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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 11:12

Scan.jpgIl a une façon de parler un peu brusque et saccadée et son accent est rugueux. Comme beaucoup d'écossais, il roule les « r » à ravir, et pour ceux qui ont l'anglais comme deuxième langue, c'est un peu curieux. Rien à voir avec l'accent pointu d'Oxford enseigné à l'école. Mais le sourire chaleureux qui éclaire soudain son visage anguleux le rend tout à coup très sympathique et met ses interlocuteurs immédiatement à l'aise. Et il n'hésite pas à plaisanter et à faire preuve d'un humour acéré pour détendre l'atmosphère quand il sent que ce peut être nécessaire.

 

Lewis Rose a été le maître d'oeuvre et l'organisateur en chef du dernier congrès de l'Association internationale des aumôniers d'aéroports civils (IACAC). Cette rencontre annuelle a eu lieu cette année à Aberdeen, en Ecosse, du 18 au 23 septembre 2011.

 

Lewis, quel est le but d'un tel congrès ? L'enseignement, les contacts humains, le tourisme ?

Je dirais que nous avions plusieurs objectifs en préparant ce congrès. Et je crois que nous en avons atteint plusieurs. Il me semble que, grâce aux différents intervenants, les délégués présents à cette rencontre ont pu découvrir comment un aéroport régional peut contribuer à l'économie locale et nationale par un apport à la fois économique et théologique. De plus, les exposés étaient suivis de discussions qui permettaient à chacun de s'exprimer par des questions ou des commentaires sur ce qu'il avait entendu.

Ces échanges m'ont semblé particulièrement importants en ce sens qu'ils ont pu donner l'occasion à tous ces collègues venant de différents pays et continents d'apprendre à connaître la manière dont les choses se passent ailleurs que chez eux.DSCN2517.JPG

Et puis, nous avons aussi essayé de donner aux délégués présents un petit aperçu historique et de leur faire rencontrer un certain nombre de notables du cru.

 

Vous êtes aumônier d'aéroport à Aberdeen. Que pourriez-vous nous dire brièvement à propos de cette plateforme ?

L'aéroport d'Aberdeen, qui fait partie de la BAA (British Airport Authority), se trouve au nord-est de l'Ecosse. Il dessert les industries du gaz et du pétrole offshore de la Mer du Nord, ce qui fait de lui l'héliport le plus fréquenté dans le monde. Il est aussi connecté à des plateformes aéroportuaires de premier plan comme Londres Heathrow, CDG à Paris, Schiphol à Amsterdam, et plus récemment Francfort. En tant que "hub" (plateforme de correspondance), Aberdeen dessert aussi les pays scandinaves. On vient d'ailleurs d'inaugurer le prolongement de ses pistes, ce qui lui permettra de mieux desservir ces destinations, d'explorer de nouvelles directions et d'attirer d'autres compagnies aériennes.

 

A quelle dénomination religieuse appartenez-vous ?

Je suis presbytérien, et j'exerce un ministère de diacre dans l'Eglise d'Ecosse.

 

Y a-t-il des aumôniers venant d'autres confessions dans cet aéroport ?

Non, malheureusement, mais je peux bien entendu faire appel à des responsables religieux d'autres dénominations quand c'est nécessaire.

 

Qu'est-ce qui vous a amené à devenir aumônier en milieu aéroportuaire ?

De 1999 à 2004, j'ai été responsable de l'organisation de la région nord de l'Ecosse. Puis, de 2004 à 2009, je suis devenu coordinateur national de la Mission dans l'industrie des Eglises d'Ecosse. Je devais recruter des aumôniers pour divers organismes évoluant sur différents lieux de travail. En 2006, lorsque l'aumônier de l'aéroport a pris sa retraite, j'ai décidé de m'y mettre moi-même, afin d'apprendre à mieux connaître l'aéroport et ses différentes activités.

 

Exercez-vous ce ministère d'aumônerie à plein temps ou à temps partiel ?

Je ne viens qu'un jour par semaine sur la plateforme. Mais comme je fais partie de l'équipe de gestion de crises en milieu aéroportuaire, je suis d'astreinte en permanence.

Je suis aussi président d'une association caritative appelée « Church Action on Poverty » qui emploie quinze personnes et dont le quartier général est à Manchester en Angleterre.

J'ai pris récemment ma retraite, et, comme je m'étais engagé à recevoir le congrès de la IACAC de cette année, j'ai passé la majeure partie de l'année dernière à la préparation de cet événement important.

 

Dans votre aéroport, y a-t-il une salle de prière commune à toutes les confessions ou une chapelle ?

Pas encore, mais des négociations sont en cours avec la direction, et j'ai bon espoir d'une issue positive.

 

DSCN2504.JPGQu'est-ce qui vous semble avoir le plus de sens dans votre ministère à l'aéroport d'Aberdeen ?

Pour moi, c'est d'être là avec les gens, de dialoguer avec eux, et d'écouter ce qu'ils racontent de leur vécu. C'est aussi leur apporter le soutien dont ils ont besoin dans quelque domaine que ce soit.

Je dis souvent que Jésus et ses disciples ont été les premiers aumôniers puisqu'ils accompagnaient les gens de leur époque dans leur labeur quotidien et leur travail.

L'aumônerie d'aéroport, c'est exactement ça : être là avec et pour les gens quels qu'ils soient et là où ils sont.

 

Propos recueillis par la pasteure Anniel Hatton, aumônier protestant à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans La vie des aumôneries
9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 07:23

 

Picture.jpgElle est discrète et calme, et se fait à peine remarquer. Mais c'est le genre de personne qui inspire immédiatement confiance et qui arrive sans problème à établir un contact vrai et sincère avec ceux qui viennent à elle. C'est qu'elle sait écouter, Unni Franck. Et l'attention à l'autre est sans aucun doute un aspect essentiel du travail d'un aumônier d'aéroport.

Pasteure ordonnée de l'église luthérienne de Suède depuis 34 ans, Unni a commencé à exercer son ministère à l'aéroport d'Arlanda en septembre 2009. Après douze ans en paroisse dans des églises de campagne, elle est ensuite devenue aumônier d'université: "J'ai été très heureuse pendant ces dix années passées en milieu étudiant", me dit-elle. "J'aimais beaucoup ces contacts avec toute cette jeunesse! Et puis, comme j'avais été élue déléguée des aumôneries d'étudiants de Finlande et de Suède, je participais à des rencontres œcuméniques européennes. Et nous nous retrouvions aussi bien avec des luthériens que des anglicans, des réformés et des orthodoxes que des catholiques. C'était fascinant! Par la suite, j'ai été responsable de l'équipe sacerdotale d'une église locale, et donné des cours dans une Ecole pastorale, institution réservée à l'enseignement des pasteurs. Mais j'avais besoin de challenges et de travailler en-dehors de la communauté chrétienne en tant que telle. Voilà pourquoi j'ai donné ma candidature pour être aumônier d'aéroport. L'aéroport est en effet un grand challenge pour moi…"

 

Et comment vivez-vous ce ministère?

En fait, j'ai vraiment ressenti que Dieu m'appelait à me diriger dans cette voie. Je m'y sens à ma place, et j'y trouve de grandes satisfactions personnelles.

 

Combien d'aumôniers êtes-vous, et faites-vous équipe avec des ministres d'autres confessions religieuses?

Quand j'ai débuté dans ce ministère, nous étions deux pasteurs luthériens. Mais depuis, mon collègue a pris la responsabilité d'une paroisse, et je me suis donc retrouvée seule. Les autres confessions religieuses ne sont pas représentées dans l'aumônerie, ce qui est vraiment dommage.

 

Quelle est la configuration du centre spirituel de l'aéroport d'Arlanda? S'agit-il d'une salle commune ouverte à tous ou d'un lieu regroupant différentes salles de prière dédiées à tel ou tel culte?

C'est une chapelle qui a été consacrée par l'évêque luthérien de Suède en 1993, mais qui est malgré tout ouverte à tous. Des catholiques, des musulmans, des juifs, des hindous, ou autres membres de différentes confessions religieuses viennent donc y prier eux aussi.

 

En quoi consiste votre ministère à l'aéroport? Arlanda est le plus grand aéroport de Suède, si je ne me trompe, à mi-chemin entre Stockholm et Uppsala…

Oui, l’aéroport est immense, et de nombreux passagers y transitent chaque jour. Pour ce qui me concerne, j'assure des permanences régulières dans le bureau de l'aumônerie, mais je suis bien évidemment beaucoup sur le terrain, et je vais à la rencontre de tous ceux qui évoluent sur la plateforme, passagers ou membres du personnel. Certains me font des confidences et me demandent de prier pour eux. Je rencontre aussi occasionnellement des personnes sans-abri qui sollicitent une aide. Ce n'est pas toujours évident, mais je fais de mon mieux pour les secourir. Heureusement que je reçois le soutien de certaines églises de la région pour ce faire.

 

L'aumônerie est-elle bien intégrée dans la vie de l'aéroport en général?

Oui, bien sûr. J'ai un bureau dans le département des ressources humaines, et j'y assure un certain nombre de tâches administratives, notamment dans le domaine des statistiques. Je fais aussi partie de l'équipe de gestion des crises et des catastrophes aéroportuaires, ce qui veut dire que je suis partie prenante aussi bien de la préparation et de l'organisation que de la formation nécessaires pour vivre le moins mal possible ce genre de situations dramatiques. De plus, je donne des cours sur la notion d'aide psychologique et sociale à apporter en cas de crise en milieu aéroportuaire. Je coopère aussi avec le Service des agents de permanence aéroportuaire et je participe aux réunions du Comité opérationnel de la plateforme, qui regroupe des représentants de quarante compagnies aériennes, de la police, et parfois des douanes.

 

Quel sera votre mot de la fin?

La chapelle de l'aéroport est une oasis dans le tourbillon de la vie. C'est un lieu de prière tranquille et chaleureux, où l'on parle peu, mais où l'on sait s'accueillir et se sourire dans le silence. J'y rencontre des personnes venant des quatre coins de notre si beau globe terrestre et cela me remplit d'humilité et de gratitude. Cette si petite chapelle est comme un point d'intersection spirituel où les lumières de la prière sont toujours allumées.

 

Propos recueillis par la pasteure Anniel Hatton, aumônier protestant à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle

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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 07:07

 

http://media.paperblog.fr/i/351/3515028/petit-dialogue-interreligieux-L-1.jpegDans le prolongement du terminal 2E à l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle, se trouve le S3 appelé aussi: "Galerie Parisienne". L'aumônerie y est présente par sa salle de recueillement, porte 63, et son bureau. Tous les matins, sur le coup de 9h30, un avion d'Air France est annoncé au départ pour Israël, aéroport de Tel Aviv.

La semaine dernière, trois groupes bien distincts ont embarqué en même temps.

Un groupe de catholiques accompagné d'un prêtre accomplissait un pèlerinage dans les lieux saints de Jérusalem. Un groupe de Juifs orthodoxes attendait patiemment le départ afin de fêter la nouvelle année juive en terre d'Israël. Le troisième groupe, une trentaine de personnes, toutes membres d'églises protestantes évangéliques, se rendait en Israël pour vivre un temps particulier sur les traces de Jésus.http://podcast.rcf.fr/sites/default/files/imagecache/diffusion_list_thumb/diffusions/interreligieux%20ok.png

Juste avant l'embarquement, chacun des groupes, s'est recueilli dans le hall d'attente et au beau milieu de ce rassemblement, alors que tout était silencieux, un chant s'est fait entendre, comme un souffle puissant en forme de bénédiction:

http://www.airportchapel.de/international/images/logo_iacac.gif"De tout mon cœur alors s'élève un chant, Dieu tout puissant que tu es grand". Chacun a pu embarquer, conscient de la présence de Dieu.

 

 

Pasteur Bernard Jornod, aumônier protestant à Roissy-Charle de Gaulle

 


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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 07:14

DSCN2494.JPG

Quand on lui adresse la parole, son regard bleu s'illumine et elle répond avec entrain, toute heureuse de faire une nouvelle rencontre. Elle pouffe de rire à toute occasion et s'amuse de toutes sortes de petites choses du quotidien. Ceux qui pensent que la religion rend triste pourraient s'étonner d'un tel enthousiasme devant la vie. Car Agnesita Dobler est religieuse, franciscaine, et passionnée par le ministère qui lui a été confié. Avant d'être aumônier d'aéroport, sœur Agnesita a travaillé pendant dix-huit ans dans le monde de l'industrie, et avait neuf cent personnes sous ses ordres. C'est dire si le monde « normal » lui est familier.

 

J'ai fait sa connaissance au congrès annuel de la IACAC, un organisme œcuménique international qui regroupe des aumôniers d'aéroports venant des quatre coins du monde, et son expérience de l'aumônerie m'a semblé particulièrement intéressante, d'autant plus qu'elle a beaucoup de cordes à son arc : en plus de sa langue maternelle, l'allemand, sœur Agnesita parle couramment le français, l'anglais et un peu de portugais du Brésil.

 

Quel est votre aéroport d'origine, sœur Agnesita ?

 

Stuttgart, en Allemagne. C'est un aéroport de taille moyenne qui voit passer dix millions de passagers par an et emploie environ 7500 personnes. Il se situe à la sixième place dans le classement des aéroports allemands.

 

Depuis combien de temps y exercez-vous un ministère ?

Depuis trois ans. J'y suis à mi-temps. Le reste du temps, je suis aumônier d'un grand Parc d'expositions qui a été construit à côté de l'aéroport, et où un espace de recueillement et d'accueil a été ménagé. Les visiteurs des différents salons et expositions diverses ont ainsi la possibilité d'aller se recueillir dans le silence au milieu de la cohue des grands jours.

 

Le centre spirituel est-il bien situé dans l'aéroport de Stuttgart ?

Oui et non. Non en ce sens qu'il est un peu excentré, oui parce qu'il se trouve à côté des toilettes... ce qui fait que beaucoup de gens passent devant sans pour autant y entrer. Mais au moins ils savent que ce centre existe !

Nous avons tout de même un avantage, c'est que, tout comme les compagnies aériennes, nous disposons d'un stand de l'aumônerie à l'entrée de l'aéroport, où des bénévoles font des permanences à tour de rôle et sont prêts à répondre aux questions éventuelles des passagers ou de toute personne intéressée. Pour moi, notre présence à cet endroit est absolument essentielle même si nous ne rencontrons pas toujours des foules de personnes. Il faut que les gens « normaux » sachent que les chrétiens sont des gens comme eux, accessibles et disponibles aussi. Mon évêque dit toujours que quand les gens ne vont pas à l'église, c'est l'église qui doit faire l'effort d'aller vers les gens, là où ils sont, dans leur lieu de vie, sur leur lieu de travail, sur les lieux de passage... Et l'aéroport est un lieu de passage par excellence.

 

De quel genre de lieu de prière s'agit-il ?

Il s'agit en fait d'une salle commune à toutes les confessions où chrétiens, juifs et musulmans se mêlent indifféremment sans problème de cohabitation.

 

Comment organisez-vous votre ministère, sœur Agnesita ?

Nous sommes deux aumôniers, un protestant et moi qui suis catholique. Nous travaillons main dans la main au quotidien. Nous avons chacun notre bureau, mais notre porte est toujours ouverte et nous nous relayons pour faire l'accueil des gens « ordinaires » qui peuvent avoir l'idée de venir.

 

Avez-vous des moments de recueillement spécifiques ?

Oui, bien sûr. Chaque jour, du lundi au vendredi, nous avons un moment de prière à l'heure de midi. Ce n'est pas très long, dix à quinze minutes... juste le temps de lire un court texte biblique commenté en quelques phrases et suivi d'un moment de recueillement. Ces moments sont ouverts à tous. Le pasteur avec qui je fais équipe et moi animons ces temps de prière à tour de rôle. Si l'un de nous est absent, ou les deux, comme pour ce congrès de la IACAC auquel nous sommes tous deux, un ou une bénévole prend le relais.

 

Avez-vous beaucoup de bénévoles ?

Oui, nous en avons une trentaine, ce qui nous permet d'avoir de quoi faire des roulements, et de pouvoir nous reposer sur eux en cas de nécessité ou d'urgence imprévue.

 

Que faites-vous d’autre du point de vue œcuménique ?

En plus des moments de prière hebdomadaires, nous avons aussi cinq services religieux oecuméniques communs par an. Ils ont lieu à l'heure de midi et durent une quarantaine de minutes.

 

Ces services ont-ils lieu dans la chapelle ?

Non. Ce ne serait pas assez grand. Ils se tiennent en espace public, en pleine aérogare. Nous faisons venir à cette occasion des musiciens qui jouent des morceaux de musique instrumentale. La chorale de l'aéroport participe aussi. Ces services ont lieu avant le début de l'Avent, de Noël, de Pâques, de la Pentecôte et du Culte de Reconnaissance, ce que les anglophones appellent « Thanksgiving ». Par contre, les grandes fêtes religieuses sont célébrées séparément, les protestants avec leur culte spécifique, et nous, les catholiques, avec notre messe, et ce quatre fois par an.

Toutes nos activités sont annoncées à la sono de la plateforme par haut-parleur ainsi que dans le journal de l'aéroport, ce qui n'est pas négligeable.

  

Quelle catégorie de gens attirez-vous dans vos célébrations ?

Pour être honnête, nous n'attirons pas des foules immenses, et pour les moments de prière, nous n'avons que trois au quatre personnes régulières, membres du personnel de l'aéroport, auxquelles viennent s'ajouter des passagers occasionnels. Mais l'important, c'est d'être là, que les gens sachent qu'il y a quelque chose qui se passe, et qu'ils sont les bienvenus s'ils veulent venir ! 

 

Vos activités se limitent-elles à ces moments de prière et de célébration?

Non, bien sûr. Notre ministère est un ministère de contact, et nous essayons d'établir le plus d e contacts possibles !

 

Etes-vous bien acceptés et soutenus par les églises environnantes ?

Oui, vraiment. Les autorités religieuses pensent que notre présence à l'aéroport est capitale en ce lieu clé qu'est l'aéroport, et nous sommes soutenus spirituellement et financièrement par les églises.

 

Avez-vous de bons contacts avec la direction de l'aéroport ? 

Nos contacts avec la direction sont excellents. Nous sommes bien acceptés et respectés de tous. Nous sommes aussi partie prenante d'efforts qui n'ont en principe pas de lien direct avec les questions de foi. C'est ainsi qu'entre autres, les responsables aéroportuaires s'intéressent beaucoup au développement durable. Ils ont conçu tout un parcours de sensibilisation à cette question en neuf étapes. La dernière étape se situe au niveau du centre spirituel, où se dresse un panneau sur lequel ont été reproduits des versets de la Bible ainsi qu'une présentation de l'aumônerie. Et au milieu de ce panneau, il y a un grand miroir dans lequel les gens sont invités à se regarder, et sur lequel sont inscrits ces quelques mots : « Dieu a formé l'être humain à son image. »

 

Propos recueillis par Anniel Hatton, aumônier protestant à Roissy-Charles de Gaulle

 

 

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 07:12

Pourquoi ?
Après un moment très fort de sa vie de prophète, Elie a rencontré l’opposition des puissants de son époque qui en veulent à sa vie. C’est comme une douche écossaise pour ce porte-parole de Dieu qui croyait les choses réglées, et qui se rend compte qu’il n’en est rien, loin de là. Il a alors un gros coup de déprime au cours duquel il se réfugie dans le désert pour sauver sa peau. C’est alors pour lui un moment de remise en question profonde. Il est si découragé que la vie n’a plus aucun sens pour lui.
Et voilà que le Seigneur le fait émerger du creux de la vague en le remettant debout. Il le fait repartir vers le mont Horeb, lieu éminemment historique et symbolique à la fois pour le prophète et son peuple, puisque c’est notamment là que Moïse a rencontré Dieu face à face et reçu des consignes de vie à transmettre à ses coreligionnaires.
Pour Elie, c'est un long chemin, un très long chemin qu'il lui faut parcourir dans la solitude la plus complète. Et lorsqu'il parvient enfin au bout, et qu’il se trouve un abri de fortune où se réfugier, Dieu intervient à nouveau pour lui poser une question pour le moins étonnante : "Pourquoi es-tu là, Elie ?" Comme s’il ne le savait pas déjà… Mais à cause de cette question, Elie est tout à coup obligé de faire le point, et d'exprimer verbalement ce qu’il ressent, ainsi que le but qu’il a donné à son existence: « Je suis passionné pour Dieu… » dit-il. Puis d’ajouter ce qui constitue son angoisse du moment : « Tous les autres m’ont fait défection, je suis seul, et ma vie est en danger. »
A cette plainte on ne peut plus légitime, Dieu ne répond pas directement. Il ne prononce pas de paroles réconfortantes. Il se contente de donner à Elie une nouvelle injonction : « Sors ! Tiens-toi debout devant Dieu ! » Il ne materne pas le prophète. Au contraire, il lui demande de faire encore un effort, de sortir de son refuge, et de se tenir droit devant lui, dans toute sa dignité d’être humain qu'il reconnait pour ce qu’il est vraiment, quoi qu’en disent ou en pensent les autres.
Et c’est à ce prophète épuisé, usé, au bout du rouleau, sans avenir à vues humaines, fragilisé dans tous les domaines, que Dieu va se révéler. Et il va le faire sous forme d’un jeu de devinette spectaculaire.
Elie se retrouve tout à coup comme devant un spectacle de sons et lumière flamboyant. A lui de deviner quel élément naturel le Seigneur a choisi pour se révéler. Sera-t-il dans le vent impétueux qui balaye tout sur son passage ? Dans le tremblement de terre qui bouleverse le monde autour de lui ? Ou encore dans le feu qui détruit tout ce qu’il touche ? Ni l’un ni l’autre … Dieu le Tout-puissant se révèle au prophète, fragilisé par les épreuves et l’angoisse, sous forme d’un souffle léger et fragile, un souffle presqu’imperceptible qui va le réconforter, et lui donner la force nécessaire pour continuer son parcours.
Et c’est seulement alors que le Seigneur lui redonne une mission : « Va ! Ce n’est pas encore le moment de te reposer ! » La pause n’a pas été longue. Juste le nécessaire. Juste assez pour reprendre des forces. Le prophète va devoir repartir. Et la mission qui lui est confiée est double, cette fois. Il va lui falloir tout d'abord participer à la stabilisation politique du pays en oignant un nouveau roi, puis redonner un nouveau souffle spirituel au peuple en passant la main à un nouveau prophète. Le chemin va bientôt s’arrêter pour Elie. Il arrive au bout de son parcours terrestre. Mais il lui faut auparavant transmettre à un autre ce qu’il a reçu de Dieu, le souffle divin qui est descendu sur lui pour l’aider à accomplir son ministère ainsi que les leçons qu’il a tirées de son vécu de prophète.
De nos jours, il en va de même. Dieu est là, tout près, dans les moments difficiles comme dans les moments de joie de nos vies souvent tourmentées. Il connaît notre fragilité et nos angoisses, et il veut nous mettre en confiance. Dans les périodes d’épuisement, d’angoisse et de remise en question, le Seigneur nous donne la force nécessaire au quotidien. Il nous insuffle son Esprit, nous remet debout et nous envoie avec une nouvelle mission.
Il faut dire qu'être chrétien, c’est être debout. Etre chrétien, c’est vivre debout. Etre chrétien, c'est avancer courageusement sur le chemin de la vie malgré les oppositions et les difficultés de l’existence en passant le relais à d’autres quand cela devient nécessaire… Etre chrétien, c’est transmettre à ceux que nous côtoyons non seulement la Parole de Dieu mais aussi les leçons de notre vécu de chrétiens.
Que le Seigneur nous aide à vivre debout devant lui en sachant reconnaître sa voix qui nous réconforte. Mais en même temps, restons des passionnés de Dieu ! Sachons entendre cette voix divine qui nous incite à poursuivre notre chemin avec courage, et avec la force qui nous est donnée au fur et à mesure de notre progression ici-bas…
Sachons entendre le Seigneur, et lui répondre, quand il nous interroge et nous envoie en nous disant : « Pourquoi es-tu là ? »  « Sors devant moi et va ! »

 

Pasteure Anniel Hatton, aumônier protestant à Roissy-Charles de Gaulle

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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 09:16
19.9
Et là, il entra dans la caverne, et il y passa la nuit. Et voici, la parole de l'Éternel lui fut adressée, en ces mots: Que fais-tu ici, Élie?
19.10
Il répondit: J'ai déployé mon zèle pour l'Éternel, le Dieu des armées; car les enfants d'Israël ont abandonné ton alliance, ils ont renversé tes autels, et ils ont tué par l'épée tes prophètes; je suis resté, moi seul, et ils cherchent à m'ôter la vie.
19.11
L'Éternel dit: Sors, et tiens-toi dans la montagne devant l'Éternel! Et voici, l'Éternel passa. Et devant l'Éternel, il y eut un vent fort et violent qui déchirait les montagnes et brisait les rochers: l'Éternel n'était pas dans le vent. Et après le vent, ce fut un tremblement de terre: l'Éternel n'était pas dans le tremblement de terre.
19.12
Et après le tremblement de terre, un feu: l'Éternel n'était pas dans le feu. Et après le feu, un murmure doux et léger.
19.13
Quand Élie l'entendit, il s'enveloppa le visage de son manteau, il sortit et se tint à l'entrée de la caverne. Et voici, une voix lui fit entendre ces paroles: Que fais-tu ici, Élie?
19.14
Il répondit: J'ai déployé mon zèle pour l'Éternel, le Dieu des armées; car les enfants d'Israël ont abandonné ton alliance, ils ont renversé tes autels, et ils ont tué par l'épée tes prophètes; je suis resté, moi seul, et ils cherchent à m'ôter la vie.
19.15
L'Éternel lui dit: Va, reprends ton chemin par le désert jusqu'à Damas; et quand tu seras arrivé, tu oindras Hazaël pour roi de Syrie.
19.16
Tu oindras aussi Jéhu, fils de Nimschi, pour roi d'Israël; et tu oindras Élisée, fils de Schaphath, d'Abel Mehola, pour prophète à ta place.
19.17
Et il arrivera que celui qui échappera à l'épée de Hazaël, Jéhu le fera mourir; et celui qui échappera à l'épée de Jéhu, Élisée le fera mourir.
19.18
Mais je laisserai en Israël sept mille hommes, tous ceux qui n'ont point fléchi les genoux devant Baal, et dont la bouche ne l'a point baisé.
19.19
Élie partit de là, et il trouva Élisée, fils de Schaphath, qui labourait. Il y avait devant lui douze paires de boeufs, et il était avec la douzième. Élie s'approcha de lui, et il jeta sur lui son manteau.
19.20
Élisée, quittant ses boeufs, courut après Élie, et dit: Laisse-moi embrasser mon père et ma mère, et je te suivrai. Élie lui répondit: Va, et reviens; car pense à ce que je t'ai fait.
19.21
Après s'être éloigné d'Élie, il revint prendre une paire de boeufs, qu'il offrit en sacrifice; avec l'attelage des boeufs, il fit cuire leur chair, et la donna à manger au peuple. Puis il se leva, suivit Élie, et fut à son service. http://nsm01.casimages.com/img/2009/02/12//090212062126511013142365.jpg
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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 07:24

http://bible.evangiles.free.fr/bible%20illustrations%20dore/images/gravure%20dore%20bible%20-%20elie%20nourri%20par%20un%20ange.jpg1   Achab rapporta à Jézabel tout ce qu'avait fait Élie, et comment il avait tué par l'épée tous les prophètes.
 2   Jézabel envoya un messager à Élie, pour lui dire: Que les dieux me traitent dans toute leur rigueur, si demain, à cette heure, je ne fais de ta vie ce que tu as fait de la vie de chacun d'eux!
 3   Élie, voyant cela, se leva et s'en alla, pour sauver sa vie. Il arriva à Beer Schéba, qui appartient à Juda, et il y laissa son serviteur.
 4   Pour lui, il alla dans le désert où, après une journée de marche, il s'assit sous un genêt, et demanda la mort, en disant: C'est assez! Maintenant, Éternel, prends mon âme, car je ne suis pas meilleur que mes pères.
5   Il se coucha et s'endormit sous un genêt. Et voici, un ange le toucha, et lui dit: Lève-toi, mange.
 6   Il regarda, et il y avait à son chevet un gâteau cuit sur des pierres chauffées et une cruche d'eau. Il mangea et but, puis se recoucha.
 7   L'ange de l'Éternel vint une seconde fois, le toucha, et dit: Lève-toi, mange, car le chemin est trop long pour toi.
8   Il se leva, mangea et but; et avec la force que lui donna cette nourriture, il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu'à la montagne de Dieu, à Horebhttp://jubilatedeo.j.u.pic.centerblog.net/718r60ug.jpg.

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 07:37

DSCN0008.JPG« Une aumônerie d’aéroport, ça existe ? »

C’est effectivement souvent la question que beaucoup de gens se posent quand ils nous rencontrent.

A quoi ça sert une aumônerie?

Un peu à tout, en fait. Les aumôniers d’aéroports sont polyvalents…

Y a-t-il des lieux de culte clairement définis à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle (CDG) ?

Théoriquement, on doit pouvoir trouver un lieu de recueillement interreligieux dans chaque grand aéroport international. Parfois, il s’agit d’une salle commune à toutes les religions, ou une salle neutre et polyvalente, qui peut être utilisée à d’autres fins en dehors des permanences des aumôniers ou des services religieux proprement dits. A l’aéroport de Roissy-CDG, nous sommes privilégiés, puisque les aumôneries  chrétiennes, juives et musulmanes disposent de trois centres spirituels en zone publique et un plus succinct en zone réservée, avec, à chaque endroit, un bureau d’accueil. Les tenants des trois grandes religions monothéistes peuvent y prier selon leur tradition en toute tranquillité. Des pasteurs, prêtres, rabbins et imams nommés par les organismes nationaux représentatifs de chaque culte sont présents plus ou moins régulièrement sur la plateforme. Chacun peut faire appel à eux en cas de besoin.

En quoi consiste l’aumônerie protestante à CDG?

C’est un service de la Fédération Protestante de France qui met à disposition de l’aéroport deux pasteurs, l’un à temps plein, l’autre à mi-temps.
Lors de nos permanences dans le bureau d’aumônerie, nous accueillons toutes sortes de personnes, dont certaines ont un réel désir d’aborder des questions spirituelles. D’autres ont simplement envie de parler à quelqu’un qu’elles ne connaissent pas et ne reverront sans doute jamais, ce qui garantit le complet anonymat que d’aucuns recherchent parfois.DSCN1423.JPG

Y a-t-il des activités spécifiques au culte protestant ?

Trois moments de partage biblique et de prière par semaine sont proposés à l’heure de midi. Ces instants de recueillement ne durent que 15 minutes étant donné que passagers et employés de l’aéroport ont très peu de temps en général.  Bien qu’animés par l’un ou l’autre des deux pasteurs, ces temps de prière sont ouverts à tous, ce qui fait que nous accueillons souvent des catholiques de passage.
Trois cultes dominicaux ont aussi lieu deux fois par mois, un dans chaque terminal.

En quoi consiste le quotidien d’un aumônier d’aéroport ?

Comme nous devons couvrir tout l’aéroport, nous faisons beaucoup de marche à pied. Nous passons presque chaque jour dans les bureaux de l’administration pour signaler notre présence, ce qui permet d’établir des contacts qui peuvent par la suite être approfondis. Lors de difficultés personnelles ou de coups de cafard, certains membres du personnel se sentent davantage portés à parler de leurs soucis avec nous parce qu’ils ont l’habitude de nous voir régulièrement. Nous saluons en effet au passage tous les employés que nous rencontrons au cours de nos pérégrinations dans les galeries et les coursives de la plateforme même si nous ne les connaissons pas. D’où la nécessité d’une présence journalière sur le terrain .

Lors de nos permanences dans les bureaux, nous accueillons aussi bien des navigants que des passagers en transit qui ressentent le besoin de prier ou veulent tout simplement partager un problème personnel crucial, et/ou parler du voyage qu’ils vont effectuer ou dont ils reviennent. Ce qui est important, c’est que nous touchons des personnes très différentes les unes des autres évoluant à divers échelons de la hiérarchie sociale : nous avons des contacts aussi bien avec les SDF, le personnel d’entretien, les navigants et les employés de bureaux qu’avec les cadres de l’aéroport.

Il nous arrive aussi d’être appelés en zone d’attente pour rencontrer des réfugiés qui demandent l’asile politique, et qui ont déjà été accueillis par l’équipe de la Croix Rouge. Nous avons alors parfois un travail de suivi à faire qui peut aller jusqu’à les accompagner à la Cour Nationale du Droit d’Asile pour les encourager dans ces démarches essentielles pour leur avenir et pour le moins angoissantes.

Parfois, nous servons d’agents d’information, indiquant leur chemin à des égarés qui se sont trompés de voie et errent dans la mauvaise direction. Les gens sont souvent si stressés à l’idée que quelque chose puisse ne pas se passer comme prévu lors de leur voyage qu’ils ne voient pas ou ne lisent pas ce qui est écrit sur les panneaux de signalisation. Au terminal 1, c’est moins gênant puisqu’il  est circulaire, ce qui fait qu’on revient toujours à son point de départ au bout du compte. On peut alors faire halte et trouver quelqu’un qui fournira les bons renseignements.  Mais le terminal 2 est tout en longueur. Alors, si on se trompe, on peut faire des kilomètres inutiles, et peut-être même manquer son avion.

Les aumôniers sont-ils reconnus et acceptés par la hiérarchie aéroportuaire ?
 
Tout à fait. Nous avons tout d’abord une interlocutrice privilégiée, la directrice du terminal 2 E-F, qui nous sert de référente et fait le lien avec la direction générale de l’aéroport. Elle réunit tous les aumôniers de temps à autre pour faire le point. Et, une fois par an, le directeur général des aéroports de Paris invite les aumôniers de toutes les confessions évoluant aussi bien à Orly qu’à Roissy à un repas au siège d’ADP à Paris. Dans l’ensemble, nous sommes respectés et bien acceptés.
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Comment vit-on au quotidien ce ministère parfois solitaire ?

Tout dépend comment on le conçoit au départ. Si on est bien préparé(e) à évoluer seul(e), ce peut être un ministère fascinant et enthousiasmant. On rencontre des individus de toutes sortes, de toutes origines géographiques et de tous milieux sociaux. Pour ce qui me concerne, j’ai été aumônier des hôpitaux pendant sept ans au début de mon ministère avant un pastorat de quinze ans en paroisse, et j’avais donc déjà une petite idée de ce en quoi une aumônerie peut consister. De plus, mon mari est lui aussi pasteur, et nous pouvons donc partager nos joies et nos difficultés, et nous soutenir mutuellement. Pour moi, c’est une bénédiction dont je suis consciente au quotidien.

Pasteure Anniel Hatton, aumônier protestant à Roissy-Charles de Gaulle


Quelques renseignements pratiques:

Partage biblique et prière à 12h15 : le mardi au terminal 2B, le mercredi au terminal 1 , le jeudi au terminal 2F

Culte dominical: 2è et 4è dimanche du mois, à 15h au terminal 2B, à 17h00 au terminal 2F, à 17h30 au terminal 1

 
Aumôniers protestants:

 

A Roissy-Charles de Gaulle:


Pasteure Anniel Hatton    
01.48.62.12.84 - anniel.hatton.aumonier@adp.fr (sur le terrain tous les jours -sauf le samedi -,  et deux dimanches par mois)

Pasteur Bernard Jornod
01.70.03.83.81 - bernard.jornod@adp.fr (présent à l’aéroport le mardi et le mercredi, et le dimanche tous les quinze jours)

 

A Orly:

 

Pasteur Stéphane Hervé

stephane.herve.oryxca@adp.fr

tél :01 49 75 01 52

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans La vie des aumôneries
24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 15:11

"S'attacher à un lieu, se souvenir de ses racines, retrouver dans une halte les ingrédients de la grande recette, celle des origines.

Et puis s'arracher, repartir, avec des regards à la fois devant et derrière comme un métronome obstiné."

http://images-booknode.com/book_cover_je_suis_de_nulle_part___sur_les_traces_d_ella_maillart_18752_250_400

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Published by Aumônerie protestante des aéroports - dans Citations
22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 10:10

 

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C'est un jour de juillet comme les autres. Les passagers défilent par vagues dans les galeries de l'aéroport. La circulation est assez fluide, et il n'y a pas trop de blocages de circulation… sauf au niveau arrivée du terminal 2F, devant le stand du CNOUS. Là, une centaine de jeunes boursiers se sont agglutinés, certains attendant au guichet que leur tour vienne, d'autres assis en cercle et prenant leur mal en patience.

Les accueillants sont sur les dents. Il leur faut s'occuper de tous ces étudiants étrangers qui viennent d'arriver et leur indiquer où ils doivent se rendre et par quel moyen. Ils restent calmes et souriants, mais c'est tout de même un dur moment de stress à passer jusqu'à ce que le dernier jeune ait été correctement aiguillé.

 

Christine Adiaba n'est pas de service, ce jour-là. Mais je l'ai vue à l'œuvre maintes et maintes fois, et admiré son sourire chaleureux et son attitude prévenante vis-à-vis de tous ces arrivants en terre de France.

 

Depuis combien de temps travaillez-vous au CNOUS, Christine?

Depuis 1981. Au début, nous étions au terminal 1. J'aimais bien cet emplacement, parce que l'ambiance était très familiale, là-bas. On se connaissait tous. On se parlait. A l'époque, on avait aussi des réunions œcuméniques au cours desquelles on partageait des repas avec le prêtre et l'aumônier protestant, après avoir lu la Bible et passé un moment ensemble dans le partage et la prière.

 

Est-ce que vous avez apprécié ce travail d'accueil des étudiants étrangers?

Oh oui, beaucoup. (le visage de Christine s'illumine) Ce que j'aime surtout, c'est être disponible pour les autres. Et puis, j'ai l'impression que, quand je rencontre les boursiers qui arrivent d'un autre pays, la confiance naît tout de suite. Il y a quelque chose qui passe entre nous dès le départ.

 

Vous les sécurisez?

Peut-être… (Christine sourit timidement) J'ai l'impression que les étudiants me considèrent un peu comme une mère… Comme la jeune femme que vous m'avez vue accompagner à la Poste hier. J'ai senti qu'elle me faisait tout de suite confiance. C'est un peu comme si on se connaissait depuis longtemps…

 

Christine, vous êtes très souriante: ça doit aider pour les contacts humains… Vous êtes aussi de confession catholique. Pensez-vous que votre foi y est pour quelque chose dans ce contact direct que vous avez avec les jeunes?

Oui, je crois que c'est essentiel. Ma foi me fait voir les gens d'un autre œil. Je les aime. A l'église, je reste souvent dans mon coin, et je prie toute seule parce que je suis très timide, mais dans mon travail, je sais aller vers les autres et les aider à se sentir à l'aise.

 

Dans un mois et demi, vous allez prendre votre retraite et quitter définitivement ce métier que vous avez beaucoup aimé. Que ressentez-vous en y pensant?

Ça va beaucoup me manquer. J'aime tellement mon travail ! (Christine est très émue, et son regard se fait nostalgique) Je suis très triste de devoir quitter ce travail et de ne plus voir tous ces jeunes…

 

Cela fait deux ans que je connais Christine. Il nous est arrivé de prier et de lire la Bible ensemble, en français et en anglais aussi. Christine est d'origine ghanéenne, et, bien qu'elle parle très bien le français, elle se sent parfois plus à l'aise dans la langue de Shakespeare.

 

Un jour, me raconte-t-elle, Fanta, une employée d'entretien de l'aéroport avait été chargée de vider un bureau et de jeter son contenu. C'était au moment où on faisait des travaux de rénovation au terminal 1, et que beaucoup de compagnies avaient déménagé au terminal 2. Elle avait trouvé une Bible en anglais que quelqu'un avait laissée là. Fanta était une musulmane respectueuse du livre saint des chrétiens. Au lieu de mettre cette Bible au rebut, elle avait pensé que cela me ferait plaisir, et elle me l'avait donnée.

 

Et Christine d'ajouter: A chaque fois que j'ouvre cette Bible, je pense à elle, qui est décédée peu de temps après.

 

Et dans un soupir: Ce travail va me manquer, vraiment me manquer…

 

Pasteure Anniel Hatton, aumônier protestant à Roissy-Charles de Gaulle

 


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