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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 13:21

a01d4222-e4c4-429f-9458-4758c26e906d-ADPPriereLe 17 décembre 1903, le premier avion à moteur a pris les airs. Après le défi technique et l'aventure humaine représentés par ce projet, l'objectif était de favoriser les échanges internationaux et le commerce, d'abord par le transport du courrier puis, par la suite, de passagers. La vitesse de l'avion ne dépassait pas les 150 km/h. (plus d'information sur l'histoire de l'aviation: http://firstflight.open.ac.uk/index.html)

 

En 1943, le nombre de passagers voyageant en avion est allé bien au-delà des rêves les plus fous des fabricants. Ce phénomène transformera la société et sa façon de vivre. Des avions plus gros, allant de plus en plus vite et parcourant des distances plus grandes, ont eu pour conséquence la décision d'installer les aéroports de plus en plus loin des centres urbains. Très vite, de nouveaux besoins sont apparus dans ces structures.

 

Dans les aéroports, il manquait un endroit où pouvaient aller prier, méditer ou tout simplement se faire écouter, à la fois les passagers qui attendaient le départ de leur vol ou leur vol de correspondance, mais aussi les employés des lignes ou de l'aéroport qui devaient y passer de longues heures de travail.

Edwin Standford Hogg, un employé d'Eastern Airlines, a alors proposé le premier l'installation d'un espace dédié à la méditation et la prière à l'intérieur d'un aéroport, créant du même coup une aumônerie à l'aéroport international Hartsfield d'Atlanta. Les objectifs de cette aumônerie étaient multiples :

  • offrir un espace ouvert en permanence à toutes les confessions pouvant se retrouver dans un grand aéroport international ;

  • proposer un espace dédié à la prière et méditation individuelles ;

  • être une oasis de calme et de tranquillité dans la vie fébrile d'un aéroport ;

  • proposer les services d'un aumônier à ceux éprouvés par des soucis personnels et ayant besoin du conseil et d'orientation.

 

La première chapelle aéroportuaire répertoriée est ouverte en 1951 à l'aéroport international Logan de Boston sous l'impulsion du cardinal Cushing.

 

De nombreuses autres chapelles se sont ouvertes par la suite. En 1961, lors d'une rencontre à Orly, le père Xavier de Meuss de Bruxelles proposa au père Steux l'idée d'un rassemblement annuel avec d'autres aumôniers d'aéroport. Ce projet a été concrétisé par une réunion à Bruxelles en 1965 accueillant une dizaine de prêtres catholiques. Ils se sont engagés à se réunir chaque année. Ce fut le cas depuis tous les ans à l'exception de l'année 1985, la conférence annuelle à Rio de Janeiro ayant dû être annulée à la dernière minute en raison des difficultés internes brésiliennes.

 

Ces réunions annuelles se voulaient informelles et aucun président n'y était désigné, même si, comme signe de reconnaissance, la présidence de séance était toujours confiée au fondateur, le père Xavier de Meuss. La conférence n'avait pas de nom officiel quoiqu'entre eux les participants parlaient de l'Association internationale des aumôniers aéroportuaires. Les membres participants disposaient chacun d'un badge, l'administration française autorisant les aumôniers de cette assemblée à utiliser le même badge qu'utilisaient les aumôniers de l'Armée de l'air française.

 

Lors de la conférence annuelle des aumôniers aéroportuaires en 1969 à New-York, la décision a été prise d'étendre la participation à ces rassemblements à des non-catholiques. A la conférence annuelle de 1973 à Malte, les membres de l'association ont voté de fixer à Francfort le siège d'un secrétariat permanent sous la direction du père Walter Mäader (Société de l'Apostolat Catholique). Si aucune structure formelle d'administration n'a été arrêtée, la création de stauts et la définition d'un nom officiel furent votées l'année suivant, lors du rassemblement de Vancouver.

 

Le premier nom de l'Association et les premiers statuts

 

La CACI (Civil Aviation Chaplains International) était un groupe œcuménique d'aumôniers ordonnés de l'aviation civile, chaque aumônier devant être reconnu par les autorités constituées de son église et par la CACI. Le travail de chaque aumônier comprenait et comprend toujours un ministère liturgique, pastoral et évangélique à destination des personnes se servant de l'aviation civile ou travaillant dans les aéroports, au sol ou dans les airs. La vocation de l'association est d'ouvrir le plus largement possible ses rangs, à condition toutefois que sa cohérence et son unité soient respectées et que ses réalisations soient toujours inspirées de la sagesse, du courage et de l'amour de Dieu.

 

Les objectifs de la CACI :

 

  • proposer à ceux engagés dans un ministère dans l'environnement exceptionnel de l'aviation civile une structure fraternelle qui était indispensable au service de Dieu et promouvoir cette structure ;

  • favoriser un échange permanent sur leurs pratiques respectives et sur leurs réflexions afin de permettre à chacun de mieux remplir sa mission ;

  • promouvoir la compréhension du fonctionnement de l'aviation civile et la façon dont elle touche ceux qui s'en servent ou y travaillent ; étudier comment elle façonne notre monde moderne ;

  • mener des réflexions théologiques et sociologiques communes et de façon générale sur tout aspect lié à leur mission ;

  • affirmer et communiquer l'expérience de l'unicité du monde de Dieu de participants telle que le révélait leur engagement dans le monde de l'aviation civile ;

  • nourrir des liens spirituels et œcuméniques dans ce monde que Dieu a créé et dont la création n'est pas achevée.

 

Afin de réaliser ces objectifs de la CACI :

  • des réunions sont organisées à une fréquence arrêtée par la CACI ;

  • un secrétariat permanent est institué ;

  • des informations sont diffusées.

 

Tous les ans un comité programmes sera élu, celui-ci comprenant le président, le vice président et les membres du secrétariat permanent. Ce même comité accordera des agréments.

 

Le développement d'un ministère commun à l'intérieur de la CACI présuppose des relations étroites avec les églises constituées de ses membres. La CACI s'efforce de créer et d'entretenir activement ces relations afin de favoriser un dialogue indispensable ainsi que la coopération et un esprit de partage des ressources. C'est ainsi que les membres seront en mesure de mieux accomplir leur ministère commune dans l'aviation civile.

 

La conférence de 1974 a été marquée par l'élection officielle comme président du père Xavier de Meuss et par le renouvellement dans ses fonctions de secrétaire de Walter Mäader (Société de l'Apostolat Catholique). Le révérend Peter Holloway, originaire d'Australie, a été élu vice-président. Il deviendra président lors de la conférence de 1980 à Minneapolis. A sa retraite en 1984, il a démissionné du poste de président, au moment où l'association a adopté des statuts plus formels (à la genèse de nos statuts actuels) et au moment du changement de nom de l'association en IACAC (International Association of Civil Aviation Chaplains). La rédaction des nouveaux statuts a été réalisée avec le concours d'un avocat d'affaires expérimenté, et ce dans l'objectif de promouvoir la reconnaissance de l'IACAC comme association de référence par les diverses instances de certification internationale. Ce projet a failli aboutir à plusieurs reprises, échouant chaque fois en raison des conditions particulières imposées par certains pays disposant d'un droit de veto. Même si cet objectif n'a pas été atteint, les effectifs et l'influence de l'association n'ont jamais cessé de croître. Au moment de la rédaction de ce texte, l'existence de 173 aumôneries est répertoriée et, en toute vraisemblance, l'existence d'autres aumôneries échappe certainement à notre vigilance. Il va de soi que l'IACAC sera toujours heureuse d'accueillir l'arrivée de nouveaux adhérents et de nouvelles aumôneries.

 

En dehors des services au public que son regretté collègue, feu Edwin "Happy" Hogg, avait imaginés, les aumôniers travaillant dans l'aviation civile de nos jours sont de plus en plus sollicités pour soutenir, chaque fois dans de nouvelles formes, les "usagers" de l'aviation civile ou ceux travaillant dans le secteur. Dès qu'il y a une catastrophe aérienne, chose fort heureusement assez rare, les aumôniers ont un rôle vital à jouer. Lors des périodes de grande peine et d'affliction généralisée, l'aumônier est également présent. Quand le secteur de l'aviation civile est perturbé par des conflits sociaux, les aumôniers peuvent offrir à tous des conseils pondérés. Même quand il s'agit de conflits domestiques, de conflits de nature presque banale, l'aumônier propose sa grande écoute. Enfin, quels que soient les chocs de la vie qu'il observe à l'aéroport, le statut double de l'aumônier—indépendant mais expert dans le fonctionnement de l'aviation civile—lui donne une qualité d'expertise irremplaçable. Au moment de grands événements heureux, l'aumônier aussi est là pour s'en réjouir avec tous ceux qui l'entourent, ce qui apporte à tous un sentiment de joie et de bonheur. Selon une enquête menée à Heathrow de Londres, il y a quelques années, une majorité des personnes interrogées estimait que le rôle le plus important d'un aumônier d'aéroport était sa disponibilité sur place en cas de besoin.

 

Une part non négligeable du temps de l'aumônier aéroportuaire est consacrée à la prière, pour tous ceux auprès de qui il travaille et plus particulièrement pour d'autres aumôniers, qui pourraient, eux, connaître des moments difficiles dans la réalisation de leur ministère. Ce partage de pratiques et d'expérience se réalise principalement lors des conférences annuelles pendant les séances consacrées aux "histoires d'aumônier". D'autre part, l'association a rassemblé quelques documents de formation à l'intention d'aumôniers arrivant dans le monde de l'aviation civile.

 

Le mandat de chaque personne élu (y compris du président, du premier vice président, du secrétaire, du trésorier et du responsable de l'annuaire) est de deux ans. Chaque année, l'aumônerie recevant la conférence annuelle l'année suivante désigne d'office un vice président dont le mandat est également de deux ans. Ces personnalités font partie du comité directeur de l'association, celui-ci se réunissant quatre fois par an et notamment juste avant et juste après la conférence annuelle. Les deux réunions annuelles restantes du comité ont lieu en février, sur le site (ou près du site) de la conférence suivante et ensuite en mai, dans une ville d'accès facile pour tous les membres.

 

Sur le site de l'IACAC (www.iacac.ws) se trouve une rubrique réunissant des comptes rendus de toutes les conférences annuelles de l'association. S'y trouve également une liste de tous les présidents de l'IACAC.

 

De la même façon que Wilbur et Orville Wright n'auraient sans doute jamais pu imaginer le nombre de passagers voyageant partout dans le monde grâce à leur invention, il y a fort à croire que le père Xavier de Meuss, même dans ses aspirations les plus folles, n'aurait jamais pu envisager qu'il avait fondé une association internationale de cette envergure. Le proverbe a vu bien juste : les petites rivières font les grands fleuves !

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Texte traduit et adapté de l'anglais par Alan Hornstein en mai 2011. Publié avec l'aimable autorisation de la IACAC. Texte original sur www.iacac.ws

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans La vie des aumôneries