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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 13:40

DSCN4259.JPGC’est le premier jour de Pierre de Mareuil, mon nouveau confrère à l’aumônerie protestante de CDG. Pour qu’il puisse commencer à se repérer dans ce gigantesque aéroport et à y prendre ses marques, le meilleur moyen c’est d’arpenter la plateforme en long en large et en travers. Et c’est ce que nous faisons pendant un bon moment, observant ce qui se passe autour de nous au fur et à mesure que nous avançons, et saluant tel ou tel salarié au hasard de nos rencontres. Alors que nous parvenons à l’espace « Arrivées » du terminal 2F, Pierre aperçoit un visage familier, un chrétien d’une autre église qu’il connaît depuis longtemps. Tous deux commencent à bavarder à bâtons rompus, jusqu’à ce que notre interlocuteur intrigué nous interroge brusquement : « Est-ce que vous êtes vraiment obligés de vous déguiser en playmobils ? » Après un éclat de rire général, je m’empresse de fournir quelques explications sur notre tenue un peu voyante, je le reconnais. Puisque nous ne portons pas de col ecclésiastique, contrairement à nos homologues catholiques, nous sommes difficilement reconnaissables, en tant qu’aumôniers protestants. Nos jaquettes orange fluo ont donc pour but de nous faire repérer dans la foule anonyme qui se presse dans les galeries et les coursives de la plateforme. Le résultat est concluant : les gens nous interpellent aisément, parfois pour s’étonner de notre présence en un tel lieu, parfois pour se moquer, mais parfois aussi pour se féliciter de ce que nous soyons là. Il faut dire qu’ils ne peuvent pas nous rater ! Le logo de la FPF (Fédération Protestante) est reproduit sur le revers du vêtement et l’inscription aumônerie protestante barre notre dos en français et en anglais.

La couleur orange étant celle des employés ADP (Aéroports de Paris), il arrive que des passagers affolés nous prennent pour des agents d’information, et se précipitent sur nous afin de nous demander où ils doivent se rendre pour enregistrer leurs bagages, pour changer de terminal ou pour prendre le bus. Nous répondons dans la mesure du possible, les aiguillant vers des personnels mieux informés que nous quand notre connaissance de l’aéroport se révèle insuffisante. DSCN4258.JPG

Le deuxième jour est aussi foisonnant en expériences de toutes sortes. Sandrine, une SDF qui vit à l’aéroport depuis huit ans, est toute heureuse de faire la connaissance du nouvel aumônier protestant, et lui fait allègrement la conversation. Nous la croisons à quatre reprises, et sa soif de contacts humains est telle qu’elle entame encore et encore de nouveaux sujets de conversation, et que nous avons du mal à « décrocher » et à la convaincre que nous avons un rendez-vous à honorer dans les bureaux de la direction.

Un peu plus tard, un homme, jeune encore, s’approche de nous et, baragouinant un anglais approximatif, nous demande comment il faut faire pour aller à Barcelone. Comme il n’a pas de bagages et qu’il semble pris de boisson. Pierre finit par lui demander s’il a un ticket. Sur ce, le jeune homme fouille laborieusement dans ses poches et finit par en extirper un ticket de métro qu’il brandit d’un air victorieux…

Anniel Hatton

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans La vie des aumôneries

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