dissémination couvrant pratiquement la moitié du département. Mais après sept années passé en pays briard, j'ai souhaité découvrir une autre forme de présence de l'Eglise au monde, dans un cadre où à priori nous ne sommes pas attendus. C'est ainsi que j'ai accepté, en concertation avec mon Eglise, le poste d'aumônier aux aéroports.

Depuis combien de temps exerces-tu ce ministère très particulier? 

Je suis arrivé sur la plateforme d'Orly en septembre 2007. J'aurai donc passé six années ici sur cet aéroport.

Quel genre d'aéroport est Orly? 

C'est un aéroport en mutation. Lorsque je suis arrivé ici, Orly desservait essentiellement les territoires du Maghreb et de France. Aujourd'hui, cet aéroport est en pleine expansion. Il dessert l'ensemble de l'Europe jusqu'en Russie, et aussi les États-Unis. Cet aéroport retrouve pleinement une envergure internationale, et cela se ressent sur les gens que nous côtoyons quotidiennement.

 A quoi ressemble la journée d'un aumônier? Certaines personnes n'imaginent même pas ce qu'un aumônier peut faire dans un endroit pareil et à quoi il peut bien servir…

 C'est vrai et pourtant ce lieu est loin d'être neutre. S'il est pour la plupart d'entre nous synonyme de voyages, d'évasions, la réalité est souvent différente. C'est un lieu chargé d'émotion. On s'y retrouve, on s'y sépare aussi. On y part pour retrouver la famille à l'occasion d'événements joyeux ou tristes. L'aéroport est finalement un concentré de vie. Dans ce contexte, nous sommes amenés à partager les joies, mais plus souvent la détresse des passagers.

Et puis, une aumônerie dans un aéroport est lieu empreint de neutralité; ceux qui la fréquentent et qui se confient à nous, s'y sentent -à tort ou à raison- plus en confiance et moins jugés que dans une institution religieuse plus officielle. Le plus souvent, il s'agit d'une rencontre unique, sans lendemain; ce sont des circonstances favorables à la franchise et à un "lâcher-prise". Un dialogue se réinstaure  parfois.

C'est ainsi que j'ai envisagé mon ministère sur Orly, en privilégiant le rencontre et l'écoute aux aspects purement religieux.

Tu participes en tant que représentant de l'aumônerie protestante aéroportuaire aux commémorations annuelles du crash de l'avion Rio-Paris de 2009. En quoi la présence d'un aumônier est-elle utile dans ce genre de circonstances?

 Toute personnes concernée directement par un drame tel que celui du crash du vol Rio-Paris est confronté à une remise en question violente du sens de l'existence et parfois de son absurdité. Là encore, il me paraît important de mettre en avant la relation et l'écoute. Il s'agit pour moi très clairement de prendre en compte la détresse des familles. Proclamer d'emblée la résurrection est une seconde gifle qu'on inflige aux familles endeuillées, comme si l'on ne voulait pas écouter leur colère et leurs doutes. Il s'agit véritablement d'un accompagnement, d'un cheminement qui doit conduire les familles à se dire qu'elles peuvent avec le temps faire l'expérience de résurrections dans leur vie. C'est pourquoi il me semble important qu'une même équipe d'aumôniers soit chaque année présente lors des commémorations.

Quel(s) souvenir(s) retiendras-tu de ces six années passées sur la plateforme aéroportuaire d'Orly?

C'est une expérience que je souhaite à beaucoup de ministres des cultes. J'ai eu l'impression au cours de cette expérience de revenir à l'essentiel. Mettre au cœur de ma foi non pas la pratique religieuse mais mon prochain. Ce fut pour moi une démarche et une expérience "très pastorale".

 

  propos recueillis par Anniel Hatton

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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 08:10

 

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Lorsqu’un moment de prière et de partage biblique est annoncé à la sono de l’aéroport, on ne sait jamais qui va venir: passagers, membres du personnel? Parfois, l’aumônier se retrouve seul. Mais, au cours des années, il peut y avoir des « mordus de la prière » qui viennent régulièrement, et avec qui, d’une certaine manière, on tisse des liens privilégiés. C’est le cas de Catherine, qui s’est sentie un jour interpellée par Dieu, et qui est devenue une des « fidèles » du temps de prière au terminal 1 de CDG.

Catherine tu travailles dans un service de l’aéroport de Roissy depuis bien des années. Un jour, tu as décidé de venir à l’aumônerie du Terminal 1. Qu’est-ce qui t’a poussée à faire ce pas de rentrer dans le centre spirituel?

En fait, c’est grâce à une collègue de travail qui, quoi qu’il arrive, allait tous les mercredis à un rendez-vous. Cela m’intriguait énormément, car je me demandais ce qui pouvait être si important pour qu’elle abandonne ainsi ses tâches. Intriguée, je finis par lui poser la question. Elle me répondit le plus simplement du monde, comme si c’était une évidence : « Je vais à l’aumônerie, viens avec moi ». C’était à l’hiver 2011.

Si je me souviens bien, quand je t’ai vue arriver pour la première fois, bien que d’origine catholique, tu ne connaissais pas grand-chose de la Bible. Quelques temps auparavant, tu avais ressenti un appel du Seigneur, et tu voulais apprendre à connaître ce Dieu qui s’était ainsi manifesté dans ta vie. Je t’ai donné un Nouveau Testament que tu as commencé à lire. Qu’est-ce que cette lecture t’a apportée?

Hier, des questionnements. Aujourd’hui, des réponses à mes questions. J’aime me plonger, et m’imprégner des témoignages de l’histoire de l’humanité, notre humanité en perpétuelle mouvance sur un A-venir. J’aime le fait que la Bible traverse toutes les époques et s’adresse à chacun d’entre nous en tous temps. J’aime lire, et tu as placé entre mes mains La source de vie. Ces écrits qui témoignent d’un A-VENIR en perpétuelle mouvance. Paroles saintes qui permettent de revenir à notre Etre intérieur, celui qui réchauffe et amène vers l’autre. Christ en nous plein de douceur, de tendresse et de chaleur. Dieu nous aime tant qu’il veut nous faire participer à sa Sainteté c’est pour cela qu’il a transmis les tables de la Loi et les textes des béatitudes, il veut nous faire participer à son bonheur. Et surtout, j’ai découvert à travers cette lecture la notion de Libre arbitre. Je peux me détourner de Dieu, lui reste présent.

Tu m’as dit que tu avais fait une démarche de conversion spirituelle. Comment ce retour vers Dieu s’est-il passé? Est-ce que cela a changé quelque chose dans ta vie?

Conversion = retournement. Il y a effectivement un avant et un après. L’appel de Dieu est unique, puisque nous sommes tous uniques  à ses yeux. En ce qui me concerne, mon retour vers lui s’est fait tout en douceur sur plusieurs années à travers des signes, des évènements, des rencontres... Jusqu’à ce que je rencontre cette collègue qui m’a amenée à l’aumônerie de l’aéroport. Je tiens quand même à préciser que je suis née à l’étranger, et que cette personne est née dans le même hôpital que moi. En discutant ensemble, nous avons découvert que nos routes s’étaient déjà croisées à plusieurs reprises!  A partir de cette rencontre, il y a eu une accélération du mouvement. Peu de temps avant cette rencontre, un événement est intervenu, me laissant dans l’expectative complète. J’avais la sensation qu’il s’agissait d’une intervention Divine mais comment en parler, et à qui? Je sentais au plus profond de moi-même que cet évènement allait changer toute ma vie. Et ce fut le cas. Petit à petit, je m’habituais à la présence de Dieu en moi. J’éprouvais de plus en plus le désir de prier. Je devinais l’impératif de me débarrasser de cet ego qui fausse les relations, et empoisonne le cœur. Alors je me suis mise à réfléchir. Et puis, un jour, des paroles de la Bible se sont imposées à mon esprit : Obéis, Fais Confiance, Aime. C’est à la fois aussi simple et aussi compliqué que cela. Percevoir SA présence en toutes personnes mêmes chez les personnes qui nous agacent sérieusement est une vraie grâce du ciel et un travail quotidien. Pour répondre enfin à ta question: Oui, cela a transformé ma vie. En déposant ma souffrance au pied du Christ, il l’a transformée en Amour, Amour qu’il redistribue dans le monde. J’ai appris à m’abandonner à lui pour découvrir le bonheur. J’ai accepté qu’il délie les chaines de violence qui étaient les miennes pour qu’il les transforme en liens d’Amour. Espérer, guérir, relever, pardonner, obéir, faire confiance. Il y a une phrase de Goethe que j’aime beaucoup : "l’action porte en elle la magie, la grâce et le pouvoir..." J’ai juste posé un acte pour le suivre: ma Foi.

Tu as fait du chemin depuis notre première rencontre, un chemin jalonné de rencontres diverses, parfois positives parfois moins. As-tu eu le sentiment que Dieu t’accompagnait tout au long de ce chemin, malgré les aspérités qu’il pouvait comporter?

Maintenant, avec le recul,  je peux te répondre: oui, bien sûr. Je crois qu’il faut prendre le temps de relire les évènements de notre vie à l’aune de la croix de Jésus. C’est à ce moment-là, que nous pouvons comprendre que même les rencontres difficiles nous sont données pour nous permettre d’avancer et grandir spirituellement. Et s’il y a bien une chose qu’il m’a apprise, c’est que de tout mal peut jaillir le bien. Il attend de nous juste un OUI... Comme Marie devant l’ange Gabriel.

Aujourd’hui, tu es très engagée dans ta paroisse. Tout en te préparant à la confirmation, tu enseignes le catéchisme à des enfants de ton église locale. Pourquoi, toi qui es catholique, viens-tu à un moment de partage biblique et prière animé par des aumôniers protestants?

Puis-je me permettre de te poser à mon tour deux questions? N’avons-nous pas le même Dieu ? La Vie n’est-elle pas histoire d’ouverture vers l’autre ? La qualité de ton accueil y est pour beaucoup. Lorsque je t’ai fait part de mon intention d’intégrer mon Eglise, je ne me suis pas sentie rejetée.

En guise de conclusion, y  a-t-il un verset biblique qui te parle particulièrement et que tu voudrais partager avec les lecteurs de ces lignes?

Il y en a beaucoup mais je vais faire court: « C’est toi qui m’a formé les reins, qui m’a tissé au ventre de ma mère (…) mon âme, tu la connaissais bien, mes os n’étaient point cachés de toi quand je fus façonné dans le secret, brodé au profond de la terre. » (Ps 138, 13-15)

A travers ce verset je me reconnais enfant de Dieu. 


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propos recueillis par Anniel Hatton

 

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26 octobre 2013 6 26 /10 /octobre /2013 10:53

 

   Changements de postes au 1er novembre 2013


Aumônerie de Roissy-CDG

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aumônier protestant: pasteur Pierre de Mareuil

pierre.demareuil@adp.fr

tél.: 01 48 62 12 84

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Aumônerie de Paris-Orly

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aumônier protestant: pasteure Anniel Hatton

anniel.hatton.aumonier@adp.fr

tél.:01 49 75 01 52

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 06:36

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Elle est grande et brune au teint mat. Son visage empreint de mélancolie est rarement éclairé d'un sourire. Victime, comme beaucoup d'américains en ce début de millénaire, de la crise économique et des mutations ultrarapides de la vie moderne, elle a perdu travail et logement. Que faire? Comment garder l'estime de soi et des autres? L'incompréhension des proches, les conseils maladroits de ceux qui ne sont pas au fait de la situation, les reproches répétés finissent vite par dégénérer et par pousser au découragement. Brouillée avec sa famille, avec ce qui lui reste d'économies elle prend un jour un billet pour Paris. Et la voilà qui, munie d'un simple sac de voyage, "s'installe" à Roissy, dormant dans des recoins peu fréquentés et changeant fréquemment de "lieu de vie" pour ne pas se faire trop remarquer.

Avec moi, elle ne prétend parler que l'anglais, tandis qu'avec d'autres, elle essaie son français un peu rudimentaire. Nos conversations ne vont jamais très loin. Il est clair qu'elle ne fait confiance à personne. Quand, un jour, je lui demande son nom: "Appelez-moi Cléopâtre", me répond-elle. Et c'est ainsi que je m'adresserai à elle pendant ses quelques années de séjour sur la plateforme de CDG.

Souvent, en arrivant le matin, je la trouve endormie, recroquevillée derrière la porte d'une des synagogues de l'aéroport. "Je suis d'origine juive", me dit-elle un jour, tout en refusant que je contacte un des rabbins pour elle. "Et ça me sécurise de dormir dans la maison de Dieu. Là, j'ai l'impression d'être protégée."

Comme elle reste discrète, qu'elle ne gêne personne, et qu'elle essaie tant bien que mal de rester propre, quelques âmes charitables habituées de la plateforme lui glissent au passage une petite pièce ou un morceau de pain. Elle survit ainsi tant bien que mal pendant plusieurs années. "Ce qui est le plus dur", me dit-elle un jour, "ce sont les tentatives d'agression d'autres SDF ou d'hommes de passage. Quand on est une femme en situation de précarité, ils se croient tout permis. Et il me faut être sur le qui-vive en permanence. C'est usant, à force..."

Les mois passant, le visage de Cléopâtre se creuse, ses cheveux se teintent de gris à tel point qu'elle n'enlève plus le bonnet de laine qui les dissimule. Elle a de plus en plus de mal à se tenir aux règles d'hygiène les plus élémentaires qu'elle s'était fixées. Sa démarche se ralentit, et la lassitude qu'elle a accumulée aux cours de ses mois d'errance se fait plus prégnante. Malgré tout, elle refuse toujours obstinément l'aide que lui offrent les services sociaux présents sur la plateforme.

Un jour de grosse déprime, elle m'avoue, presqu'à son corps défendant, qu'elle veut trouver un moyen de sortir de là au plus vite... Quelques temps plus tard, je la croise au détour d'une coursive. Elle est vêtue de frais, arbore une nouvelle coupe de cheveux et semble avoir retrouvé toute son énergie perdue. Avec son sac de voyage flambant neuf, elle ne diffère en rien des passagers de l'aéroport qui arpentent les lieux. Une brève salutation, et la voilà qui disparaît à tout jamais...

Comme "Cléopâtre", de nombreux naufragés de l'existence atterrissent ainsi régulièrement à Roissy et y "vivent" pendant un temps plus ou moins long. Certains trouvent un moyen de s'en sortir s'ils acceptent la perche qui leur est tendue par les services sociaux, d'autres y restent indéfiniment et déclinent à vue d'oeil, tandis que passent à côté d'eux, sans un regard, et sans s'arrêter, passagers moyens et voyageurs fortunés aux bras alourdis par des sacs de grands couturiers ou de parfumeurs réputés... contraste flagrant et témoignage vivant de la profonde fracture qui mine nos sociétés modernes...

                                                                                                                                                            Anniel Hatton

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 09:47

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Saviez-vous qu'il y a des planches à voile à l'aéroport? Eh oui... Vous êtes peut-être passés devant sans les remarquer. De couleur orange ou bleue, loin de porter des passagers accompagnés de leur bagage, elles servent de panneau d'information mobile, que l'on peut installer aisément à tous les endroits stratégiques de l'aéroport.

Pour Protestants en Fête, il y en a une aux arrivées du terminal 2G, ce vendredi 27 septembre, montrant par là aux participants de ce grand moment festif qu'ils sont attendus.

A l'espace SNCF de l'aéroport et aux arrivées du T2F, ce sont deux stands ADP qui ont été installés, avec, à chaque fois, un des aumôniers pour y faire l'accueil.

Pierre de Mareuil est aumônier à CDG depuis quelques mois. C'est lui qui a eu l'idée d'organiser cet accueil.

 

Comment t'est venue cette idée et pourquoi?

J'avais entendu parler d'un projet d'accueil "Protestants en Fête" dans les grandes gares parisiennes et me suis tout de suite dit qu'il fallait organiser quelque chose à l'aéroport.

 

Est-ce que tu as rencontré des difficultés pour obtenir l'autorisation de la part des responsables de l'aéroport?

Aucune, au contraire ! Je ne savais pas exactement ce qu'il fallait demander. J'avais juste l'idée… J'ai reçu un accueil enthousiaste de notre directrice qui m'a spontanément proposé un matériel adapté à savoir des stands mobiles et ces fameuses "planches à voile"  utilisés par l'aéroport ou ses partenaires pour des accueils de salons ou autres événements.

 

Tu as passé toute ta journée de vendredi derrière un de ces stands. As-tu vu passer beaucoup de passagers se rendant à Protestants en Fête?

Certainement pas plus que les 2% que représentent les protestants en France !!! Mais quelques-uns se sont manifestés, et avaient besoin d'un renseignement pour se rendre à tel stand ou animation ou encore à leur hôtel. Le premier rencontré, à 8h30, était un chrétien malgache venant de Marseille pour tenir le stand de l'Eglise Protestante Malgache ! J'ai aussi eu l'occasion de parler avec quelques personnes qui ne venaient pas pour PEF mais qui se sont intéressées à cet événement...


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Alors, est-ce que cela valait vraiment la peine d'être là de 8h à 20h pour si peu?

Pour les personnes que j'ai pu aider, oui… Elles sont certainement arrivées plus facilement et plus sereinement à destination ! Et puis, il y a eu tous les autres voyageurs à la recherche de la gare SNCF (qui était juste sous nos pieds !), d'un bus, de tel ou tel terminal, des toilettes, des loueurs de voiture, ou du MacDo… Je n'ai pas chômé, et cela m'a donné l'occasion de quelques contacts sympathiques.

 

Que retires-tu d'un exercice de patience de ce genre pour ton ministère à l'aéroport?

Vu le flot presque incessant de passagers je n'ai pas eu beaucoup à patienter !

Etre en contact avec les gens, quelles que soient leurs demandes, les orienter ou simplement prendre un moment pour bavarder avec eux, assurer une présence discrète et souriante au sein de cette immense fourmilière qu'est l'aéroport est un aspect essentiel de mon service, de mon ministère à l'aéroport…  

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propos recueillis par Anniel Hatton

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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 05:40

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Je suis dans le RER B, et, comme tous les jours, je m'apprête à faire toute la ligne, d'un terminus à l'autre... Au fur et à mesure que le train monte vers le Nord parisien, la population change, et de BCBG passe à un style plus populaire.

A la station Gare du Nord, alors que le wagon s'est presque complètement vidé pour se remplir à nouveau d'une foule bigarrée et multiculturelle, un homme d'une quarantaine d'années, grand, vêtu d'un costume cravate sombre impeccable, et tenant à la main une petite sacoche noire, vient s'asseoir à mes côtés. Il fait très correct et se tient droit et raide sur son siège. Pendant un moment, il ne bouge pas. Puis, il commence à s'agiter un peu, et se tourne légèrement vers moi. Du coin de l'oeil, je remarque son regard qui s'attarde sur l'ordinateur que je tiens sur mes genoux. Je suis justement en train de mettre la dernière main à la méditation que je prononcerai aux cultes de dimanche prochain à l'aéroport.

Mon voisin semble mal à l'aise et remue tellement sur son siège que je me demande quelles peuvent bien être ses intentions, quand il s'écrie tout à coup:

- Madame, vous écrivez de la philosophie? 

- Pas vraiment, c'est plutôt de la théologie...

- Ah oui?

 Son ton est incertain. Il est clair qu'il ne sait pas de quoi je parle. Maintenant qu'il a ouvert la bouche, il n'a plus l'air aussi distingué qu'il le paraissait en montant dans le wagon, et son vocabulaire semble assez limité.

Je lui explique alors succinctement que je suis aumônier à l'aéroport et ce en quoi consiste mon "métier": "Oh, moi, je ne crois pas en Dieu", affirme-t-il d'un ton péremptoire. Puis, il se tourne vers un autre passager et lui déclare: "Si vous saviez ce qu'écrit la dame à côté de moi! Elle parle de Dieu comme d'un bon berger... qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire?"

Il a l'air déstabilisé: "Vous y croyez vraiment à tout ça?" me demande-t-il. Ma réponse ne semble pas le rassurer... mais après que je lui aie raconté en quelques mots rapides l'essentiel de la parabole en question, il s'ouvre un peu. Et je découvre vite qu'il va à un entretien d'embauche, et qu'il a peur de ne pas le réussir. Quelques mots d'encouragement de ma part et le voilà parti l'air un peu rasséréné...

A mon arrivée à l'aéroport, je me rends compte que je suis un peu en retard sur l'horaire que je me suis fixé. Ma jaquette orange "aumônerie protestante" à peine enfilée, je me précipite vers le CDG-VAL. A la sortie, deux adolescents m'accostent: "Madame, vous êtes prêtre?" Un dialogue à bâtons rompus sur les questions de foi s'engage alors, conversation qui semble les intéresser vivement. Puis, comme ils n'ont pas de bagage et semblent bien peu pressés, je les interroge sur la raison de leur présence sur la plateforme: "Oh, nous, on se balade! Comme on n'avait rien à faire, on s'est dit qu'on allait aller traîner un peu à l'aéroport... Mais c'est super que vous soyez là! C'est un peu comme si Dieu était ici... " Après une courte pause: "C'est quand même bien ce que vous faites..."

De nos jours, si on offre une Bible à quelqu'un, il la refusera probablement. Mais nos contemporains sont tellement curieux qu'ils s'évangéliseront tout seuls en regardant par-dessus notre épaule dans le métro... ou, interpellés par le "costume de playmobil " orange fluo des aumôniers, ils pourront poser les questions qui leur brûlent la langue et qu'ils n'auraient jamais pensé aborder dans d'autres circonstances ou en d'autres lieux.

Voilà comment aujourd'hui on fait parfois de la "nouvelle évangélisation" à son corps défendant!

                                                                                                                                                            Anniel Hatton 

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans La vie des aumôneries
13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 06:26

"Salut la pasteuse! J'ai un beau macchabée pour toi... un passager qui est mort dans l'avion. La famille voudrait un prêtre, mais je n'arrive pas à joindre le curé. Tu peux venir t'occuper d'eux?"

C'est le médecin-chef du service d'urgence, une figure haute en couleur de l'aéroport, qui fait ainsi appel à moi à sa manière.

Je suis justement sur la plateforme. En quelques minutes, je suis au centre médical pour faire cet accompagnement peu aisé mais nécessaire.

Quelques mois plus tard, un matin, je suis dans le RER B en route vers CDG. Le REP (responsable opérationnel) du T2E m'appelle pour une situation similaire. Or je suis malheureusement encore trop loin de l'aéroport et ne pourrai pas arriver dans les temps. C'est alors l'aumôner catholique qui se rendra sur les lieux immédiatement et accompagnera la famille endeuillée.

Frustration de ne pas pouvoir être disponible tout de suite... Frustration de ne pas être là au moment où on a besoin de moi... mais soulagement à l'idée que quelqu'un d'autre était là... malgré tout...

 

                                                                                                Anniel Hatton

 

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans La vie des aumôneries